‹ Louis XIV et son siècleChapitre 15 sur 69 · I ..• toi ik'i halle · texte numérisé non relu

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tuait à une branche vieillie, desséchée, mais vivante. Anne d Autriche .succédait tout simplement au pouvoir; elle n'avait fait aucun effort pour arriver où elle était, et personne n'en avait fait pour l'y porter. C étaient donc purement et simplement des devouemeuts privés cl non des services publics qu'elle avait à recompenser.

Madame d'Hautefort, exilée par le cardinal, fut rappelée prés de la reine et rétablie dans son poste de dame d'atours. La marquise de Scnecey, exilée comme madame d'Hautefort, fut rappelée comme elle et rétablie dans sa charge de dame d'honneur. Laporle, son porte-manteau, qui avait été mis en prison pour elle et qui. en étant sorti sur sa demande, le jour où elle lit annoncer sa grossesse au roi par Chavigny, riait demeure exilé à Saumur. fut rappelé et nommé premier valet de chambre du roi. Enfin, madame ue

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Cbevrease, à qui la déclaration de Louis XIII fermait le royaume pendant toute la durée de la guerre et même après la paix, reçut avis que celte interdiction était levée, et qu elle pouvait revenir en France.

Seul, le marquis de Châtcauneuf parut plus mallrailé que les autres. Depuis dix ans il était prisonnier à Angoulême, pour avoir pris part aux cabales de la reine et du duc d'Orléans, et l'on croyait à une réparation éclatante à sou égard, lorsqu'on apprit qu'au lieu du retour triomphal qu'il devait espérer, il avait simpli ment reçu la permission de se retirer dans telle de ses maisons des champs qu'il lut plairait. Les hommes à vue courte s étonnèrent de ce demi-retour; mais les autres se souvinrent que M. de Chàteauneuf présidait la commission qui avait jugé Montmorency à mort, et que Montmorency était beau-frère de M. le Prince, et oncle de M. le duc d'Enghien. Or, ce n'était pas au moment où M. le Prince abandonnait ses droits à la reine, et où le duc d'Enghien venait de sauver la France à Rocroy, qu'on pouvait les mettre en face de l'homme qui avait contribué à faire tomber la téte de leur parent sur un échafaud.

Il y a toujours, aux grandes injustices, une petite raison qui, si petite qu'elle soit, est suffisante pour les faire excuser. II y eut donc, comrfle à tous les commencements Je règne, un moment où tout le monde fut content à peu près, et où les plus avisés attendirent, avant de se pronoucer sur l'avenir. Ce qui devait surtout forcer la reine à se dessiner, c'était l'arrivée de madame de Chevreuse.

On attendait de jour en jour la favorite. Depuis vingt ans elle était l'amie de la reine, depuis dix ans elle était persécutée pour elle : exilée, proscrite, chassée de France, menacée de la prison, ene avait fui, déguisée sous des vêtements d'homme, costume qu'elle portait, au reste, aussi élégamment que celui de. femme (I), et, de même qu'Annibal allait partout cherchant des ennemis au peuple romain, elle avait, dans tous les royaumes de l Europe, cherché des ennemis au cardinal.

Comme tout ce qu'entreprenait madame de Chevreuse, son retour faisait grand bruit; elle était sortie de Bruxelles avec vingt carrosses et rentrait en France avec un train de reine. Sans doute, en se rappelant son ancienne influence sur Anne d'Autriche, au temps de ses amours et de ses malheurs, elle se croyait la seule et véritable régente, et, dans cette persuasion, accourait toute joyeuse. Mais, à trois journées de Paris elle rencontra le prince, de Marcillac qui allait au-devant d'elle, dàns le but de la prévenir de l'état des choses. — La reine, lui dit-il, devenue sérieuse et dévote, n'est plus telle que vous Paver laissée; songer donc a régler votre conduite sur cet avis, car je suis venu tout exprès pour vous le donner. — C'est bien, répondit madame de Chevrcuse en souriant comme une femme sûre d'elle-même. Et elle poursuivit sa roule sans s'arrêler, prit son mari en passant à Scnlis, et arriva au Louvre.

