AVANT-PROPOS. XV
l'aide des témoignages contemporains laissés par la diplomatie russe. Le puissant et gracieux appui de M. le baron de Bùhler nous avait, dans cette vue, ouvert à Moscou les Archives générales de l'Empire. Malheureusement les Romanove, en 1681, n'avaient encore aucun agent à Berlin, et Vassilii Boutourline, accrédité à Vienne vers cette époque, avec ïvane Tchaadaiève, ne s'y trouvait pas au moment où les troupes françaises firent flotter pour la première fois notre drapeau dans Strasbourg. Seul, Potemkine, qui cette même année parcourut l'Europe occidentale et a laissé une relation assez longue de sa mission, parle de ce fait historique, mais sans y attacher plus d'importance qu'à un casus belli quelconque. Resteraient, il est vrai, les Archives impériales de Vienne. Nous aurions accueilli avec beaucoup de reconnaissance les rectifications qui en seraient sorties pour nous détromper sur des points de détail. Nous les avons attendues cinq ans, sans que rien soit venu infirmer les allégations de nos agents ou ruiner les doctrines de nos ministres. Nous croyons du reste pouvoir affirmer, le texte des traités de Munster et de Nimègue étant après tout aussi connu à Paris qu'à Vienne, que les documents autrichiens ne pourront jamais ébranler la base de notre travail.
Avant d'aborder notre sujet et de montrer pourquoi il y a lieu, selon nous, de poursuivre devant l'Europe la revision du procès que nous a suscité TAllemagne, sans prendre la peine d'étudier elle-même le dossier, nous devons encore réclamer, sur divers points, l'indulgence de nos lecteurs. Nous avons bien rejeté dans un Appendice la plus grande partie des missives, inédites jusqu'ici, qui furent échangées entre la monarchie française et la Répubhque strasbourgeoise avant 1681, et qui pourront servir à combler quelques lacunes dans les Archives communales de Strasbourg. Néanmoins, au risque de nuire à l'intérêt, parfois peut-être à la clarté de notre récit, nous n'avons pas hésité à y reproduire mot pour mot, le plus souvent que nous avons pu, le texte même des documents qu'il nous a été permis de consulter. Indépendamment de l'accent particu-