‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 26 sur 268 · Relazioni, etc., p · texte numérisé non relu

Relazioni, etc., p

4. Colbert fait une allusion ironique à cette ambition étrange dans mulettre à son frère, le président Charles Colbert : il « se repaît, dit- il, de la vision que si Son Eminence venait à mourir il pourrait prendre sa place ». Et ce qui est plus curieux c'est que Colbert veut lui laisser cette espérance ; il ajoute : « vous pouvez le flatter sur cela avec adresse et lui faire parvenir de même que je suis assez bien auprès du roi et de la reine mère pour pouvoir donner mon coup dans une occasion comme celle-là ». Colbert voulait-il seulement engager le cardinal Barberini de plus en plus avec la France, ou cnvisa^eait-il comme possible une pareille nomination? Voir Lettres, Instructions et Mémoires de Colbert, publiés par Pierre Clément, t. I, p. 451) à 4G2.

ROME SOUS LE PONTIFICAT D ALEXANDRE VII. Gl

par l'éclat de ses réceptions et accueillait à merveille les Français à Rome l : mais on ne pouvait compter sur lui avec certitude dans les affaires politiques, et le pape ne cessait de lui montrer la plus évidente malveillance 2. En réalité, il était parfois un embarras pour le gouvernement" royal et ne lui apportait que bien peu de force.

Le cardinal Mancini 3, élevé à la pourpre en 1660, appartenait au parti français en qualité d'allié de Mazarin. Il ne jouait d'ailleurs qu'un rôle très secondaire, et ne pouvait être, eu égard à cette parenté même, que désagréable au Saint-Père. Il n'avait guère d'influence à Rome. Ondedei écrivait de lui sur le ton plaisant : « il lutte avec Maidalchini à qui d'entre eux aura le moins de cerveau » \

Son collègue Jérôme Grimaldi '6 avait plus de mérite. Originaire de Gènes, distingué par Urbain VIII qui lui donna le gouvernement de Rome, plus tard la nonciature deYienne, et enfin celle de Paris en 1641, il s'était attaché à la France pendant son séjour auprès de Louis XIII, et Mazarin lui avait en 1648 confié l'archevêché d'Aix, où il succédait au cardinal Michel Mazarin, frère du ministre. Il ne paraît pas cependant qu'il ait gardé de reconnaissance à ce dernier si l'on en croit les Mémoires de Retz : a Grimaldi haïssait Mazarin, dit-il, autant qu'il en était haï » ; et ailleurs : « il affectait un air de supériorité aux manières serviles des autres cardinaux de la faction , et il élevait par là au-dessus d'eux sa réputation ))6. On a

Page 1