‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 56 sur 268 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Guise 1 se mettait sur les rangs, et il avait même pressenti Mgr Piccolomini, en lui faisant savoir que l'on pensait à eette solution. Si au contraire la mission devait être permanente, on désignait le duc de Créqui ou le comte de Béthune \ Quelques jours après, comme il arrive en tout temps quand il est question d'un de ces grands postes qui sont l'honneur d'un diplomate et de sa famille, la rumeur publique multipliait les candidatures, et, le 21 septembre, le nonce raconte qu'on citait plusieurs autres personnages, le bailli de Valençay *, le duc de la Vieuville \ et même le duc de Roquelaure 5, ce bien que, ajoute-t-il, ce dernier ne paraisse guère à propos, à cause de sa façon de vivre assez libre ». L'évêque d'Albi, qui appartenait à la maison des comtes du Lude6, était aussi sur les rangs, et il avait même

1 Henri II de Lorraine, due de Guise, petit-fils du Balafre, né en 1614; il était eélèbre par ses aventures romanesques et surtout par sor .expédition à Naples, d'où il chassa les troupes espagnoles II était alors giand ehambellan de France. Il mourut)Sans enfants en 1664

2. Hippolyte, comte de Béthune, neveu de Sully, ne en 1603. Il ara pris par aie distinction à toutes les guerres du règne de Louis XIII. H mourut en 1665, léguant à la bibliothèque du roi le grand dépôt de manuscrUs qui porte' son nom. 11 avait épouse, en 1629, Anne de Beauvdhcrs, sœur du duc de Saint-Aignan. ,

3. Henri d'Estampes, chevalier de Malte, puis bailli de I Ordre .sous le titre de Valençay, né en 1603, s'était distingué dans les guerres m an t nu . Ambassadeur à Rome, en 1652 et 1653, il mourut grand prieur de Malte,

'^Charles, 2* dac de la Vieuville, né en 1616; il était fils de Charles de la Vieuville, qui lut surintendant des finances en 1623 disgracie par Richelieu et de nouveau surintendant en 1651, créé alors duc ^ brevet et mort en 1653. Le due de la Vieuville dont il est ici question fut chevalier d'honneur de la Reine, gouverneur de PoltOU^°";C™^n^ ^ £ Chartres (depuis le Régent) en 1686 et mourut en ^••..^"«"^«rt traite « de fort pauvre homme ». Il ajoute que les La \ .euy.lle s appelaient en réalité Coskaêr et n'étaient que de fort petits gentils homn es de* etagne : « Je ne sais, dit-il, où ils s'avisèrent de prendre le nom et les aimes de La Vieuville »> (t. XV, édit. Garnicr, p. 222) Phevnlier Je

5. Gaston, né en 1617, duc de Roquelaure depuis 652 cheva er de l'Ordre en 1661, gouverneur de Guicnnc en 16/6, mort en 1683. 11 était Lrano n^tre de la garde-robe. Il avait eu une belle carrière militaire;

ES U éuit partieuHèrement connu par . .prit de saïUie et a licence

de sa conduite. Son fils, du même caractère, est appelé par Saint-Simon a un plaisant de profession ». i'„-»;Hapî«

6. Gaspard de Daillon du Lude, oncle du grand maître de . , 1 ; „ui fut créé plus tard duc du Lude, en 1675. Il fut éréque d AU», de L635

fait demander au nonce parle pèreAnnat1, « si l'ambassade se pouvait concilier avec la résidence » 2. Il devenait urgent de prendre un parti, car ces tergiversations impatientaient Tort à Rome : le cardinal Chigi avait dit à M. d'Aubeville « qu'on avait l'air de traiter le pape comme un simple prélat » 3. Le roi au surplus ne désirait point tarder davantage, et dans le courant d'octobre, son choix fut déclaré; M. de Lionne en fit part à M. d'Aubeville le 5 novembre : « Sa Majesté a nommé M. le duc de Créqui pour aller à Rome en qualité de son ambassadeur extraordinaire. Il a ordre de commencer à préparer toutes choses pour son voyage. Je n'estime pas pourtant qu'il puisse partir que sur la fin du mois de janvier au plus tôt 4. » Le nonce en avisait en même temps sa Cour, et dans sa dépêche du 2 décembre, il annonçait également, d'après le langage de M. de Brienne, que M. de Créqui était pressé par le roi de partir en janvier de l'année 16(32 5.

Charles de Blanchefort de Bonne, duc de Créqui et prince de Poix, descendait d'une maison illustre dès 1150, tant par elle-même que par les substitutions qui l'avaient accrue. Etant Blanchefort d'origine, c'est-à-dire d'antique chevalerie en Limousin, et alliée aux meilleures races du royaume, cette famille héritait par les femmes, en 1543, du nom et des titres de la principale branche des sires de

à 1676, et mourut le 24 juillet 1676, laissant une immense fortune à son neveu. Albi fut érigé, à sa mort, en archevêché. (Voir Mme de Sévignét éd. Hachette, IV, p. 556.)

1. Le P. Annat, né en 1607, provincial des Jésuites, confesseur du roi, l'un des plus violents adversaires des jansénistes de Port-Royal. Pascal lui a adressé la 17e et la 18e Provinciale. Le P. Annat fut noblement disgracié pour s'être opposé à la liaison du roi avec Mlle de la Vallière ; il mourut en 1670.

2. Arch. Vat., loc. cit., dép. du nonce en date du 21 octobre 1661.

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