Ibid., t. CCCX.V11I, 2e suppl. de 1688, p
il est dit pareillement que le pape s'emporte et n'écoute pas les raisons des cardinaux, « dès qu'ils choquent son sentiment1. » Le mois suivant, Innocent XI voulut abroger a formule ordinaire : « de consilio quorumdam cardinalium, » et la remplacer par cette autre : « auditis quibusdam cardinalibuset theologis 2. » Il consentait donc à écouter les cardinaux et les théologiens, mais il ne voulait pas qu'il fût dit que leurs communications fussent des conseils. Sur son lit de mort, il chargea le cardinal Coloredo de prier le cardinal Cybo de témoigner aux cardinaux « qu'il était fâché que ses maux ne lui permissent pas de les entretenir. » Tous, dit le cardinal d'Estrées, furent (( également scandalisés, » de ce qu'ayant eu là commodité de les appeler, il ne l'avait pas fait et avait eu si peu de considération pour le sacré collège3.
Parlant des évêques de France révoltés contre lui, il dit un jour au résident de Savoie qu'ils étaient comme des frénétiques révoltés contre le médecin,, contra il medico'*. En 1681, il déclara au duc d'Estrées, en élevant la voix par deux fois, qu'il était a seul juge du spirituel*. » En 1682, il décréta un nouveau péché mortel; Servient, dans son mémoire du 8 octobre 1682, mentionna et critiqua ainsi ce fait : « J'ai cru de plus devoir envoyer copie de cet ordre du pape aux curés et confesseurs de Rome, où l'on verra que Sa Sainteté fait un nouveau péché mortel, sur quoi il est ici frondé de tous côtés par des pasquinades et des écrits apocryphes, qui prouvent qu'il n'y a que Dieu seul qui ait le pouvoir de faire un nouveau péché, et qu'il n'y a que le diable qui puisse en avoir la
i. Correspondance de Rome, t. CCCXV, p. 72-84.
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 18 septembre 1G88 (ibid., t. CCCXV, p. 228-258).