Correspondance de Home, t. CCC, p
CARACTÈRE D'INNOCENTXI D'APRÈS SESAC TE S. 131
missaire la porta le soir même au cardinal Gibo, qui prétend n'avoir eu aucune connaissance du dessein du pape jusqu'à ce moment; et ce prélat lui montra la signature du pape, et lui dit que Sa Sainteté lui ordonnait de la signer. Il la voulut lire auparavant et n'osa s'en défendre. Il m'en écrivit un billet que je ne reçus que le lendemain matin ; mais dès le soir d'auparavant il m'était venu des avis assez positifs sur cela. Le commissaire delà chambre continue de la porter aux cardinaux; et la crainte du pape, le peu de goût pour les quartiers, l'affectation qu'on a de répondre que le pape n'entreprend pas une chose nouvelle, mais renouvelle simplement les bulles de ses prédécesseurs, feront que ceux-mèmes qui désapprouvent la (bulle) et les circonstances, qui sont en effet détestables, n oseront se dispenser de la signer1. » Le 17 du même mois, le cardinal dEstrées revint sur cette question, et fit remarquer au roi que le pape, au lieu de consulter d'abord les cardinaux, avait signé sa bulle et la leur avait fait signer : « On n'a observé, dit-il, aucune de ces formalités. C'est pourquoi beaucoup de gens disent qu'elle pourrait passer pour subreptice, parce qu'elle marque qu'elle a été faite par le conseil et du consentement des cardinaux; et il est toutefois évident que ce fait avancé n'est pas vrai 2. » A propos de cette bulle, les cardinaux, dit Lavardin, trouvent « qu'il leur est honteux que le pape ne les consulte sur rien et fasse tout à sa tête, qui en vérité n'est guère bonne3. »
Dans un écrit intitulé : Les sept douleurs de la cour romaine et les sept allégresses du Port-Royal, on reprocha à Innocent XI de ne pas suivre les conseils des cardinaux, quand ils étaient contraires à ses caprices4. Dans la dépêche du cardinal d'Estrées au roi, du l.Saoût 1688,