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r.0UI8 XIV BT SON SIBCLB,
beaucoup dans les pièces de Racine , à cause des conseils qu*il lui donnait , et n*aima jamais Corneille dans lequel vivait incessamnnent le vieil esprit frondeur. Il en était encore de même dans les différents arts : Louis donnait les sujets à Lebrun, traçait les plans à Mansard et à Le Nôtre, et souvent on le voyait le toisé à la main dirigeant ses
maçons et ses terrassiers, tandis que rarcbitecte et le jardinier se croisaient les bras.
Ainsi que Louis XIY avait fait pour les hommes ^ abaissant les grands et élevant les petits, il le fit pour ses cbàteaux et ses résidences. Le Louvre, cet orgueilleux berceau de nos rois, fut abandonné par lui; Saint-Germain, où il était né et où son père était mort, dut le céder à Versailles: c'est que Versailles, comme on le disait, était un favori sans mérite ; c'est qu'il avait fait Versailles comme il avait fait Cbamillart et Villeroy, qu'il avait improvisé Tun ministre, Tautre général ; c'est qu'il était en quelque sorte reconnaissant ^ cette nature aride, stérile, ingrate, de s'être laissé domptera force de volontés et de trésors. Saint-Germain, avec son vieux château bâti par Charles V, .'ivec son château neuf bâti par Henri IV, Saint-Germain, avec ses traditions de douze règnes , ne devait pas recevoir assez de lustre du sien ; il lui fallait un palais qui, bâti par lui, fût vide sans lui, où tous les souvenirs commençassent à lui ejt finissent avec lui.
Et cependant ce composé de vices et de vertus, de grandeurs et de bassesses, composa ce siècle , qui vint prendre sa place dans Tordre des temps après le siècle de Périclcs , après le siècle d'Auguste et après le siècle de Léon X ; c'est qu'il y avait chez Louis XIV un merveilleux instinct pour s'approprier la valeur des autres, pour absorber en lui les rayons divergents autour de lui ; c'est que, tout au contraire du soleil qu'il avilit pris pour emblème , ce n'était pas lui qui éclairait, mais qui était éclairé. Les gens à vue faible s'y trompèrent, et baissèrent les yeux devant cette lumière de réflexion, comme ils les eussent baissés devant une lumière personnelle.
Louis XIV était de petite taille; il parvint, en inventant les hauts talons et en a<loptanl les hautes perru(]ues, h paraître grand; il en fut de Louis XIV au moral, romme il en avait été au physKpie: Turenne, Condé, Luxembourg, Colbert, Letellier,
LOOIS XIV BT SON 8IÈGLB. /jDO
Louvois, Corneille , Molière , Racine , Lebrun , Perrault et Puget le haussèrent à la hauteur de leur génie , et Ton appela Louis XIV le grand roi.
Mais ce qu'il y a surtout de remarquable dans ce long règne, c'est la pensée unique qui y préisida : était-elle te résultat du génie du roi, ou du tempérament de Thomme? le maître tout puissant y poursuivait-il un calcul ou obéissait-il à un instinct? c'est ce que nul ne peut dire-, c'est ce que Louis XIV ignorait sans doute lui-même.
Cette pensée unique, c'est l'unité du gouvernement.
On a vu ce qu'était Paris lorsque Louis XIV le prit : sans police, sans guet, sans réverbères, sans caresses , avec ses voleurs dans ses rues, ses meurtres- dans ses carrefours, ses duels sur ses places publiques; on sait ce qu'était Paris quand il l'a laissé. Le Paris du commencement du règne dé Louis XIV est encore le Paris du moyen Age ; le Paris de la Gn du règne de Louis XIV est déjà le Paris moderne.
Eh bien, ce que l'élève de Mazarin, ou plutôt ce que l'élève de la Fronde fit pour Paris, il le fit pour la France et pensa le kire pour l'Europe. Cette guerre civile dont les cris l'ont tant de fois éveillé dans son berceau, ce parlemeiU qui rend des arrêts, cette aristocratie qui se révolte , ces bourgeois qui font les grands seigneurs, ces grands seigneurs qui ont les petits rois , ces Mole , ces filancmesnil , ces Broussel, qui traitent d'égal à égal avec la royauté; ces Condé, ces Turenne, ces Conti, ces d'Elbeuf, ces Bouillon, ces Longueville qui la combattent, tout cela a fait fermenter la haine de toute résistance dans le cœur de l'enfant, et toute résistance sera brisée par l'enfant devenu roi.