La reine la reçut aussitôt, et parut même avoir grand plaisir à la revoir; mais il y avait cependant loin de cet accueil, dans lequel perçait un certain cérémonial, à celui auquel madame de Chevreuse s'attendait : c'est qu'outre que la reine était devenue, comme l'avait dit le prince de Marcillac, sérieuse et dévote, Anne d'Autriche avait près d'elle madame la Princesse, cette belle Charlotte de Montmorency, l'ancienne rivale de madame de Chevreuse, que ses cinquante ans plus qu'accomplis ne rendaient pas indulgente, et qui d'avance avait prévenu Sa Majesté contre son ancienne amie, * laquelle, dit madame de Motteville, était demeurée dans les mêmes sentiments de galanterie et de vanité, qui sont de mauvais accompagnements à l'Age de quarante-cinq ans. >

Puis, comme tous les exilés, madame de Chevreuse n'avait point senti marcher le temps, et crovait retrouver toutes choses en France comme elle les avait laissées. Or, non-seulement les sentiments privés de la reine avaient changé, mais encore ses sentiments politiques, les premiers subissant l'influence des nommes, les autres celle des événements. Madame de Chevreuse connaissait f'unour, peut-être un peu intéressé, de la reine pour son frère, et sa grande sympathie pour l'Espagne, à laquelle, plus d'une fois, elle avait été prés de sacrifier la France. Mais Anne d'Autriche n'était plus la femme stérile et persécutée, alliée aux complots du duc d'Orléans; c'était la mère du roi, la régente de France. Or, pour être bonne sœur, il fallait qu'elle fût mauvaise mère, et, pour continuer d'être bonne Espagnole, il fallait quelle devint mauvaise française.

Madame de Chevreuse ne comprit point tout cela, et se retira médiocrement satisfaite de l'accueil qu'elle venait de recevoir, ne remarquant pas que, par ses liaisons flamandes, lorraines et espagnoles, elle était devenue, à son tour, une ennemie de 1 Etal. Mais, si madame de Chevreuse menait toute sa politique à découvert et à grand bruit, elle avait affaire a un homme de principes bien opposés. Le même jour qu'elle avait été reçue par la reine, et deux heures après qu'elle l'eut quittée, on vint lui annoncer que le cardinal de Mazarin était là, sollicitant d'elle la faveur (l'un entrelien. Celte nouvelle rendit à madame de Chevreuse tout son courage : si le ministre faisait les premières avances vis-à-vis d'elle, c'est qu'elle n'avait rien perdu de sa puissance; s'il venait la trouver, c'est qu'il avait besoin de son appui. Madame de Chevreuse prit donc ses airs de reine pour recevoir l'ancien domestique du cardinal Bentivoglio.

(1) Elle était retirée à Tour». Richelieu lui envoya un exempt qui devait l'arrêter et la m«iner à la tour de Loche*. Elle recul l'exempt a merveille, lui fil faire bonne ihére, et lui dit qu'ils partiraient le lendemain; niais, pendant la nuit, elle passa des habits d'homme qu'elle tenait prêt» à tout h<s;ird, et se mu va avec une demoiselle de compagnie, déguisée en homme comme elle. Cet habit lui allait si bien, qu'on avait l'ail à a- propos le couplet suivant, qui se chantait sûr l'air de la belle PicwonUise :

La Butssk re, dts-moi :

Su s-je r-M ton» en homme?

Vous rhe.aueticx. matol!

Mirai que tant que uout sommes i Parim les bal ehardes

EUe est Au régiment des garde».

Comme un cadet.

Pcnd>nt cette Tuile, il lui nrriv» une plaisante aventure que nous n'oaeriooï pu raconter ici : noua la citeron» seulement dan» l'Appendice (Voyea note F\

Celui-ci se présenta, respectueux, affable, souriant et la parole plus soyeuse que jamais. Il avait appris l'arrivée de madame de Chevreuse, et il venait accomplir un devoir en accourant tout aussitôt lui rendre ses Dommages. De plus, comme il savait que les assignations de l'épargne venaient lentement, et qu'il ne doutait pas qu'après un si long et si coûteux voyage madame de Chevreuse n'eût besoin d'argent, il lui apportait cinquante mille écus en or, qu'il la priait d'accepter a litre de prêt.

