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LES ETUDES. — LES ECOLES

l'ofcc et sa suprématie ; la lutte est engagée avec l'esprit pliilosopliique et parlementaire; la législation s'empreint d'idées plus générales; on marche vers une grande coiliQcalion.

Ce résuliat est le produit de l'étude ; c'est le temps de la fondation des écoles ; on venait d'en établir pour l'éducation militaire , d'Agueeseau en pré|)ara également pour le droit : de nouvelles chaires furent clablies dans ie but d'enseigner les rè[;les invariables de la justice : les études doivent désormais se diviser en quatre périodes : le droit romain , le droit coutumier, te droit naturel et lestage; après le stage on est apte à toutes les fonctions du parlement et du barreau. C'est pour favoriser 1 Iiisloire du droit public qu'un édit veut qu'on recueille les ordonnances des rois de France de la troisième race; la pensée en était venue à Louis XIV. D'Aguesseau ordonne que ce recueil remonle aux premiers temps de la monarchie; pour étudier le droit français, ne faut-il pas connaître toutes les phases qu'il a subies et par quelle longue chaîne de traditions la monarchie s'est fondée? Les ordonnances du Louvre commencent à Hugues Capet; d'Aguesseau conGe ce travail à Laurière , puis à Secousse, avocals érudits les plus distingués du barreau de Paris, qui comparent et travaillent avec persévérance ',

1 Le premier volume des Ordonnancei du /vouure parut cd I7î3.

VDBIS XV.

Ce n'est pas tout ; les lois s'éclairent piir l'histoi et il n'y n pas d'histoire sans documents priniilifs; la grande collection des Historiens de France ' , commencée par dom Bouquet , est également ordonnée; c'est rimprimerie Hoyale qui prête ses presses etseï « habiles correcteurs; on y met autant d'imporlauM I qu'aux Ordonnances du Louvre ;avant(l'oser l'Iiistoire, il faut recueillir des documents surs el exacts. Ces travaux, commandés par Fleury, encouragés pard'Aguesseau, donnent une vive impulsion ans provinces; c'est l'époque où commencent tous ces vastes Iravoui historiques sur les coutumes locales : dom Vaissèle publie VHistoire du Languedoc , dom Morice celle de Bretagne, dom Plancher celle de Bourgogne; el avec cela paraissent VHistoire Littéraire, imprimée aux frais du roi, la Collection des Diplômes et la Gallia christiana des frères Sainte-Marthe, le plus précieus recueil pour l'Iiistoire nationale. L'érudition travailleuse se concentre dans les monastères et parmi les jurisconsultes; on dédaigne ce qui est incomplet; l'esprit de collecliou se manifeste encore comme au xvi' siècle, parce qu'il faut lutter par les faits contre les théories et les systèmes. On voit bien qu'il y a deux sociétés en présence : l'une frivole, railleuse, prenant toutes les idées à leur superlicie; l'autre, sérieuse et forte, marchant droit à ta con-

*Les premiers volumes des /iiilun*en« de France f^rurentca I73R.

l'érudition (1725-1750). 370

naissance des faits par les monuments; or, qu'esl-il trrivé par la marche des âf^es? c'est que Técolô lég ère bruyante est passée, laissant à peine quel*' ques traces; les systèmes ont disparu, et qu'est-il resté debout? précisément ces collections qui fixèrent à peine l'attention des contemporains; elles révèlent et contiennetit maintenant des trésors immenses , bel héritage de l'érudition travailleuse. Vouliez-vous dei trésors inlinig de sciencs , il fallait visiter les abbayes de Saint-Victor, de Sainte-Geneviève et des deuï Stint-Germain; leurs richesses ont doublé les fonds de 1a Bibliotlièijue du Itoi ; leurs préuieux nianuseritB annoncent la grandeur des connaissances humaines. Il y avait des bibliothèques de monastères et même de particuliers qui pouvaient lutter avec les établissements du roi. Ainsi , le marquis de Paulmy amassait ces magnifiques fonds de livres et de manuscrits qui, passés depuis dans les mains de M. le comte d'Artois, forment aujourd'hui la Bibliothèque de TArsennl. Les fonds Colbert , Richelieu , Maznrin furent déUiiilivement réunis à la Bibliothèque Royale. C'était souvent des gentilshommes préoccupés de guerre et de cour qui préparaient ces grondes collections; les deux Suinle-Palaye, le marquis dePaulmyportaient l'épée, utilisant le repos de la paix par de fortes études et une magnificence de collection pour les sciences et les savants.

