‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 252 sur 268 · Enquête, p. 158 à · texte numérisé non relu

Enquête, p. 158 à

l'enquête et le procès de la garde CORSE. 463

10° Les soldats corses non prisonniers.

Le point saillant de ces dépositions dont tous les auteurs, ien entendu, se disculpent entièrement eux-mêmes de oute complicité, c'est que quatre d'entre eux sur neuf éclarent avoir reçu les confidences des assassins du page îertaut et des auteurs des arquebusades de la place Farèse. Les cinq autres, sans avoir à rapporter des faits aussi écisifs, nous apprennent cependant que, parmi les Corses, 'opinion accusait unanimement les mêmes individus. En orte que ces rapports précis, d'accord avec ceux que nous vons déjà analysés, ne laissent point de doute sur les loms d'un certain nombre de criminels : ces lumières e complétèrent, comme on verra, par les récits des fugiifs ramenés ultérieurement à Rome.

Les commissaires firent comparaître d'abord parmi ces oldats restés libres, Fabio d'Ajaccio, lequel était certaitement innocent, par la raison qu'étant malade, il n'avait m quitter la caserne. Son récit des incidents de l'émeute 'offre rien de nouveau; il ne les a vus que de la fenêtre :t pouvant à peine se tenir debout. Mais le lendemain, lans la nuit du lundi au mardi, au moment de l'arrestation les onze prisonniers, des aveux de la plus haute imporanec lui ont été faits par un de ses camarades, comme lui l'Ajaccio, et son compagnon de lit, cet Andréa Crovero léjà fortement soupçonné d'être l'un des meurtriers de vin Carlo de' Catinari. Voici en quels termes Fabio raconte ctte émouvante confidence : « Andréa m'a dit pendant la îuit, tandis que nous étions couchés ensemble, qu'il avait ésolu de s'enfuir parce que, le dimanche soir, il avait tué l'un coup d'arquebuse, un serviteur ou page de l'ambasladeur de France dans la rue voisine de la place de' Catiîari. En l'entendant parler ainsi, je lui demandai s'il y ivait là avec lui quelqu'autre de nos camarades : niais il

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refusa de nommer personne, et dans la matinée du mardi où nous avons été libres de sortir, il a pris la fuite. » Fabio ajouta qu'il avait fait part de ces détails au seul lieutenant Cardone, et l'on peut apprécier par là combien la véracité de ce dernier est suspecte, car on se rappelle qu'il a déclaré ignorer tous les coupables *.

La culpabilité d'Andréa Crovero est donc établie par cette déposition, mais voici un autre témoin, Paolo Maria, qui a reçu les mêmes aveux. Cet homme est d'Ajaccio comme Andréa et comme Fabio, ce qui explique la confiance particulière d'Andréa. Or, lui aussi déclare que ce dernier est l'assassin du page : il le sait parce que Andréa le rencontrant, le mardi matin, près de la porte de la Trinité, l'a pris à part, et, en lui annonçant qu'il allait fuir, a ajouté : « A San Carlo de' Catinari, j'ai tiré une arquebusade contre un page de l'ambassadeur de France qui est tombé mort près de moi ». « Il me serra la main, continue Paolo Maria, me recommanda ses effets qu'il laissait à la caserne, et s'en alla aussitôt accompagné de quatre ou cinq soldats qui l'attendaient dans l'auberge de' Pellegrini. » De ces soldats, Paolo Maria en signale trois, Carlo d'Ampugnano, et deux autres non moins incriminés , Giovanni Battista de Sarola et Antonio de Sari, lesquels au surplus n'ont jamais été retrouvés 2. Le même témoin dit encore que la veille de son interrogatoire, c'est-à-dire le 28 août, il a rapporté ces informations au capitaine Franchi : cet officier ayant été entendu à l'enquête trois jours auparavant, le 25, pouvait en effet avoir ignoré ces détails et l'on n'en peut rien conclure contre sa véracité ; mais comment, du 21 au 25, sachant qu'il devrait comparaître, n'a-t-il pas pris ses mesures pour recevoir des informations aussi faciles à obtenir ? Evidemment le lieutenant Cardone et lui se sont présentés devant les commissaires avec l'intention arrêtée de ne dénoncer aucun des auteurs de l'attentat.

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