Louis XIV
Je touche à la vieillesse du grand roi , à cette époque difficile qui finit au traité d'Utrecht et à la pacification de Rastadt. On éprouve une indicible mélancolie lorsqu'on fouille les derniers momens d'un homme supérieur aux prises avec de rudes épreuves! Qu'une haute tète demeure fière quand les prospérités la couronnent , quand la victoire lui sourit , c'est là chose si commune , si vulgaire, qu'elle ne demande ni puissance de caractère , ni grandeur de résolution ; la fortune vous mène et vous conduit seule dans son char de pourpre et d'or. Louis XIV aux jours de sa jeunesse et de sa force, au milieu de Versailles, dans son palais tout scintillai. t de glaces, de ciselures, de vases de porphyre, des marbres de Puget, des batailles de Lebrun où , nouvel Alexandre , il paraissait sous son casque aux plumes flottantes et sa cuirasse d'airain; Louis XIV alors ne fut qu'un roi aimant la gloire avec ivresse, le pouvoir unique, éclatant, absolu; il n'avait pas besoin de grands efforts d'àme, il se laissait aller à sa fortune; la société marchait avec lui, il ne s'agissait que de suivre son irrésistible impulsion.
A cette époque même de jeunesse et de puissance, le roi commit bien des fautes ; j'ai dit sans déguisement tout ce qu'il fit contre l'or-