‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 2 sur 268 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

articles de M. Gérin publiés, il y a une quinzaine d'années, dans une revue savante, un récit intercalé par M. Ghantelauze dans son travail sur le cardinal de Retz, et ça et là, dans les divers historiens de Louis XIV, des résumés en quelques pages. Un seul livre a été écrit sur l'ambassade du duc de Créqui d'après un certain nombre de documents authentiques, c'est le volume publié en 1707 par Régnier Des Marais, secrétaire perpétuel de l'Académie française, qui avait été attaché plus de quarante ans auparavant à cette mission célèbre. Je rends bien volontiers hommage au mérite de ces diverses études, mais les premières ne sont que des narrations succinctes ou secondaires : quant à Régnier Des Marais, si bien informé et si consciencieux qu'il soit, sa méthode n'est plus en rapport avec la science historique de nos jours, et il n'a pas eu sous les yeux les documents complets exigés par la critique moderne. J'ai donc considéré qu'en possession de données et de pièces diplomatiques autrement nombreuses, et travaillant sur un plan beaucoup plus large, éclairé d'ailleurs par tout ce que deux siècles nous ont appris sur les hommes et les choses d'alors tant en France qu'à Rome et dans les Cours étrangères, je pouvais essayer un ouvrage nouveau.

J'ai consacré quatre années à ce rude labeur. Les archives du Ministère des Affaires étrangères m'ont fourni la correspondance complète de l'ambassade de France près le Saint-Siège de 1661 à 1665, contenue avec ses suppléments et ses annexes dans les 25 volumes in-folio cotés Rome, 142 à 168. J'y ai examiné, non seulement les dépêches échangées entre l'ambassade et le département, mais encore une multitude de lettres particulières, de notes, de Mémoires, de documents de tout genre, souvent difficiles à déchiffrer, mais classés avec soin à leur date et qui forment en quelque sorte un commentaire perpétuel, parfois aventureux, mais fort instructif, des expéditions officielles. J'ai dû ensuite, pour les négociations poursuivies sur les mêmes événements par le gouvernement de Louis XIV avec d'autres Cours, prendre connaissance, dans ces mêmes archives : 1° de la correspondance de Madrid de 1662 à 1664 qui, non moins riche en pièces importantes, remplit les volumes cotés Espagne, nos 43 à 49; 2° de la correspondance de Venise durant les mêmes années, nos 82-84; 3° de plusieurs tomes de Parme et Modène; 4° de divers manuscrits du fonds français, et de pièces appartenant à différentes séries (Angle-

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