Gazette, ibid
I' Eifvoici ^'échantillon : « M. de Brienne m'a adressé les expédUiom mttis je n'y trouve aucun ordre pour seluy qui commande ra les ge leres ... pour l'affaire dont vous me priés de parler au vise- egat d Avignon je E£j à mon passage si s'est une chose faisable,.. Vous ^ ,llia i'av.-nir je me sers de la main d'un segrcta.rc ^^g""^ \ne j'aurais quaus choses d'importanse vous cussies peine a lue ma lettre. » (A. H., Rome, supplément 149, f° 17.)
5. Régnier Des Marais, né en 1632, mort en 1713. On a de lu, une g nomaire fn.n.aisc, diverses poésies et traduction! cl ion »«««"<*" '''"'''.'
, F aece la cour de Rome, 1707. .1 M élu en 1670 a Académie
française, en remplaeement de Cureuu de la Chambre, et plus tard seerotaire perpétuel.
152 L'AMBASSADE DU DUC DE CItÉQUI.
billets autographes de ce dernier combien il eût été incapable de composer des lettres aussi bien faites que l'étaient ses dépêches officielles.
Il continua son voyage par Avignon, où le vice-légat du pape le reçut à merveille. Ce personnage , Mgr Lascaris, que nous retrouverons dans la suite de notre récit, montra d'autant plus de zèle en cette circonstance qu'il ambitionnait la nonciature de Paris. « Il m'a dit, écrit M. de Créqui au roi, qu'il s'était expliqué à Rome de la prétention qu'il a de venir nonce auprès de Votre Majesté et m'a fort conjuré de lui rendre office en ce rencontre '. » L'ambassadeur répondit par de bonnes paroles sans toutefois s'engager, et se rendit ensuite à Aix, où il arriva le G mai. Il y fut reçu avec tout l'appareil et la solennité dont on entourait alors les représentants de la France : le Parlement et la Chambre des comptes le complimentèrent, chacune de ces deux compagnies ayant député pour cette cérémonie « trois présidents, douze ou quinze conseillers » et les magistrats du parquet. Le duc de Mercosur, gouverneur de Provence, vint aussi le saluer. Puis lorsque M. de Créqui se fut assuré que le Parlement lui donnerait « la place qu'ont accoutumé de tenir les ducs et pairs », il se rendit, le 8, dans la salle des assemblées ainsi qu'à la Chambre des comptes, et « je leur fis, dit-il, des remercîments proportionnés à l'honneur qu'ils m'avaient fait » 2.
Le 10 mai, il était à Toulon où M. de la Guette 3, intendant de la marine, lui fit visiter les galères qui devaient le transporter à Civita Vecchia. L'ambassadeur les trouva « parfaitement bien équipées, tout en état », et fut très
1. A. E., Rome, IV, 145, Créqui au roi, Toulon, 15 mai 1662, f° 20.
2. A. E., Rome, IV, 145, Créqui à Lionne, 15 mai 1662, f° 21; et au roi\ loc. cit., f° 20.
3. Louis Testard de la Guette, nommé intendant général de la marine du Levant à Toulon, en 1659. Il avait dans ses attributions les vaisseaux et les galères. On trouve dans la correspondance de Colbert, publiée par M. Clément (t. III), de nombreuses lettres qui lui sont adressées. Il fut révoqué en 1664.
satisfait des honneurs qui lui furent rendus en ce port '. Le mauvais état de la mer l'y retint toute une semaine, et .ce fut seulement le 18 mai qu'il put s'embarquer avec un bon vent qui faisait espérer un rapide voyage. Mais, dès le lendemain, le temps changea, et la traversée dura douze jours au lieu de cinq ou six qu'on avait calculés. Quand la flottille passa en vue de Nice, elle fut saluée la première par l'artillerie du duc de Savoie 2 ; à Monaco, M. de Créqui fut traité « splendidement » par le prince, et s'arrêta un jour et demi3; mais à Gênes et à Livourne, où cependant il séjourna pendant deux heures, les autorités furent moins courtoises, et le canon de ces villes ne salua point les galères, ce dont M. de Créqui se montre choqué dans le récit de son voyage 4; enfin, le 1er juin, il arriva à Civita Vecchia ° : les galères, en approchant du port, saluèrent de trois coups de canon, et après, raconte M. d'Aubeville, « on en tira plus de cent tant de la ville que du château, auxquels M. l'ambassadeur fit répondre par le reste du canon qui était chargé ». Plusieurs ofliciers du pape, dont le maître de la maison pontificale et six maîtres d'hôtel, qui attendaient depuis sept jours à Civita Vecchia, étaient allés en mer un mille à la rencontre de M. de Créqui pour le complimenter ainsi que l'ambassadrice de la part de Sa Sainteté. M. d'Aubeville les avait devancés d'un mille, et fut ainsi le premier à présenter ses devoirs au représentant du roi 6.
1. A. É., Rome, IV, 145, Créqui à Lionne cl au roi, dép. déjà citée.