Une plus habile que madame de Chevreuse se fût laissé prendre à tant d'humilité : elle se crut donc une

fioissance eu se voyant courtisée ainsi par Mazarin, et, faisant signe à une suivante qui était restée dans a salle de se retirer, elle posa ses conditions pour reconnaître jusqu'où allait son crédit. Le rusé Italien la laissa faire, sûr de l'arrêter toujours quand il le voudrait. Madame de Chevreuse demanda que l'on contentât M. de Vendôme en lui rendant son gouvernement de Bretagne.

Mazarin répondit qu'on ne pouvait l'ôter des mains de M. le maréchal de la Meilleraye, ù qui le cardinal de Richelieu l'avait remis; mais, en échange, il lui offrait l'amirauté, que tenait M. de Brezé, qu'il était moins dangereux de mécontenter que le maréchal de la Meilleraye.

Le minisire faisait preuve de bonne volonté; il n'y avait donc rien a dire. Madame de Chevreuse inclina la téte en signe de satisfaction. Alors elle demanda qu'on rendit au duc d'Epernon sa charge de colonel général d'infanterie et son gouvernement de la Guyenne.

La charge était à la disposition de Mazarin; il la rendit aussitôt. Quant au gouvernement de la Guyenne, il avait été donné au comte d'Harcourt, et le ministre promit qu'il ferait tout au monde auprès de ce seigneur pour qu'il s'en démit.

Encouragée par ces deux premières concessions, elle aborda la grande affaire, qui était d'ôter les sceaux au chancelier Séguier pour (es rendre au marquis de Châteauneuf. Mais là s'arrêta la bonne volonté de Mazarin. Nous avons dit quelle puissance s'opposait à la rentrée du marquis de Châteauneuf à la cour. Le prélat ne promit pas moins à madame de Chevreuse de faire tout ce qu'il pourrait auprès de la reine pour

3u'elle lui accordât ce dernier point, comme il lui avait accordé lui-même les deux premiers. Mais, â partir e cette heure, il considéra madame de Chevreuse comme devant un jour devenir son ennemie; ce n'était plus qu'une affaire de chronologie.

Pendant quelque temps, madame de Chevreuse put croire encore à la bonne foi du ministre ; mais comme, dans son ignorance de l'intimité où vivait Mazarin avec la reine, elle ne manquait jamais, chaque fois qu'elle voyait celle-ci, de mêler à la conversation quelque trait piquant contre le cardinal, ce qui faisait que la reine se refroidissait de plus en plus pour elle; comme, d'un autre côté, le duc de Vendôme demandait vainemenr qu'on laissât à l'amirauté, qu'on lui rendait, le droit d'ancrage, qu'on en avait séparé; comme, ensuite, M. le comte d'Harcourt ne voulait pas se défaire, en faveur du duc d'Epernon, de son gouvernement de Guyenne; comme, enfin, le ministre avait fini par lui dire tout net que ce qu'elle demandait pour le marquis 'de Châteauneuf était impossible, madame de Chevreuse se lassa de toutes ces vaines promesses ; elle commença par s'assurer l'appui de M. le duc de Beaufort, et, lorsque celui-ci lui eut protesté qu'il demeurerait invariablement attaché â ses intérêts, elle se crut assez puissante pour se faire chef de parti, et commença 1 se déclarer hautement contre Mazarin.

