‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 145 sur 268 · A. E., lettre de M. de Bourlemont, loc. cit., 21 août · texte numérisé non relu

A. E., lettre de M. de Bourlemont, loc. cit., 21 août

3. Récit non signe, loc. cit. : « Non poteva far altro che farli conoscere il suo grave sentimiento e dispiacere. »

k. Relation anonyme, etc., loc. cit. — Relazione del rumore, etc., loc. cit. — Lettre de Rome, déjà citée. — Lettre de Mme de Créqui : « Je m'en suis retournée au logis avec M. le cardinal d'Esté et cent personnes bien armées avec nous ».

les détours de ce quartier sombre, sous là lueur fumeuse des torches, un prince de l'Eglise et l'ambassadrice de France ! : les sbires qui occupaient les rues, et qui d'ailleurs paraissent avoir fait enfin quelques efforts pour rétablir l'ordre, s'empressèrent de leur faciliter le passage 2. Et c'est ainsi qu'entre neuf et dix heures du soir, la duchesse de Créqui rentra enfin au palais Farnèse.

Pendant ce temps, à la caserne corse, l'inquiétude était extrême. On avait entendu au loin les trente ou quarante soldats qui étaient restés dehors terrifier la ville par leurs arquebusades. Les chefs se méfiaient de ceux qui étaient rentrés et n'osaient les envoyer à la recherche des autres. Ils sentaient frémissants tous les hommes consignés. Nous avons dit que le tambour n'en avait rappelé qu'un petit nombre et que Cardone et les sergents posaient ça et là quelques postes au coin des ruelles pour occuper les impatients. Franchi, en attendant le retour des soldats les plus compromis, coupables évidemment de l'attaque de la place Farnèse et de San Carlo de' Catinari, fit placer des lanternes aux barrières qu'on avait relevées et où il installa des sentinelles. Quelques Corses rentrèrent isolément ou par groupes ; enfin le barigel (chef de la police), accompagné de Mgr Bonaccorsi, commissaire des armes, arriva de la part du cardinal Impériali, avec l'ordre exprès de maintenir à tout prix les soldats à la caserne et de ne laisser sortir personne 3. C'était la confirmation des instructions que le

1. « Al solo temuto nome di questo principe (d'Esté) tuti li fecere riverenza ». Autre relation, loc. cit., f° 52. — « Au milieu d'une haie de trois cents personnes et d'une centaine de flambeaux. » Régnier Des Marais, loc. cit., p. 1G.

2. « Fù servito con ogni prontezza c rispetto. » (Lettre du cardinal Chigi, déjà citée.) — Discolpa dei ministri ciel Papa. A. E., Rome, supplément, 149, f° 58.

3. Enquête, dép. Franchi, p. 1G9 à 175. — lic/azione dcl rumore, déjà citée. — Discolpa dei ministri dcl Papa. A. E., Rome, suppl., 149, f° 58, déj. cit.

gouverneur de Rome avait données au lieutenant Cardone lorsque celui-ci lui avait été envoyé par le capitaine. Franchi continua donc à faire bonne garde, mais il eut le tort de ne pas constater l'identité des émeutiers qui revenaieni à la caserne. Au fond, lui-même et Cardone redoutaient d'irriter leurs hommes, de voir leur autorité méconnue, leur vie menacée peut-être. Le lieutenant, pour s'excuser de n'avoir remarqué personne, n'a-t-il pas prononcé à l'enquête cette étrange parole : « J'avais assez à faire à me garder moi-même et prendre soin qu'on ne me tirât point quelque arquebusade » l.

Le danger n'était donc pas écarté et il fallait qu'un personnage d'un rang supérieur intervînt. Le frère du pape, ministre des armes, se présenta enfin au quartier des Corses vers une heure de nuit (neuf heures du soir). Dès le commencement du trouble, M. de Créqui lui avait envoyé un gentilhomme « pour lui dire la surprise où il était d'un tel procédé », et don Mario avait fait annoncer sa visite à l'ambassadeur 2 : mais auparavant il crut devoir se rendre de sa personne à la caserne pour reconnaître exactement la situation et donner des ordres péremptoires en vue de prévenir soit un retour offensif des Corses exaspérés, soit même, d'après une relation, quelque mouvement de la soldatesque allemande ou italienne cantonnée sur divers points aux alentours 3. Il semble aussi qu'il ait craint des représailles de la part des gens de l'ambassadeur et par suite un nouveau conflit plus terrible que le premier 4. En ce premier moment, cette inquiétude était, il faut le dire, assez naturelle et il importait de prendre des précautions de part et d'autre.

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