‹ Louis XIV et StrasbourgChapitre 1 sur 12 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La prise de possession de Strasbourg par Louis XIV, en 1681, figure depuis deux siècles au premier rang des griefs historiques que TAUemagne entretient systématiquement contre la France. A en croire la plupart des publicistes d'outre-Rhin, c'est à peine si les annales de l'humanité offriraient une page aussi désolante, un forfait aussi inexpiable, un sujet de douleur aussi inépuisable, sinon pour la victime, qui ne s'en était pas mal trouvée, du moins pour les parents et les voisins de cette victime. Les termes les plus outrageants (2) ne leur suffisent donc point pour bien exprimer à cette occasion leur ressentiment contre la France, et il n'est guère, selon eux, de noms plus dignes de Texécration de leur race tout entière que ceux de Louvois et de Montclar, les deux principaux auteurs de cette annexion. Les admirateurs des institutions féodales y voient une brèche fatale ouverte par la main d'un monarque français à travers un inviolable rempart du saint-empire. Pour les libéraux, la prise de Strasbourg, c'est, avant tout peut-être^ la suppression d'une de ces petites Républiques autonomes qui

fl) Cet avant-propos a été écrit pour noire 3^ édition. Celle-ci n'en diffère que par quelques additions peu nombreuses et peu importantes qu'on trouvera surtout p. 42, p. 60-62 et passim au chapitre VII<=. UAppendice s'est trouvé accru de six pièces nouvelles, auxquelles nous avons joint une carte de la vallée du Rhin, de Worms à Bàle.

(2) Raub, Verrath, Frevel, Ueberrùmi^elungy Schandthat, Frechheit.

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