De son côté, madame d'Hautefort, celle de ses favorites que la reine avait le plus aimée, après madame de Chevreuse, et à qui, le jour même qu'elle avait été nommée régente, elle avait écrit de sa propre main : Venez, ma chère amie, je meurs d'impatience de vous embrasser; » madame d'Hautefort, disons-nous, n'était pas plus favorisée que madame de Chevreuse. Elle s'était imaginé qu'elle ne pouvait jamais perdre la faveur d'Anne d'Autriche, faveur qu'elle avait acquise par la perte de» bonnes grâces du roi. Elle eut donc assez de confiance ou de présomption pour ne point craindre de se heurter â cet écueil où devaient se

briser lant de fortunes; et, blâmant le choix que la reine avait fait, elle dit tout haut ce qu'elle pensait de Mazarin. La régente alors la fit prévenir par Beringhen, son valet de chambre, ei par mademoiselle de Beaumont, qui avait été autrefois à la reine d'Angleterre, qu'elle eût à cesser les méchants propos qu'elle tenait sur le cardinal, attendu que, mal parler du ministre, c'était mal parler d'elle-même, qui l'avait choisi.

Sur ces entrefaites, arriva a la cour un homme qui croyait avoir droit aussi d'y réclamer quelque faveur par les dangers qu'autrefois il avait courus; c'était l'ami de Cinq-Mars, ce méme'Fontrailles qui avait pris fa fuite sous le prétexte qu'il tenait à sa télé, non pas pour sa léte elle-même, mais parce qu'en tombant elle permettrait qu'on vit, en le regardant par devant, sa bosse, que, grâce à sa tète, on ne voyait encore qu'en le regardant par derrière. Mais, contre son attente, Fonlrailles n'obtint rien qu'un froid accueil, la reine se souvenant, un peu tard peut-être, que c'était lui qui avait été faire signer à Madrid le traité qui livrait la France a l'Espagne. Il avait compté sur l'influence de M. le duc d'Orléans; mais M. le duc d'Orléans, tout meurtri encore de ses luttes contre le cardinal de Bichelieu, se tenait à l'écart avec l'abbé de la Bivière, son nouveau favori, et paraissait, momentanément du moins, avoir renoncé à tout projet politique.

D'un autre côté, deux hommes oui avaient joué un grand rôle sous le régne précédent, et â qui les obligations que leur avait le cardinal Mazarin semblaient assurer leurs places, tombaient dans une disgrâce imprévue. Ces hommes étaient M. de Chavigny et M. de Boutillier.

On se souvient de cette soirée où Beringlièn avait été annoncer an cardinal Mazarin, qui jouait avec Chavigny chez le commandeur de Souvré, que la reine avait jeté les yeux snr Ini pour le faire premier ministre. Mazarin, malgré ses engagements avec Chavigny, avait accepté, comme on l'a vu, sans réserver aucunement les droits de son collègue. Chavigny reprocha au cardinal cet oubli de leur convention, et le ministre se défendit assez mal, de sorte qo'un grand froid s'était glissé entre eux. Bientôt Chavigny apprit encore que, loin de revenir à lui et â sa famille, Mazarin venait de permettre que la charge de M. de Boutillier, son père, qui était surintendant des finances, fût partagée entre MM. Bailleuil et d'Avaux; alors il ne voulut pas rester plus longtemps sous l'influence d'nn nomme aussi oublieux de leur ancienne amitié, et offrit la démission de sa charge, démission qui fut acceptée. En conséquence, il la vendit, avec l'autorisation de la régente, à M. de Brienne, qui lui succéda immédiatement dans le conseil comme secrétaire d'Etat.

Tons ces mécontents se groupaient naturellement autour du duc de Beaufort, qui, le jour ou la reine l'avait proclamé le plus honnête homme de France et lui avait confié la garde de Louis XIV et de son frère, avait rêvé dans l'avenir une influence et une position qui lui étaient échappées au profit de M. I e prince de Condè. De plus, M le duc de Beaufort était I amant de madame de Montbazon, belle-mère df madame de Chevreuse, beaucoup plus jeune, au reste, et beaucoup plus belle que sa belle-fille; et l'on sc-jppelle qu'il avait promis a madame de Chevreuse de ne pas séparer ses intérêts des siens.

Nous dirons un mot sur ce chef de parti, qui joua un si grand rôle dans la Fronde, ef .iui atteignit a une si grande popularité, que l'histoire lui a conservé le surnom de Ilot des Halles, que <ui avait donné le peuple de Paris.