Mais avant toutes choses, il faut êter non seulement toute chance, mais encore tout espoir aux Richelieux et aux Mazarins futurs. Fouquet est là sous la main de Louis XIV et c'est une bonne fortune. Il est fort , il est riche , il est ambitieux , il est populaire , il est puissant; tant mieux: plus il tombera de haut, plus il fera de bruit en tombant, et plus il fera de bruit en tombant, plus l'écho de sa chute se prolongera dans l'avenir.
Nous l'avons^dit, cette chute était plus que la chute d'un ministre, c'était la chute du ministérialisme. Dès lors Louis XIV travaille à atteindre le but qu'il se propose : l'unité monarchique, la suprématie dç la royauté.
Tout le pouvoir des vieux rois de France était provincial, tout le pouvoir de Louis XIV sera administratif. Le pouvoir autrefois venait de la province et aboutissait a un centre qui recevait de lui sa force; le pouvoir à l'avenir partira, au contraire, de ce centre, et, au lieu de recevoir la force, c'est lui qui la donnera r Versailles sera le temple, Louis XIV sera le dieu ; Louis XFV ordonne, et de Versailles partira ce système merveilleux de protection pour l'art, d'encouragement pour le commerce, d'impulsion pour l'industrie, qui va se répandre comme ces cercles que fait naître une pierre jetée au milieu d'un bassin et qui >a s'élargissant toujours du centre à la circonférence.
Après avoir obtenu l'unité politique, Louis XIV comprit qu'il lui manquait encore l'unité religieuse. Il y avait en dehors de l'église catholique deux croyances qui étaient devenus des partis, deUx opinions qui à chaque crise étaient devenus des faits : c'était le calvinisme et le jansénisme. Les Cévennes et Port-Royal furent traités avec la même rigueur; c'est le propre de quiconque a obtenu la souveraineté du corps, de réclamer la souveraineté de la pensée.
Alors l'influence s'étend de la France à l'Europe. Comme Charlemagne, comme Charles-Quint, Louis XIV rêve la monarchie universelle que cent ans plus tard rêvera à son tour Napoléon; mais alors l'Europe tremble, s'émeut, se soulève, et comme une marée immense vient battre les frontières de la France qu'elle envahit. Un accident plutôt qu'une victoire arrête l'Europe à Denain , et la paix d'Utrecht laisse à la
France la Lorraine, TÂlsace et la Franclie-Coinlé qu'elle a mis trente ans à conquérir et qu elle a fuilli perdre d'un trait de plume.
Or, du règne de Louis XIV Irois grands résultats demeurèrent accomplis et restèrent debout : L'unité monarchique, la centralisation administrative et l'augmentalion territoriale.
Napoléon fut moins heureux : il ne put rendre à la monarchie les frontières qu'il avait reçues de la république.
Aussi Napoléon liisait-il de Louis XIV que c'était le prince qui avait le mieux su son métier de roi.
Napoléon fut plus grand homme que Louis XIV, mais Louis XIV fut plus grand roi que Napoléon.
En effet, pendant soixante-douze ans que Louis XIV a porté la couronne, Louis XIV a véritablement régné.
Pendant dix ans que Napoléon a pprté le sceptre, Napoléon n'a fait que du despotisme.
-Note A, page 22.
Nous ne parlons ici que du caractère de récriture ; quant au style et à la façon dont Mademoiselle mettait Forthographe , on en jugera par la lettre suivante; Mademoiselle avait trente-huit ans quand elle récrivit.
« A Clioisy ce 5 aoust 4665.
« Monsieur, le sieur Segrais qui est de la cademie et qui a bocoup travalie pour la gloire du Roy et pour le public aiant este oublie lannée pasée dans les gratifications que le Roy a faicts aux baus essprit ma prie de vous faire souuenir de luy, set un aussi homme de meritte et qui est a moy il y a longtams jespere que sela ne nuira pas a vous obliger a auoir de la considération pour luy, set se que je vous demande et de me croire.
