Ibid. Relation de Correr, p. 214 et
3. Voir à cet égard les intéressants détails que donne le cardinal de Retz dans ses Mémoires, loc. cit., 350 et suiv. Il avait d'abord pensé à vivre simplement, mais il en fut détourné par la nécessité d'imiter les autres princes de l'Eglise et aussi par les conseils du cardinal Chigi, qui depuis fut le pape Alexandre VII. Il dut se résigner à louer un palais. « Je fis, dit-il, des livrées modestes, mais nombreuses, de 80 personnes : je tins une grande table. » Et cette dépense était encore considérée comme fort ordinaire.
fical ne pouvait soutenir un tel faste qu'au moyen de taxes excessives et de spéculations : ceux des princes de l'Église qui n'étaient pas fort riches par eux-mêmes étaient pour la plupart pensionnés par des souverains étrangers. Le peuple était fort misérable.
En de telles circonstances, et puisqu'on ne pouvait raisonnablement compter sur soi-même ni sur personne en Europe, la politique à suivre était indiquée. Le pape avait tout à gagner à une conduite engageante et résolument pacifique. Le repos de l'Italie étant la volonté et l'intérêt commun de tous les princes, aussi bien que l'avantage évident du Saint-Siège, il fallait à tout prix éviter les conflits, et, s'il venait à s'en produire, les apaiser au plus tôt, oublier les rancunes, accorder beaucoup de grâces et chercher à se faire des amis. Alexandre VII, par ses qualités intellectuelles, son expérience et ses vertus privées, servi d'ailleurs par l'autorité morale du Saint-Siège, aurait pu modifier heureusement une situation difficile. Légitimement désireux de rendre son pontificat illustre, il y serait certainement parvenu en dominant les passions étroites et la vanité de sa famille, et en mettant au-dessus de tout un grand amour de la paix. Cette énergie a manqué à ce pontife dont les intentions valaient mieux que le caractère, et qui, avec un esprit distingué et une piété sincère, appréciant mal ses ressources matérielles et la vraie force do son prestige, s'est laissé engager dans le dissentiment funeste que nous avons à raconter. Il a rencontré, il est vrai,, un adversaire violent et superbe, mais il n'était point malaisé de s'y attendre et d'écarter le péril en comprenant mieux tout ce que l'amour de la concorde ajoute à la majesté de la tiare et à la puissance du vicaire de Jésus- Christ.