‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 128 sur 268 · Enq., dép. Occhiatana, déjà citée · texte numérisé non relu

Enq., dép. Occhiatana, déjà citée

Alors eut lieu une scène d'indiscipline farouche. Les

soldats qui en ont été les acteurs ou les spectateurs l'ont racontée à l'enquête avec des détails qui portent l'empreinte de la vérité et qui se confirment les uns par les autres. Toute cette troupe, qu'on peut évaluer environ à cent soixante hommes, reflua sur les portes de la caserne : ceux qui étaient de garde et ceux qui étaient libres, saisis du même vertige, se précipitèrent dans les salles du rez-de-chaussée où étaient placées les arquebuses sur un râtelier : chacun prit soit son arme, soit celle que lui offrait le hasard l, puis chercha à s'élancer au dehors : « Nous sommes attaqués, criaient-ils : deux des nôtres sont morts2! » Le caporal de garde, qui se nommait Pietro d'Oletta, s'efforçait de retenir ces énergumènes, mais en vain : il fit alors fermer les barrières de bois placées entre la porte et la piazzetta 3. Cette précaution, qui eût tout sauvé si l'exaltation des soldats eût été moindre, fut malheureusement inutile. Les Corses mutinés, méprisant les ordres du caporal, ceux du sergent Yinciguerra et du lieutenant Cardone qui étaient alors survenus *, les menaçant même, brisèrent les trois travées des clôtures. Les premiers qui violèrent le passage étaient Carlo d'Àmpugnano, Andréa Crovero d'Ajaccio, et le caporal Pietro de Montemaggïore 5, puis trois hommes de Bastelica : Simon, Domenico et Francesco6; une centaine d'autres les suivirent. Pietro d'Oletta débordé, effrayé peut-être, eut ici, au

Page 1