Monsieur Colbert
votre afectionnée amie
Anne Marie Louise d*Oeléans.
Note B, page 98.
L«i lettre du roi contenant simplement Tautorisation pour La Meilleraie d*agir comme il le fait à Tégard du cardinal de Retz, nous avons cru inutile de la transcrire .
Note C, page 107.
Les passages suivants, extraits textuellement des Mémoires de Laporle, qui était , comme on le sait, premier valet de chambre du jeune roi Louis XIV, donneront quelques éclaircissements sur le fuit auquel nous faisons allusion dans notre texte.
a Vers la fm de juin (1652) le roi ûtquelque séjour à Melun où pour se divertir, il fit faire un petit fort au bord de Teau, et tous les jours il y allait faire collation. Le jour de la Saint-Jean de la même année, le roi (il avait alors treize ans et neuf mois) ayant diné, chez son Éminence et étant demeuré avec lui jusque^ vers les sept heures du soir, il m'envoya dire qu'il se voulait baigner. Son bain étant prêt, il arriva tout triste, et j'en connus le sujet sans qu'il fut nécessaire qu'il me le dit. La chose était si terrible qu'elle me mit dans la plus grande peine où j'aye jamais été, et je demeurai cinq jours à balancer si je la dirais à la reine ; mais considérant qu'il y allait de mon honneur et de mn conscience de ne pas prévenir par un avertissement de semblables accidents, je la lui dis enfm, dont elle fut fort satisfaite, et me dit que je ne lui avais jamais rendu un si grand service ; mais comme je ne lui nommai pas l'auteur de la chose, n'en ayant pas de certitude, cela fut cause de ma perte. »
En eflet, Laporte fut disgracié, mais au bout de quelques mois seulement, et il attribue sa disgrâce au cardinal Mazarin. Dans une lettre à la reine, où il essaie de se justifier, il dit encore:
a Votre Majesté connaîtrait bien la vérité si elle voulait se donner la peine d'examiner la chose à fond; car voici le sujet de ma disgrâce. Je donnai avis h V. M. h
Meiun en 1652 que le jour de la Saint-Jean , le roi dînant chez M. le cardinal me commanda de lui faire apprêter son bain sur les six heures dans la rivière; ce que je fis, et le roi en y arrivant me parut plus triste et plus chagrin qu'à son ordinaire; et comme nous le déshabillions, Tattenlat manuel qu'on venait de commettre sur sa personne parut si visiblement que Bontemps le père et Moreau le virent comme moi.... y. M. se souviendra, s'il lui plaît, que je lui ai dit que le roi parut fort triste et fort chagrin ; ce qui était une marque qu'il n'avait pas consenti à ce qui s'était passé ; et qu*il n*en aimait pas Fauteur. Je ne voudrais pas , Madame, en accuser qui que se soit, parce que je craindrais de me tromper ; mais ce qui est certain , c'est que si je n'eusse point donné cet avis à Y. M. je serais encore près du roi... Je dis encore une fois à V. M. que si elle voulait prendre la peine d'examiner toutes les circonstances de cette affaire, elle connaîtrait aisément mon innocence, et pourrait aisément se décharger la conscience du mal que je Gouffre il y a douze années. »
Après la mort du cardinal et de la reine-mère, Louis XIY, qui connaissait l'innocence de Liporte, le rappela auprès de sa personne.
Note D, page i66.
Ajoutons encore ici deux autres épigrammes sur le cardinal Mazarin.
Jules fut gueux, Jules fut riche, Jules fut noble et roturier , Jules fut prélat et guerrier, Jules fut magnifique et chiche, Jules fut frsinçais et romain , Jules fut sujet et souverain , Jules fut louable et blâmable, Jules fut chrétien et païen , Jules fut Dieu, Jules fut diable, Jules fut tout et n'est plus rien.
Ci gît que la goutte fouilla Depuis les pieds jusqu'aux épaule5i, Jules, non qui conquit les Gaules, Mais Jules qui les dépouilla.
