‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 55 sur 268 · Arch. Vat., /oc. cit., dép. du nonce du 'J5 août · texte numérisé non relu

Arch. Vat., /oc. cit., dép. du nonce du 'J5 août

Après cette conversation, on ne pouvait plus douter a Paris des intentions du pape : il fallait ou se résoudre ii n'avoir plus aucun rapport officie] avec lui, ou bien rétablir la représentation diplomatique dans la forme solennelle. On était à la fin d'août 1661, et au milieu des préoccupations majeures de la disgrâce de Fouquct, ce qui donnait un bon prétexte pour ne pas recevoir le nonce; il n'eut audience que le 22 septembre, Lorsque le roi fut de retour de ce voyage de Bretagne si célèbre par l'arrestation du surintendant \ Néanmoins la résolution était prise, car, dans cette entrevue, Louis XIV, tout en disant au nonce qu'il était mal satisfait de la froideur de Sa Sainteté envers M. d'Aubeville, ne laissa pas de faire entendre qu'il espérait « que ces désaccords arriveraient à leur terme et qu'on pourrait établir une parfaite union entre les deux cours » 2. En effet, quelques jours plus tard, et à la suite de dépêches de M. d'Aubeville qui indiquaient une certaine détente de la situation, M. Le Tellier dit à Mgr Piccolomini que Sa Majesté étant plus contente, il « voyait les choses se disposer à la bonne intelligence », que « le roi y était tout porté et de bon cœur », et enfin, touchant le vif de la question, il lit allusion à l'intention de Sa Majesté « de nommer bientôt un ambassadeur » 3.

Le nonce ne savait pas encore s'il s'agissait d'une ambassade d'obédience ou d'une ambassade ordinaire, mais il était dès lors en mesure d'indiquer à sa Cour les noms de quelques candidats. On en parlait assez ouvertement autour de lui. Si l'on se bornait à l'obédience, le duc do

1. Arch. Vat., loc. cit., dép. du nonce des 2, 9 et 22 septembre 1661. — Le roi était parti de Fontainebleau dans les derniers jours d'août : il arriva le 1er septembre à Nantes. Fouquet fut arrêté le 5 : le roi repartit le lendemain pour Fontainebleau. — Il est assez singulier que la disgrâce de Fouquet ne nuisit pas à la nomination de M. de Gréqui dont la famille était alliée à celle de Mme du Plessis-Bellière, si dévouée au surintendant. Il est vrai que M. de Lionne, ami de Fouquet, ne perdit rien de la faveur du roi. (Voir Ghéruel, Fouquet, t. II, p. 258.)

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