A. É., Résumé lu au consistoire, déjà cité
2. M. de Casau ou Casaux. « Le petit Casau », dit Bussy-Rabutin. Mémoires, II, p. 129. — Il fut depuis gouverneur de Bergues (1668), de Furnes (1674), maréchal de camp en 1676 et mourut gouverneur de Thion ville en 1681. (Voir Corresp. de Bussy-Rabutin, V, p. 21.)
3. Dép. de Grimani, 19 septembre, loc. cit. A. É., Résumé lu au consistoire, déjà cité.
aussitôt en route rapidement, et l'ambassadeur de Venise, qui avait été fort choqué des rigoureuses consignes données à l'escorte, s'empressa d'aller s'en plaindre à M. de Lionne. Le marquis de la Fuente avait exprimé de son côté, après sa visite à Gonesse, le même mécontentement au ministre. Celui-ci fit aux deux ambassadeurs des excuses plus ou moins sincères, alléguant qu'assurément les ordres généraux transmis aux gardes ne concernaient pas les igents étrangers, mais que les soldats n'avaient point su faire les distinctions convenables *.
La première station du nonce fut à Corbeil, d'où il écrivit le 14 à son gouvernement. Il était très découragé : « je me vois, dit-il, entièrement perdu » ; il rappelle que, depuis l'arrivée du courrier de M. de Créqui, les ministres ont refusé non seulement de traiter avec lui, mais encore d'ouvrir ses lettres. Il ajoute que M. de Lionne, s'entretenant avec un familier de la nonciature, avait déclaré que le pape ne donnait que des mots et se trompait fort s'il croyait satisfaire ainsi Sa Majesté; que notamment la Cour de France accusait le cardinal Impériali d'avoir excité les Corses en les appelant poltrons et leur disant de se réunir pour mettre à terre une quarantaine de Français; enfin que lui-même ne savait pas où on le conduisait, ses gardes refusant toute réponse à cet égard 2.
Tant d'émotions avaient ébranlé sa santé, car à Fontainebleau où il séjourna le 16, il était trop souffrant pour écrire, et le courrier fut signé par son secrétaire Montauri 3. Il continua néanmoins son voyage sans interruption, car, le 19, il rencontra un messager de Rome à la Charitésur-Loire4, mais il ne put avoir ses dépêches sans difficulté, M. de Casaux s'opposant à ce qu'elles lui fussent remises et même ayant fait arrêter le courrier. A demi par ruse,