NoteE, page 186.
VAUX. — Il y a beaucoup de lieux de ce nom dans le département de Seine-et- Marne.
Vaux, aujourd'hui Vaux-Prasiin ou simplement Prasliti. — Ce ch&tcau dépend du Maincy, village de 1100 habitants, à une lieue de Melun. — A l'époque où Fouquet en Ht l'acquisition, c'était une demeure seigneuriale a^sez triste que le nouveau propriétaire remplaça par une magnifique résidence. — Peu après la chute de Fouquet, le château de Vaux devint la propriété du maréchal de Villars, et reçut alors le nom de Vaux- Villars. — Le fils du maréchal cessa d'entretenir les cascades , bouleversa les jardins et vendit enfin cette belle propriété au duc de Praslin , ministre de la marine , dont elle prit le nom. Elle est restée dans celte maison à laquelle elle appartient encore. «^ Le rhftteau est entouré de larges fossés remplis d'eau vive. L'avant-cour est décorée de portiques, les bfitiments sont vastes et magnifiques; les peintures des appartements sont parfaitement conservées ; le parc a 600 arpents.
Note F, page 190.
Donnons encore ici quelques passages assez remarquables de celle relation. — Après avoir nommé les seigneurs et les officiers qui faisaient partie du cortège, le courtisan poète continue ainsi :
A peine étaitH)n hors de la cour en ovale.
Que le vieux Bnnquignan laissa tomber sa malle ;
Mais le brave Beaufort, qui vit par Taccident
La toilette royale en péril évident,
L'ôtant du faible dos de la méchante rosse ,
Le plaça de grand cœur dans le fond d*un carosse...
On voyait cependant les côtés de la plaine
Richement tapissés de haute hce humaine ,
Et le peuple à genoux , en assez bon arroi ,
Jusqu*à s*égosiller, criant : Vive le roi!
Mais tous les magistrats , par le vouloir du maître ,
Rengainaient la harangue , et faisaient bien peut-être , etc.
Note G, page 206.
C'est de celte princesse de Conti, s*il faut en croire une tradition du temps, que, sur la simple vue de son portrait , Muley Ismaêl , roi de Maroc, devint amoureux ; cel amour, quelque peu romanesque, donna lieu à ces vers de J.-B. Rousseau :
Votre beauté, grande princesse.
Porte les traits dont elle blesse
Jusques aux plus sauvages lieux ;
L'Afrique avec vous capitule,
Et les conquêtes de vos yeux
Vont plus loin que celles d'Hercule.
Note H, page 210.
Beaulru fit mourir ce galant à force de lui dégoutter de la cii'e d'Espagne sur la piirtie peccante. Suivant Ménage, le valet n'en mourut pas, et Beaulru le fit condamner à être pendu. Mais, sur Tappel du condamné , la peine fut commuée en celle des galères, attendu qu'il fut reconnu que le plaignant s'était déjà fait jusiice lui-même.
Note I, page 220.
« La reine-mère veuve de Louis XIII, non contente d'aimer le cardinal Mazarin, avait fini par l'épouser; il n'était pas prêtre et n'avait pas les ordres qui pussent l'empêcher de contracter mariage. Il se lassa terriblement de la bonne reine et la traita durement; ce qui est la suite ordinaire de pareils mariages, mais c'était l'usage du temps de contracter des mariages clandestins. »
(Mémoires de la princesse Palatine, édition de Paulin^ page^lSO.)
Note K, page 223.
L'antiquité du nom des Morlemar est enregistrée dans le nom lui-même, puisque les généalogistes prétendent qu'un seigneur qui accompagnait Godefroy de Bouillon dans sa croisade, obtint pour sa part de conquête cette portion de la Syrie sur laquelle s'étend la mer Morte. De là le nom de Mortimer en Angleterre et de Moriemar en France. — La princesse Palaline, dans ses curieux mémoires, assigne à ce nom une autre élymologie.
fS04 APPENDICE.