Les corps académiques ne se groupaient point

entre eus pour avoir l'orgueil de s'a[)peter Institay espèce de centre

c'était i

nt (ies

compgnies

vers lequel chaque branche de la science venait rayonner. En première ligne, l'Académie Française ; ilest curieux d'en feuilleter alors les noms propres ; à ti^l vers <|uol(|ues illuslrntions rares et qui entraient ffl force, tels que Montesquieu, Voltaire et plus tard d'Alembert et Uuffon, on aperçoit un groupe inouï de noms inconnus, dont la mémoire n'a pas survécu môme par une méchante tragédie. C'est la plaie de tontes les époques ; les médiocrités grandissent à Pabri de toute émotion parce qu'elles ne blessent personne ; Montesquieu l'a dit , pour être facilement d\ine académie il ne faut être ni un sot ni un esprit supérieur, cesdeui conditions sont également mauvaises; il fautavoir un certain acquit, une élégance de moLs, beaucoup de calme dans la pensée et dans le style, dire bien les choses déjà dites , les pensées depuis longtemps admises, ne déranger personne dans son lot de célébrité. L'Académie Française laisail peu de travaux , elle s'absorbait dons son éternel dictionnaire. H n'en était pas ainsi de l'Académie des Inscriptions, Lebœuf, Bonnmy, Fréret, les Sainte-Paloye, le comte de Caylus étaient des érudils d'une grande étendue de science et d'une critique remarquable; ils étendaient le domaine de l'histoire par d'incessantes publications et le précieux recueil de leurs mémoires. L'Académie des Sciences faisait marcher les découvertes vastes , acti-

LES SCIEIfCBS (1735-1730).

ves; daDSson sein se perfeclionnsient lesiostrumealB maritimes, les lunelles aslrutiomiques, tout ce qui secunHait les forces navales du pays. Le bureau des longitudes restait en rapport avec cette académie, et I-ouis XV y portail une vive sollicitude, car enfant encore, ses jeux avaient été les éludes géographiques. Le voyage de Maupertuis faisait alors le sujet de toutes les conjectures; on avait des nouvelles de la double expédition, et \e Mercure en publiait les détails . «M. de Maupertuis et ses compagnons oui clierché d'abord un lieu favorable à leurs opérations; sur les bords dugolfedelïotbnie, ils n'en ont point trouvé : il a fallu s'enfoncer dans l'intérieur des terres, remonter le fleuve de Tornéa , depuis la ville de Torno au bord du golfe, jusqu'à la montagne deKillesau delà du cercle polaire. Ils ont dû se mettre à l'abri de ces terribles moucbes qui font la terreur des Lapons, tirent le sang h cbaque coup qu'elles donnent de leurs aiguillons, et feraient bientôt périr un homme sous leur nombre. Elles infestaient tous les mets. Les oiseaux de proie, très nombreux et 1res hardis dans ces climats , enlevaient quelquefois les viandes qu'on servait aux voyageurs; comme Enée, ils étaient au milieu des barpies. Après avoir franchi les cataractes du fleuve , ils durent se faire jour, la hache à la main, au travers d'une forèl immense qui embarrassait leur passuge et nuisait à leurs opérations, gravir sur toutes les montagnes , en dépouiller le sommet des bouleaux, des

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sapias et de tous les arbres qui les dérobaieat à ) vue, dresser sur la cime des huit plus hautes dflj si{;iiaux propres à 6tre aperçus de plusieurs lieues, aQii de délermiaer les triangles aécessai res, établir une base qu'on pût mesurer sur un fleuve glacé couvert de plusieurs pieds d'une neige fine et sèclii semblable à du sablon , qui roulait sous les piedi qui dérobait aux yeux des précipices où l'on pouvait être enseveli sous elle. Les académiciens qui allèrent au Pérou éprouvcregt de plus grands obstacles encore ; ils comptaient ne passer que quatre ans bors de leur patrie, il leur en fallut dis. Les liummes parurent d^accord avec la nature pour les contrarier et les tourmenter. Après un voyage long , pénible et périlleux, M. de la Condamine avait [)ris le premier en quelque sorte possession du pays au nom des sciences et gravé en latin sur le rocber de l'almar: « On a reconnu par des observations astronomiques que ce promonluire est situé sous l'équateur. •

L'Université était un corps à part, lout n )a fois religieux et civil, et par le fait aux mains desdiflerentes corporations religieuses; les collèges euimèmes s'y raltacbalentj les jésuites, les oraUiriens dirigeaient les études; mais les jésuileâ avalent une supéi'iorilémarquée, parccqti'ils étaient titieut en rapport avec les progrès de la science et les intérêts nouveaux de la société. Les études supérieures, et spéciales même, étaient dirigées par les corporatioDs;

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