Voir déposition de Calenzana, p. 11") <t
462 l'ambassade du duc de créqui.
des quarante heures dans l'église Saint-Marcel, qui est sur le Corso ; il rentrait au son du tambour par la via San Paolino lorsqu'il faillit être tué par ses camarades embusqués en cet endroit : heureusement reconnu par le lieutenant Cardone, il est retourné paisiblement à la caserne, où il fut placé par Pietro d'Oletta en sentinelle à une fenêtre où il a passé la nuit l.
On voit que, d'après tous ces interrogatoires de soldats arrêtés le lendemain de l'attentat, le capitaine Franchi n'aurait envoyé aux Carcere Nuove que des innocents, et que les vrais coupables se seraient tous sauvés le jour suivant effrayés par les arrestations de la veille. Mais il est clair qu'on ne saurait ajouter foi à ces dénégations intéressées : sans doute les principaux criminels se sont enfuis, mais il est impossible de croire que Franchi eût précisément fait arrêter des individus aussi notoirement inoffensifs ; quoiqu'il les ait pris sans discernement, il est très vraisemblable qu'ils ont au moins été du nombre des soldats qui ont battu les environs de la caserne avant ou après l'intervention du capitaine. Au fond presque tous les Corses se sont laissé entraîner à prendre les armes, et sont sortis tumultueusement du corps de garde. L'un des témoins les évalue à 120 ou 130 et un autre estime que Franchi en a fait rentrer une soixantaine. Mais dans l'impossibilité où l'on était de les incarcérer tous, encore eût-il fallu saisir d'abord les derniers revenus, lesquels avaient été vus par Pietro d'Oletta et d'autres, et aucun des onze prisonniers n'était de ceux-là. Les commissaires ont essayé de compléter ces informations si insuffisantes en faisant comparaître dans leurs séances des 29 août, 1er, 2, 5 et 7 septembre, neuf autres soldats qui avaient été laissés en liberté. On va voir que ces dépositions sont fort importantes en ce qui concerne au moins plusieurs des coupables déjà désignés par les précédents témoignages.