Ibid.t d'Aubeville à Lionne, 22 novembre 1661, f
3. Le mot « famiglia » signifiait l'ensemble de la maison, toute In domesticité.
'«. A. i;., Rome, III, 144, Nouvelle* de Rome, \ mars 1GG2, f" 98.
On se tenait clone, de part e1 d'autre, sur ses gardes, lorsque, le 24 février 1662, les sbires poursuivirent une femme jusque dans l'écurie de M. d'Aubeville, résistèrent à ceux qui prétendaient les faire sortir et qui alléguaient les immunités diplomatiques, tentèrent même d'arrêter une personne de la mission, et ne se retirèrent que devant les énergiques efforts des assistants. M. d'Aubeville, après avoir pris l'avis de M. de Bourlemont et de l'abbé Elpidio Benedetti, porta plainte au cardinal Impériali, gouverneur de Rome, mais sans succès, et, deux jours plus tard, le 26, il arriva un démêlé plus grave : deux estafiers de l'envoyé de France s'étant pris de querelle devant sa porte et avant mis l'épée à la main, les sbires intervinrent de nouveau; une rixe s'en suivit et la police mit en prison l'un des estafiers. Cette fois M. d'Aubeville réclama auprès du cardinal Cbigi, qui, le paya de phrases et ne lui donna aucune satisfaction *. L'estafier demeura sous les verroux, et même on prétendit faire un procès à un autre serviteur de la Légation qui, après s'être mêlé à la querelle, s'était réfugié dans une église, à couvert sous le droit d'asile 3. M. d'Aubeville, qui ne voulait point, à la fin de sa mission, et au moment où le duc de Créqui allait venir, créer de difficultés nouvelles, n'osait trop insister, se contentait de se montrer mécontent, cherchait à faire évader de l'église son domestique menacé, et en référa à M. de Lionne 3. Celui-ci, avisé déjà par l'abbé Benedetti de cette affaire « assez épineuse » 4, en parla au nonce à Paris, qui recommanda une mesure gracieuse à son gouvernement % mais, malgré tout, les mois de mars et d'avril s'écoulèrent sans qu'elle eût aucune issue, et l'on finit par ne plus s'en préoccuper.
1. A. É., Rome, III, 144, d'Aubeville à Lionne, 28 février 1662, P 92.