TRAITÉ DE PISE. MAI 1663 A FÉVRIER
Conférences de Lyun : difficultés soulevées par Louis XIV, malgré le duc de Créquy. t^e plcnipotentiaire du papo expulsé de France. — Conféreuces du PnoUde-Beauvoisiu : nouvelle rupture provoquée parie roi. — Causes secrètes de cette coaduiiu de Louis XIV : la guerre entre Philippe IV et la maisou de Hragauce étant arrivée à sa criàe d.^cisive, le seul moyeu de tauver 2es Portugais était de retenir on Italie, parla crainte de l'expédition française contre le pape, les garnisons espagnoles du Milanais et dcNaples. Lettre de Louis XIV à Philippe IV, 10 juillet 1663. — Ordre à un corps d'armé** françai:>c d'occuper le Parmesun et le Uodénais^ •otts prétexte de les protéger contre une agression du pape : protestation des deux princes contre les prétentions du rui. A>cux de Louis XIV et de Lionne. — Scandale causé en Europe par la descente des Français en Italie au moment où Candie, la Hongrie et Vienne même sont menacées parle Turc. Nouvelles calomnies répandues parla cour de France contre Alexandre VII, ne» ministres et sa famille. Opinion publique, en France, sur la politique du roi envers lo saint-siège. « Murmures de la cabale des bigots. » Témoignages contemporains. — Usurpation consommée d'Avignon et <lu Comtat. — Les sir articles gallicans de 1663 arrachés à la Sorbonne. — Manifeste royal du 3 novembre 1663 contre Alexandre Vil. — Derniers efforts du pape pour trouver des défenseurs parmi les princes catholiques. Menaces incessantes de Louis XfV à l'Espagne, à Venise, au grand-duc. etc. ATertissements prophétiques delà cour de Madeid à Louis XIV au moment où elle lui abandonne le pape. Nouveaux incidents de la guerre entre les Espagnols et les Portugais. Déclaration de Philippe IV au nonce Bonelli, 10 janvier 1664. — L'armée française prête à envahir les États romains : Alexandre VU cède à la force. Négociations entre Kasponi et Hourlemont : caractère et conduite des deux plénipotentiaires. Traité de Pise, 13 février 1664. D*«sincamération de Castro, 17 février. Bulle secrète du 18 fèTrier. — Athux déAnitifs de** Français sur l'affaire des Corses. — Conséquences du traité de Pise.
Rasponi arriva le premier à Lyon, où le duc de Créquy ne parut que le 10 mai. L'ambassadeur français se louait de ses rapports avec le ministre pontifical, et il en informait le roi(l), qui, au contraire, souleva sur-le-champ d'insoutenables difficultés. Rasponi s'étant présenté comme nonce extraordinaire auprès des rois et princes chrétiens^, Créquy lui reconnut un litre qui relevait Téclat des négociations; mais Louis XIV feignit de s'en irriter et donna des ordres pour l'expulsion violente du prélat (2). Vainement Créquy se plaignit d'un désa-
(1) il et 15 mai 1663. Home, 155.
(2) « Je désire que vous ne Véparyniez pas plus quon fit ici son prédécesseur el
veu qui le discréditait lui-même^ et observa que cette qualité « vaste et indéterminée » ne pouvait se comparera celle d'un « nonce envoyé dans un seul Etat pour y résider auprès du souverain;.... qu'elle était dénuée de toute autre prérogative que celle de Thonneurdurang. En effet, Sire, disait-il encore, le sieur Rasponi n*a prétendu autre chose;... et, outre que sa conduite en ce regard Ta démontré suffisamment, celle que la cour de Rome y a tenue fait aussi voir assez clairement qu'elle n'a point eu d'autre intention... S'il vous était glorieux que le pape envoyât un ministre dans votre royaume pour rechercher Votre Majesté d'accommodement, cet envoi devenait par conséquent plus honorable, plus l'envoyé se trouvait revêtu d'un caractère éminent... (1) » Louis XIV répondit : «J'ai trouvé bien fortes les considérations qui vous avaient obligé à ne faire aucune difficulté de reconnaître ledit Rasponi en sa nouvelle qualité de nonce ; mais j'ai cru d'en avoir de plus fortes encore de ne lui continuer pas ce traitement, non que je ne conviemie et que je n*eusse fait les mêmes réflexions que vous sur la difTérence que vous établissez très judicieusement d'un nonce qui me serait directement envoyé pour faire cette fonction là auprès de moi, d'avec un autre qui n'a qu'une mission vague et qui ne lui donne autre droit ni avantage que de prendre le rang de ce caractère, mais, par d'autres raisons plus générales comme celles de traiter avec toute dureté la cour de RomCy en toutes les occasions qui s'en offriront, jusques à ce qu^elle m'ait satisfait, et ne lui laisser passer jusque là quoi que ce soit dont elle puisse tirer avantage dans le monde, enfin la mortifier de toutes les manières; encore avec cela aura-t-on bien delà peine à acheverde la porter àce qui est de la raison.. . C'est moi qui, par mes propres sentiments, corrige votre propre modération; moi qui suis le dur et, s'ils veulent encore, Tin-
que votis le contraigniez de sortir saos délai de Lyon et de mes Etats, le faisant accompagner jusqu'à la frontière. Et, pour cet etfet, je tous aàrease une lettre que j'écris au prévôt des marchands pour lui dire qu*il ait i tous donner entière créance et à exécuter tout ce que voua lui ferez connattre 6tre de mes intentions sur la personne dudit Basponi. >»(Lc roi à Créquy, 19 mai 1663. Home, 151 et 155.) (1) A Lionue et au roi, 22 mai 1663. BomCj loi et 155.