‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 240 sur 268 · Enquête, p. 236 el · texte numérisé non relu

Enquête, p. 236 el

Wi L AMBASSADE DU DUC DE CREQUI.

tendait se trouver paisiblement à la fontaine du Ponte Sislo lorsqu'il fut inopinément assailli par cinq ou six Français, i'épée nue : il se défendit, fut blessé au bras droit et heureusement secouru par Muro et Toxis, qui mirent en fuite les agresseurs. Lui-même s'en retourna sur-le-champ au quartier, où son arrivée causa une grande émotion parmi ses camarades. Il affirma d'ailleurs — ce qui est à croire — qu'il se mit au lit et ne prit aucune part aux événements qui suivirent1.

Giovanni de Muro fit un récit analogue. Lui aussi était sur le Ponte Sisto : il regardait les gens qui se baignaient dans le Tibre, lorsqu'en apercevant Calenzana attaqué r les Français, il dégaina pour le défendre, puis, après 1 fuite des assaillants, le reconduisit au quartier par la ruelle de la' Sirène. Il semblerait, d'après cette déposition, que le bruit de l'attaque s'était déjà répandu parmi les Corses : Muro déclare qu'il apprit en arrivant au quartier que plusieurs soldats étaient déjà sortis en armes. Peut-être en effet la rumeur publique avait-elle précédé son retour et le tumulte fut-il seulement très surexcité par la vue de Calenzana blessé 2.

Quant à Giacomo de Toxis, il est le seul de ses camarades qui ait avoué avoir été au Transtévère. Il allait dîner, dit-il, chez ses parents aubergistes près de l'église San Giovanni délia Malva, et il aurait appris là, d'un paysan, qu'il y avait rixe sur le Ponte Sisto entre des Français et des Corses. Sans prendre son repas, il serait parti en hâte et la taverne étant très voisine du pont, il serait arrivé à temps pour combattre avec Calenzana et Muro : il se serait échappé, voyant les gens de l'ambassade déboucher par la via Giulia, et aurait regagné le quartier comme ses deux camarades par la ruelle de la Sirène. Dans le trajet, il aurait vu Giovanni Battista d'Ajaccio revenir blessé3.

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