François de Vendôme, duc de Beaufort, second fils de César, duc de Vendôme, fils naturel d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, était alors un beau jeune homme à la mine efféminée, qui, avec ses cheveux blonds et droits, ressemblait bien plus à un Anglais qu'à un Français. Brave au delà de toute expression, toujours prêt aux entreprises hasardeuses, mais sans éducation et sans courtoisie dans ses paroles, il avait toutes les qualités et tous les défauts contraires de Gaston d'Orléans, qui, fort instruit et parlant avec élégance, n'agissait jamais ou agissait lâchement; aussi fit-on sur ces deux princes les couplets suivants .

li>- iuI uii ddiït la bataille tunne :

. On lu redoute avec ruison .

Mui-. à h façon qu'il r;ii<ouin;, On le prendrai! pour un o!»on.

IkMulorl de mande rctiuMUK'c, (Jui sut ravil nlk-r Panv lioil toujoar- fii «r son rpé»- SJn* ijimii dire son aris

S il veut seifir toute 1.1 FijIUO Qu il n'.i|i]"ochc pis du b.uie.iu ; Uu il rengaine son cloquer ■ Et tire icr du l'ouriwa,

(ijstmi, pour faire une IniJiiiiie.

l.pruuvL' bien moiti» (ti'iuWr.is Pourquoi Itciutoit ti .i-t-il la Impur?

l\mr [uoi lésion n a-t-il le liras"

Il v a plus : souvent même, dans la conversation, le duc (Il Beaufort prenait un mot pour un autre; ce qui changeait quelquefois entièrement le sens rie sa phrase et l'intention de sa pensée. 11 ilt.sait d'un homme qu'il avait reçu une lonfimon, en vuuhnt dite qu'il avait reçu une contusion, lin jour il dit de madame de Gripuan, qu'il avait rencontrée en deuil : n J'ai vu aujourd'hui madame de Grignan, elle avait l'air fort lubrique .... » 1! voulait dire fort lutjubrc. Aussi disait-elle, de son côté, en désignant un seigneur

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allemand : — il ressemble, connue deux gouttes d'eau, au duc de Beaufort, si ce n'est qu'il parle mieux français.

Chaque jour le parti qui reconnaissait tacitement M. de Beaufort pour cbef et qui se composait, dit le , cardinal de Ketz, de quatre ou cinq mélancoliques qui avaient la mine de penser creux, prenait ou essayait de prendre plus de consistance. Le duc de Beaufort ne négligeait rien pour l'aire croire qu'il était un profond macliinateur de complots. On tenait cuhincl mal à propos, dit toujours le cardinal de Betz ; on donnait dex rendez-ious sans sujet; les chasses mêmes étaient mystérieuses. Aussi le peuple, presque toujours exact dans ses appréciations, avait-il appelé cette faction le parti des importants. Il ne fallait qu'uue occasion à ce parti pour se déclarer. Cette occasion, un hasard inattendu la Ht naître.

Un jour que madame de Monlbazon, femme d'Hercule de Rohan, duc de Monlbazon, avait grand cercle chez elle, et avait reçu les principales personnes de la cour, une suivante trouva dans le salon deux lettres qu'elle porta à c-a maîtresse : ces lettres étaient des billets amoureux, mais sans signature. Les voici telle* que les donne mademoiselle de Monlpensier dans ses mémoires.

« J'aurais beaucoup plus de regrets du changement de votre conduite, si je croyais moins mériter la continuation de votre affection. Je vous avoue que, tant que je l'ai crue véritable et violente, la mienne vous a donne tous les avantages que vous pouviez souhaiter; maintenant n'espérez pas autre chose de moi que l'estime que je dois à votre discrétion ; j'ai trop de gloire pour partager la passion que vous m'avez si souvent jurée, et je ne veux plus vous donner d'autre punition.de votre négligence à me voir que de vous en pri\er tout à fait. Je vous prie de ne plus venir chez moi. parce que je n'ai plus le pouvoir de vous le commander. »

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