‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 188 sur 268 · Dép. du nonce, toc. cit · texte numérisé non relu

Dép. du nonce, toc. cit

5. « Io ho stimato meglio sottoporini che mi faccino mettere alla Bastiglia che prender volontario la pena di una relegazione.... » Ibid.)

6. C'est par erreur que le Racconto compléta, déjà cité, indique cette

lettre qui constate sa résistance et qui doit être considérée comme une protestation officielle :

« Je ne peux en aucune façon, dit-il, avec une éloquente émotion, recevoir du Roi une relégation par grâce et qu'on prétende me l'imposer pour ma sécurité. Ce serait faire tort à Sa Majesté que de croire qu'on puisse jamais dire qu'un innocent, un nonce du Saint-Père n'est pas en sûreté à Paris. Qu'il me soit permis de déclarer avec la soumission et le respect que je dois au Pioi que s'il peut en effet me retenir ou m'envoyer où il lui plaira, je ne puis, moi, m'y soumettre sans la permission particulière de Sa Sainteté ou sans qu'au moins il soit évident que j'y ai été contraint. Le Roi ne saurait considérer cette résolution comme un manque de respect et d'obéissance : mais Sa Majesté est trop juste pour punir un nonce d'un événement aussi fortuit, et dont Sa Sainteté a déclaré vouloir châtier les coupables, ce qu'elle a déjà commencé de faire. J'espère que Votre Excellence me plaindra et voudra bien me protéger1. »

Mgr Piccoloinini avisa le même soir le cardinal Chigi des événements et de sa conduite : « 11 faudra, dit-il, qu'on m'envoie des gardes, ce qui établira d'autant mieux la violence qu'on me fait » ; et plus loin : « Je veux un ordre absolu et qui démontre la force que je subirai. Ce qu'on fera de moi, je ne sais : il paraît qu'on veut, de nonce, me faire devenir otage; je nie prépare à tout souffrir. » Il répète encore que les amis « tournent au vent de la Cour », sauf l'évèque de Hennés qui « n'a cessé de me transmettre tous les avis qu'il a pu ». Il a pressenti, vainement, un introducteur des ambassadeurs pour une audience du roi, mais « il n'a reçu aucune réponse : c'est un refus tacite » 2. En

letirr comme écrite à Lionne. Tous les documents La donnent comme ■dressée à Le Tellier.

1. A. É., Rome, IV.). I" V.i. — Tbid., f" 87. Cette lettre est citée in extenso, par Régnier Des Marais, p. 30. Elle est faussemenl datée du 30 et ne peut ■Ire que du 31, C'est le 29 que Les courriers étaient arrivés, <'i l<- :i". au patin, que Brienne avait invité Le nonce à partir : 1<- même jour à minuit, Piccolomini <-u t son entrevue avec M. de Lionne; Le Lendemain, 31, il vit Le Tellier à Saint-Germain dans La journée H n<- lui a écrit qu'après cette pudience, ainsi <pi il Le «lit Lui-même dans sa dépêche •' Rome.

•j. \i<li. Vat., dép. du nonce, 31 août, loc, oit, : «... Le (ruardie, il chè fara

vérité, Louis XIV avait exprime sa volonté de telle sorte que personne, pas même les agents étrangers, n'osaient lui parler du nonce *. Ce dernier, de son coté, ne cachait pas à ses collègues « qu'il préférait que violence lui lût faite devant le monde entier » 2.

Cette perspective ne laissait pas d'inquiéter les ministres. M. de Lionne, avisé des dispositions du nonce, en entretient le duc de Créqui dès le 31 août : « On a songé déjà à ce qu'il faudra faire sans en venir à aucune violence contre sa personne ». Doit-on croire ici sérieusement qu'on ait eu l'intention de prendre le moyen suivant qu'il indique sur le ton d'une conversation familière? « Le roi d'Espagne nous en a fourni un exemple, quand un nonce refusant d'obéir à un ordre qu'il lui avait donné de se retirer de sa Cour, il défendit à tous ses sujets, sous peine delà vie, de porter aucuns vivres dans sa maison et mit un corps de garde devant sa porte pour y tenir la main, et, par ce moyen, l'homme se trouva pris par famine 3. » Il n'est pas très vraisemblable que Louis XIV se fut inspiré d'une telle anecdote, mais le nonce lui épargna d'en venir à cette extrémité, et réfléchissant qu'une résistance absolue était inutile, essaya de sortir d'affaire par un moyen terme, c'est-à-dire en marquant de la soumission aux volontés du Souverain tout en évitant le voyage à Meaux. Il sortit de Paris le 2 septembre, mais il s'arrêta à Saint-Denis. Il avait reçu, dans l'intervalle, quelques témoignages de sympathie :

tanto più apparire la violenza che mi fanno ». Il persiste « a volerne ordine più preciso e che faccia vedere la forza che mi fanno ».... « Quello che varanno far di me, non lo so : pare che di nunzio mi voglino far diventare ostaggio..., mi preparo a ogni più gran sofferenza. » Il a pressenti « M. Girault » pour une audience du roi : « non mi ha dato alcuna risposta : e un tacito negarla ».

1. « A dire il vero, niuno ha ardito intraprenderc di parlare apertumente per lui alla Corte. » Dép. de Grimani, 5 septembre, loc. cit. — Le nonce le savait : il écrit le 3 septembre, « nessuno si e voluto esporre a parlare a dirittura al Re », loc. cit.

2. IbicL, dépèche du 8 septembre : « che amava meglio dbaver una violenza che fosse nota a tutto il mondo ».

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