Note L , page 230 , « Madame ne pardonnait guèra. Elle voulait chasser le chevalier de Lorraine ; elle le fit en effet, mais il s'en est bien vengé : c'est dltalie qu'il a envoyé le poison par un gentilhomme provençal nommé Morel. Cet homme, on me Ta donné par la suite pour premier maître d'iiôtel , et quand ils m*eut bien volé , ils lui ont fait vendre cher sa charge. Cet homme avait de Tesprit comme un diable ; mais c'était ce qu^on appelle un homme sans foi ni loi. Il m'a avoué lui-même qu'il ne croyait à rien; au moment de sa mort il n'a pas voulu entendre parler de Dieu. Il disait en parlant de luimême : Laissez ce cadavre, il nest plus bon à rien. C'était un homme qui mentait, volait, jurait, il était athée et sodomite, en tenait école, vendant des garçons comme des chevaux et allait au paiterre de l'Opéra pour faire ses marchés »
(Mémoires de la princesse Palatine.)
Note M , page 300.
Ce hunetix noël n'a pas moins de douze couplets; nous donnerons ici seulement les trois premiers.
0 messager fidèle Qui reviens de la cour.
Apprends-nous pour nouvelle Ce qu'on fait chaque jour.
— Plusieurs à l'ordinaire
Y passent mal leur temps ; Les gens du ministère
Y sont les seuls contents.
Que fait le grand Âlcandrc Tandis qu'il est en paix ?
N'a-t-il plus le cœur tendre?
N*ain)era-t-il jamais?
— On ne sait plus qu'en dire , Et l'on n'ose en parler;
Si son grand cœur soupire, 11 sait dissimuler.
Est-il vrui qu'il s'occupe , Au moins le tiers du jour.
Où son cœur est la dupe Ainsi que son amour?
— En homme d'habitude 11 va chez Main tenon :
Elle est humble, elle est prude , Il trouve cela bon, etc.
NoteN, page 501.
Les jeunes gens de votre cour
De leur corps font folie , Et se régalent tour à tour
Des plaisirs d'Italie.
Autrefois |)arcille action
Eut mérité la braise ; Mais ils ont un trop bon patron
Dans le père La Chaise.
APPENDICE. ÎSOS
Note 0, page 285.
Le procès de la Môle* —Voir dans là Reine Margot, roman de M. Alexandre Dumas des détails très curieux sur ce personnage qui passait pour Tamant de la reine de Navarre, première femme d'Henri IV.
Note P, page 318.
Voici encore deux couplets d'une chanson épigrammatique sur le inèine sujet.
Colbert avait un grand-père Qui n'était pas si puissant Ni si riche que sou père.
Mais qui vivait plus content.
Il portait sous son aisselle Une ravissante vielle Qui du son de ses accords Lui tirait la faim du corps.
Il était dans la campagne De l'ordre de Saint-François ; Sa vielle était sa compagne Et son écuelle de bois ; Et du fredon de sa vielle Il remplissait son écuelle Et remettait en bon point.
Le moule de son pourpoint.
NoteQ, page 331.
Sonnet de C Avorton.
Toi qui meurs avant que de naître , Assemblage confus de l'être et du néani , Triste avorton, informe enfant, Rebut du néant et de l'être ;
Toi que l'amour fit par un crime Et que l'honneur défait par un crime à son tour, Funeste ouvrage de l'amour.
De l'honneur funeste victiihe.
Laisse-moi calmer mon ennui; Et du fond du néant où tu rentre aujourd'hui N'entretiens point l'horrreur dont ma faute est punie.
Deux tyrans opposés ont décidé ton sort. L'Amour, malgré l'Honneur, te fit donner la vie, L'Honneur, malgré l'Amour» te lait donner la mort, (i)
Note R, page 339.
On trouvera dans le courant de l'ouvrage des couplets de cette princesse qui justifieront le caractère satirique et épigrammatique qu'on attribue ici à ses poésies.
(1 ) Ou sait que c*e»t M'>« de Guercby qui a donné lieu à ce sonnet.
Note S , page 342.
C'était une habitude royale; c'est ce qui faisait dire au fou de Louis XIII : Il y a deux choses auxquelles je ne pourrais pas m'habituer, c'est de manger seul et de ch... en compagnie.
Note U, page 367.
