Ibid. Relation de Bassadonna, p
G. Ibid. Le duc de Mantoue était Charles II de Gonzague, né en 1630. Il
âpre dans les questions ecclésiastiques et arrogante envers la cour pontificale : on ménageait toutefois sa puissance financière tout en redoutant ses complaisances, un peu forcées, mais effectives au demeurant, pour les volontés du cabinet du Louvre l. Quant au duc de Savoie, on savait parfaitement à Rome qu'on ne pouvait compter sur lui. Son gouvernement était rétif dans les questions d'évêchés ou de bénéfices et maintenait très fermement pour les nominations épiscopales les droits qu'il prétendait tenir d'une bulle de Nicolas V 2. Il avait même plusieurs fois interrompu ses relations diplomatiques avec Rome 3. En outre, la cour de Turin était, à cette époque, dans les meilleurs termes avec la France. Ennemond de Servien, frère du célèbre négociateur des traités de Westphalie, y résidait comme ambassadeur : sa femme et lui, pleinement investis de la confiance du Louvre, y jouissaient d'une situation privilégiée. La duchesse mère, tante de Louis XIV, y exerçait son influence dans le sens français, et tout en agissant par piété avec beaucoup d'esprit de conciliation et un grand respect pour le pontife, elle inclinait presque toujours en faveur du roi, son neveu *. La Toscane, il est vrai, était plus dépendante du Siège Apostolique : deux cardinaux Médicis, le doyen du Sacré Collège et Carlo-Giovanni, fort dévoués aux intérêts de la cour de Rome, entretenaient le pape dans de bonnes dispositions pour leur patrie et surtout pour leur famille. Il est vrai qu'Alexandre VII étant Siennois u aimait pas les gens de Florence, et, d'autre part, ancien vassal du grand-duc, il aimait à lui faire sentir sa supériorité présente. Toutefois, les princes toscans avaient à Home une très grande situation : plusieurs cardinaux se ralla-
était connu par ses déhanches : « vagandi in diversi amori, profonde inconsideratamente il buo ni #inoco »• (Rel. Giustiniani, p. I
1. Relazioni, etc. Relation de Bassadonna, p. 277 et 278, et Relation i\c Correr, p. 215.
2. //>///. Relation de Sagredo, p. 241, et do Bassadonna, p. 277. :{. Ibid. Relation de Giustiniani, p. 152.
'i. îbid. Relation de Bassadonna, 277.
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ehaient au groupe des Médicis, affilié à celui d'Espagne : le grand-duc de son côté ménageait son crédit avec « une prudence et une application admirables » : on ne voyait entre la Toscane el le Saint-Siège aucun sujet de rivalité, et personnellement il manœuvrait de façon à toujours vivre en paix avec Rome. L'ambassadeur vénitien Bassadonna disait avec raison en son style énergique : « Son Altesse, avec une dissimulation plus que romaine, donne ce qu'elle ne peut vendre, achète ce qui devrait lui appartenir naturellement, maintient son autorité et attend sagement les conjonctures » *. Le prince Mathias, frère du grand-duc, et don Mario, frère du pape, étaient en relations familières 2, et l'on verra plus loin avec quel empressement amical fut accueillie l'intervention du prince Mathias dans les démêlés de Louis XIV et d'Alexandre VII : mais ces excellents rapports ne devaient jamais dépasser la mesure des bons procédés et des sages conseils.
L'état intérieur du Saint-Siège non plus que ses relations au dehors ne lui permettaient donc à aucun degré les vues ambitieuses, ou les querelles aventurées. L'administration depuis longtemps déjà discréditée par le népotisme et que tant d'exactions et d'impôts avaient rendue fort impopulaire, ne comportait aucun grand effort d'attaque ou de résistance. Le luxe de la cour et des cardinaux3 offrait un spectacle brillant, mais il était ruineux; l'entourage ponti-