A É., toc. cit., Chigî à Lionne, 1er septembre
3. Dép. du cardinal Chigi au nonce, 3 septembre. Arch. Vat., vol. 122. — Voir, pour 1rs détails du passage à Viterbe, la dépèche de l'ambassadeur de Toscane du 9 septembre, cl, dans cette même correspondance, une note très précise où sont rappelées foutes les politesses du gouverneur Tussi sur L'ordre du cardinal Chigi. L'ambassadeur se borna à répondre : «La plus grande faveur que vous pouvez me faire, est de me laisser suivre mon chemin ». Il persista à Loger à L'hôtellerie de La Poste et il resta quatre heures à la fenêtre, l'air assez, triste. Il y reçut la visite du cardinal Maidalchini. Peu s'en fallut qu'il ne fût croisé en roule par une escouade de Corses qui se rendaient à Home. Heureusement le gouverneur de Viterbe, prévenu à temps, prit des mesures pour éviter cette rencontre. i \ i cli. de Florence, loc, ci/.)
i. \. É., Rome, 146, f° 105.
."). .M. de Créqui croyait qu'il était parti en même temps que lui pur une nuire route (dép. du 2 septembre . mais M. de Bourlemont écril Le 2 Beptembre : « M. le cardinal Mancini Be prépare pour sortir de Rome devant
deu \ jours ».
Dép. de L'ambassadeur de Toscane, 2 septembre.
siours reprises, et notamment par un' billot de M. de Créqui que lui porta M. de Bourlemont le jour même du départ, se contenta de répondre « qu'il écrirait à l'ambassadeur », protesta de son dévouement au roi, mais en définitive resta dans Rome \ Cette défection était prévue : nous avons rappelé que ce cardinal s'était rendu au consistoire du 21 août malgré les instructions qu'il avait reçues de M. de Créqui : il voulait évidemment nager entre deux eaux. Sa conduite devait inévitablement le mettre en disgrâce : « Votre Majesté, écrivait l'ambassadeur au roi, est en droit de le priver de tous les avantages qu'il retire de sa libéralité et de lui oter les armes et la comprotection de France » 2. On verra plus loin que cette mesure fut en effet l'une des premières directions que Louis XIV envoya à M. de Bourlemont.
Ce dernier rentra sur-le-champ dans la ville, et se rendit, conformément aux ordres de son chef, chez le cardinal d'Aragon pour lui donner des nouvelles du départ, lui présenter les derniers compliments de M. de Créqui, et lui recommander les partisans de la France qui étaient restés dans Rome. L'ambassadeur d'Espagne, sensible à ce témoignage d'affectueuse confiance, fit au chargé d'affaires toutes les promesses de service imaginables et offrit même « son logis pour les gens et amis » de son collègue. M. de Bourlemont ne rencontra pas le même empressement chez la reine de Suède, qu'il alla voir le même jour : <c Je l'ai trouvée, dit-il, soigneusement informée du parti contraire ». Christine était trop mal conseillée par le cardinal
1. L'ambassadeur de Toscane dit en propres termes : « Il sig\ amb. di Francia, prima di partire di Roma, scrisse un biglietto al Sr card. Orsini, esortandole ad allontanarsi di questa citla, ma S. Em gli rispose che g-li pareva maggior servitio del Re che... restasse qui ». Dép. du 4 septembre, loc. cit. — Orsini chercha à se justifier dans un entretien avec Rinuccini. Il dit en outre qu'il n'avait jamais été mis dans aucune confidence, que M. de Créqui ne lui avait jamais fait visite particulière, etc. (Dép. de Rinuccini, du 9 septembre.)
2. A. E., Créqui au roi, 2 septembre. Il s'exprime à peu près de même dans ses dépêches précédentes, déjà citées, sur les hésitations suspectes du cardinal Orsini.
Azzolini, pour qu'on pût, à aucun degré, compter sur sa bienveillance.
En parcourant les rues, M. de Bourlemont constata le maintien des dispositions militaires : ce Les corps de garde et les barrières continuent ici en plusieurs quartiers : on a fait fermer la porte de Saint-Pancrace qui va à Civita Vecchia, et l'on a fait préparer des matériaux pour la murer. Le peuple est clans la crainte d'un plus grand accident l. » L'ambassadeur de Toscane reconnaît également que ce l'on fait tous les jours de nouvelles provisions de guerre », sous prétexte « du repos et de la sûreté de la ville » 2. Plus de deux mille soldats des milices avaient été appelés des alentours; on avait bien suspendu les ordres d'enrôlement, mais, à l'intérieur de Rome, les mesures de police contre les personnes suspectes de sympathies françaises subsistaient toujours : on procédait publiquement contre les serviteurs et les biens du duc Cesarini faute de pouvoir l'atteindre lui-même; on inquiétait et l'on emprisonnait même les pèlerins français, on jetait aux carcere nuove quatre soldats du palais Farnèse. Le duc de Créqui pouvait écrire sans exagération au roi : « Je ne saurais assez représenter à Votre Majesté l'effroi, le désordre et la violence qui régnent en même temps à Rome » 3. L'exactitude de cette assertion est démontrée par les précautions mêmes que prenaient personnellement le cardinal Imperiali et don Mario : celui-ci, ne se croyant plus en sûreté chez lui, allait habiter le Quirinal; il y avait fait placer deux pièces de canon du château Saint- Ange * ; celui-là faisait fermer la nuit les grandes portes de son palais et plaçait dans la cour intérieure une troupe de sbires B. Ce personnage,