Instructions, etc., loc. cit., p
ne peut et ne doit souffrir qu'il parvienne au pontificat; et, partant, il désire que l'on lui fasse l'exclusion par telles voies et en telles formes que l'on jugera plus à propos » l. Les ambassadeurs vénitiens parlent avec plus de justice et d'impartialité. La relation des ambassadeurs d'obédience, écrite pendant la première année du règne d'Alexandre VII, le représente comme un homme « de mœurs excellentes et modérées, d'un bon caractère » ; « il est extrêmement lettré,... entendu dans les affaires d'Etat, en parlant avec franchise,... on ne peut que reconnaître la haute intégrité de sa conscience » 2. Quelque temps après, en 1660, Angelo Correr est un peu moins élogieux, mais encore favorable : il vante « les qualités d'esprit du pape, son honnêteté consciencieuse et sa vertu éprouvée » 3. L'année suivante , Sagredo donne quelques détails de plus : « Le pape, dit-il, tient essentiellement au respect, à la vénération, je ne
dirai pas de sa personne, mais du rang où il est placé Il
est très ponctuel dans l'observation du cérémonial. Il s'est appliqué à mettre de l'ordre dans la maison pontificale, distribuant les charges à des personnes éminentes par leur naissance et estimées pour leurs vertus. Il exige beaucoup de décorum dans son service personnel : sa table est somptueuse, et il sait que ce luxe convient à sa dignité \ » Sagredo vante encore les grands travaux que le pape a fait exécuter dans Rome : la construction de beaucoup de palais et d'églises, la restauration des murs, l'élargissement de plusieurs rues, l'hôpital de Civil a-Yeechia et surtout la magnifique colonnade de la place Saint-Pierre. Enfin il fait remarquer (ce qui devait avoir plus tard de graves conséquences) le soin que prenait le pontife d'accroître L'effectif des forces militaires dans Rome. On y voyait en effet rassemblés, outre la garnison du château Saint-Ange, les