Bevbziers. Le cap de Beveziei^ ou Beachy-Head, sur la côte d'Ânglelen*e, à la vue de Tilede Wight. Celte bataille s'est donnée le 10 juillet 1689.
Note V, page 368.
Voici cette chanson :
Retourne en cour.
Et quitte la cuirasse ;
Retourne en cour.
Laisse là Philisbourg.
Il est plus doux De courir à la chasse
Que d'aller aux coups.
Crains les Jaloux :
On ne prend pas les places
Comme on prend les loups.
Note X, page 421.
On compte déjà plus de douze systèmes relatifs au Masque de Fer.
1° Suivant les uns , ce serait un fils d'Anne d'Autriche qu'elle aurait eu secrètement d'un certain C. D. R. ( comte de Rivière ou de Rochefort ) , par les soins du cardinal de Richelieu qui voulait, dit-on, faire pièce h Gaston en faisant naître un héritier à son frère Louis XIII.
^ Selon Sainte-Foix , ce serait le duc de Montmouth , fils naturel de Charles II, roi d'Angleterre , lequel , au lieu d'être exécuté après sa révolte contre Jacques 11 , aurait été transporté en France et enfermé avec un masque de velours noir sur le visage.
3° Lagrange-Chancel prétend que c'était le fameux duc de Beaufort, le roi des halles , que nous avons vu disparaître au siège de Candie en 1669.
4'' Ce serait le comte deVermandois, fils naturel de Louis XIV et de M"* de La Vallière, qui n'aurait point été frappé d'une mort prématurée, comme nous l'avons dit, mais qui aurait été enfermé par Louis XIV pour avoir donné un soufflet au Dauphin. Ce système paraissait sourire à Voltaire.
S"" Suivant une version peu accréditée, il est vrai, ce serait le nommé Matihioli, secrétaire du duc de Manloue, que Louis XIV aurait fait arrêter et enfermer pour le punir d'avoir détourné son souverain du projet qu'il manifestait de céder sa capitale au roi de France.
6° Suivant une autre version , encore moins accréditée que la précédente , ce serait Henri Cromwell, le second fils du protecteur, lequel disparut subitement de la scène du monde sans qu'on ait jamais pu savoir ce qu'il était devenu.
"t* Dufey de l'Yonne soupçonnait que ce pouvait bien être un fils d'Anne d'Autriche et de Buckingham.
8° Le duc de Richelieu, ou du moins Soulavie son secrétaire, croyait que c'était un frère jumeau de Louis XIV, lequel serait né à Saint-Germain, le 3 septembre 1658, à huit heures du soir, c'est-à-dire huit heures après la naissance de Louis XIV.
APPENDICE. ÎÎ07
9*^ Notre contemporain le bibliophile Jacob ( Paul Lacroix ) a émis Topinion que U Masque de Fer pourrait bien être le malheureux Fouquet qui aurait été puni d'une tentative d'évasion par l'application d'un masque perpétuel.
10* M. de Taules, consul général en Syrie, a publié un gros volume pour démontrer que ce personnage n'est autre que le patriarche Arménien Arwedicks que les Jésuites auraient fait enlever parce qu'il s'opposait à leurs vues.
1i^ On a encore prétendu que c'était un malheureux écolier que Louis XIV, à la recommandation des Jésuites, punissait ainsi d'un distique latin fait contre Tordre de ces bons pères.
12° D'autres soupçonnent que c'était un fils de Louis XIY et de sa belle-sœur, M"* Henriette d'Angleterre , duchesse d'Orléans ; mais on n'appuie cette conjecture d'aucune preuve.
i3° Suivant la tradition qui s'est perpétuée, assure-t-on, dans la famille royale, relativement à ce personnage, ce serait le premier finit des relations d'Anne d'Autriche avec Mazarin, lequel aurait vu le jour à l'époque où Louis XIII se tenait éloigné de sa femme; de là la nécessité de l'élever d'abord secrètement, puis de l'enrermer par raison d'état. Louis XIV lui-même, suivant cette version, serait le fruit des mêmes relations ; mais les précautions ayant été prises pour que Louis XIH pût s'attribuer cette paternité, la reine s'était trouvée affranchie de tout mystère à l'endroit de son second enfant.
i^"" Enfîn, en présence de tant de systèmes contradictoires, les sceptiques en sont venus à se demander si l'homme au Masque de Fer ne serait pas un personnage imaginaire.
