‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 189 sur 268 · Lionne à Créqui, A. É., Rome, 146, f · texte numérisé non relu

Lionne à Créqui, A. É., Rome, 146, f

« la duchesse veuve d'Orléans, les ducs Charles et François de Lorraine, le duc de Guise, quelques gentilshommes, et même le lieutenant civil » avaient envoyé savoir de ses nouvelles; ses collègues l'avaient visité; il se louait surtout de l'empressement de l'ambassadeur de Venise \ Il constatait cependant que « la peur de déplaire avait éloigné de sa maison tous les prélats qui la remplissaient autrefois, beaucoup de noblesse, et que les seuls évêques d'Autun et de Condom étaient venus le voir » 2. La famille du duc de Créqui circonvenait la Cour et soufflait le feu3. En outre, l'ambassadeur d'Espagne montrait quelque crainte d'un soulèvement populaire, et racontait qu'on avait, la nuit, crié autour de son hôtel : a Mort aux Espagnols! » en essayant de forcer la porte. Mgr Piccolomini dit, il est vrai : « Je crois que c'étaient seulement des voleurs »; mais, tout en reconnaissant que le peuple ne lui avait jusqu'alors montré que du respect, il se défiait de l'effet que pouvait produire la violente correspondance de Rome insérée dans la Gazette de France *; il avait eu l'idée d'en faire imprimer une réfutation, mais s'en était abstenu par prudence 5. Il se résignait donc à un demi-départ en vue de calmer l'esprit du roi et de prévenir des mesures plus rudes. Il avait reçu d'ailleurs une lettre de M. de Lionne insistant sur l'ordre de Sa Majesté 6, et le 2 septembre, au matin, M. de Brienne était revenu à la nonciature lui demander ce qu'il comptait faire. Sa décision au surplus était prise : il put montrer au ministre son carrosse attelé dans la cour. Il ne lui cacha pas toutefois qu'il se bornait à

1. A rcli. Vu t . , dép. du nonce, Saint-Denis, 3 septembre, toc. cit.

2. Ihul . Ce dernier lui avait mnne offert une retraite dans une sienne febbaye, mais le nonce l'avait refusée pour ne pas le compromettre {ibid.Y

3. « Tutti parenti che ha nel consig-lio et alla Corte M. de Créqui; e le 'lame COU la coin pnssimie che prendono délia Signoria ainhascialriee fanno grau briglio e fomentano il foco », ibid.

't. Gazette de Fronce, 1662, n"s 108 et 109.

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