‹ Louis XIV et le Saint-SiègeChapitre 68 sur 268 · Ibid., 145, Nouvelles de Rome, du 27 mai, f · texte numérisé non relu

Ibid., 145, Nouvelles de Rome, du 27 mai, f

4. Arch. Vat., loc. cit., 123, dép. du nonce du 21 avril 1G62.

Quelques indices justifiaient en effet les fâcheux pressentiments de la cour de France. La mission de M. d'Aubeville se continuait, il est vrai, sans péripéties bien saillantes, étant considérée de part et d'autre comme une sorte de trêve insignifiante, un temps d'arrêt à la veille d'un engagement décisif. Le gouvernement pontifical montrait de la courtoisie à l'envoyé temporaire du roi ; il s'empressa même de s'associer à l'heureux événement de la naissance du dauphin, survenue le 1er novembre 1661 ; pendant trois jours, les 12, 13 et 14 de ce mois, il y eut grandes fêtes, feux de joie et illuminations dans Rome, et « tant d'allégresse qu'il semblait que cette ville ne fût quasi habitée que par des Français » *. Le Souverain- Pontife reçut avec de gracieuses paroles la notification officielle, et, dans le consistoire, dit que le bonheur de la naissance de Phéritier du trône « se devait imputer à la piété du roi qui éclate aux yeux de tout le monde, tant par la sainteté de ses mœurs que par les soins que Sa Majesté prend tous les jours d'à (faiblir les huguenots » 2.

Toutefois, et malgré ces affables discours, les demandes de M. d'Aubeville n'étaient même pas examinées. Des Français se plaignaient d'avoir été maltraités par les sbires sur le Corso lors du dernier carnaval : on racontait qu'un gentilhomme français de l'ambassade de Malte avait été traité d'espion et menacé d'être pendu ; je lis dans la Feuille des nouvelles de Rome du 4 mars 1661 « que ces petites étincelles fesaient craindre quelque incendie lorsque la « famille » 3 de l'ambassadeur de France serait arrivée au palais Farnèse » *.

1. A. IL, Rome, l'«2, d'Aubeville à Lionne, 15 novembre 1061, f° 128.

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