Voir, pour de plus amples détails, une année à Florence^ par Alexandre Dumas , V homme au Masque de Fer, par le chevalier de Taules; le Masque de Fer^ roman précédé d'une dissertation intéressante par le bibliophile Jacob, etc. etc.
Nous avons reçu récemment , au sujet du Masque de Fei*, une lettre qui renferme des détails assez curieux ; la voici en partie :
Yssengeaux (Haute-Loire), le 4 mars iStë»
Ghàmpanhàt, ancien capitaine d'artillerie,
A Monsieur Alexandre Dumas.
Monsieur,
Vous serez passablement surpris de voir arriver une lettre timbrée de la Haute- Loire ; mais votre surprise pourra cesser, lorsque je vous annoncerai que l'opinion * que vous avez émise sur l'homme au Masque de Fer se trouve conGrmée par le malheureux prisonnier lui-même , par ses gravures (sur la pierre), que j'ai vues dans la prison et dont je suis bien aise de vous donner connaissance.
En i794 (cinquante-un an, c'est déjà bien vieuxj , j'étais en garnison à Cannes, en face des îles Marguerite ; j'allai plusieurs fois faire visite à quelques officiers de la
117*"* demi-brigade qui occupaient ce poste et qui étaient mes compatriotes Ils
s'empressèrent de me faire visiter la prison de l'homme au Masque de Fer, qui était ordinairement fermée , et j'y entrai plusieurs fois.
Cette prison est tout à fait sur le bord de la mer, elle est de forme carrée et a environ vingt-quatre pieds sur chaque face. Les murs ont trois pieds d'épaisseur, elle est éclairée par une fenêtre assez grande , à laquelle sont adaptées trois grillages en fer de robuste structure, l'un à l'intérieur, l'autre au milieu du mur et le troisième du côté de la mer.
î$08 APPENDICE.
Le parement du mur est à rintérieur, construit en pierre de taille de couleur jaunâtre et d*un grain un peu gros. Cette pierre me parut moins dure que le granit Trai. La hauteur de la prison est de douze pieds environ , elle est très saine , mais c*est une prison.
Voici actuellement les remarques que j'y fis , et qui sont le sujet de cette lettre.
En entrant on voit de suite reffigie de Thomme au Masque de Fer. La tète est à peu près de grandeur naturelle, elle est en profil et présente la joue drcnte , le col et la naissance de Tépaule. La couleur noire du masque est extrêmement saillante et fixe de suite Tattention. Elle est gravée sur la pierre , à la profondeur de trois lignes environ;
Sur le mur à gauche (autant qu'il m*en souvient) on lit cette inscription latine, éga lement gravée sur la pierre :
Hic dolor.
Hic luctus perpetuus.
Les lettres ont à peu près deux ponces de hauteur et sont parfaitement formées.
Enfin (et c'est ici Tobjet principal), sur un troisième mur est gravée une balance dont les bassins peuvent avoir sept à huit pouces de diamètre. Le fléau est presque perpendiculaire et non horizontal, de manière que Tun des bassins est en bas, et lautre en haut. Le premier est percé par une épée à forte poignée et soulève Tautre bassin, sur lequel on voit une couronne très bien dessinée et gravée. Cette couronne est légère et paraît s envoler.
A ma seconde visite dans cette prison , je dis à mes camarades : « Le prisonnier, « par ces gravures, nous indique son origine, et la cause de sa disgrâce... C'est un « prince auquel la force et la violence ont enlevé une couronne , et il verse des pleurs tt perpétuels. »
Cette explication parut assez naturelle à mes amis, et comme nous n*étions pas très versés en histoire et en littérature , nous en restâmes là. Depuis cette époque j'ai lu divers articles de littérature et de critique sur cet étrange prisonnier, et notamment en dernier lieu le feuilleton que vous avez fait à son égard , et je demeure convaincu comme vous que ce malheureux prince était un frère aîné de Louis XIV, etc.