‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 2 sur 114 · LA GUERRE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

LA GUERRE GÉNÉRALE

I^a France. — Affaiblissement de Tinfluence pacifique du cardinal de Fleury. — Le parti militaire sous le comte de Belle-Isle. — Attiédissement de Talliance anglaise. — Le cabinet de Londres. — Mouvement belliqueux. — Ses griefs contre FEspagne. — Exécution du traité de VAssiento. — Fraude du commerce. — La traite des noirs. — Origine de la suprématie anglaise dans le Portugal. — Déclaration de guerre à TEspagne. -^ Médiation de Fleury. — Situation de TAllemagne. — Avènement de Frédéric II au trône de Prusse. — Ambassade du marquis de Beauveau. — Correspondance diplomatique. — Mort de Tempereur Charles YL — Situation de Marie-Thérèse. — Les prétendants àTEmpire. — La Russie. — Plan militaire de la France. — Pleins pouvoirs du comte de Belle- Isle. — La diète de Francfort. — Influence de la France.— Apogée de sa situation diplomatique.

L'esprit de TEurope s^était considérablemeot modifié depuis la paix de Vienne; une effervescence de

guerre se manifestait partout dans les gouvernements II. 1

comme dans les peuples. Le système pacifique, longtemps concert'^ entre te cardinal deFleury et le comte de Walpoole, était à sa fin : quand une génération nouvelle s'avance, il lui faut quelque chose de rajeuni et de vigoureux; des vieillards ne peuvent indéfiniment contenir la jeunesse énergique des nations; la nature des choses qui éclate violemment entraine les événements et les caractères. Le cardinal de Fleury, à 89 ans, pouvait-il arrêter de sa main débile cet esprit effervescent d'une noblesse qui voulait combattre autour de son roi de 28 ans. Les intérêts du commerce étaient pour la paix , les tièdes idées de la bourgeoisie pouvaient bien maintenir les stipulalions du traité de Vienne, mais tôt ou tard le parti militaire, mécontent de la paix, devait entraîner la politique et mettre un terme à ce qu'il appelait le déshonneur de la France; à la tèle de ce parti était le comte de Belle-lsie , caractère hardi, capacité supérieure comme celle du surintendant Fouquet, son aïeul; il n'attendait plus que l'occasion pour jeter la France dans les voies d'une grande guerre euro- [léenne , profitable à sa gloire et à ses intérêts.

Jamais dans l'histoire, l'alliance de l'Angleterre et de la France n'a pu se prolonger au delà d'une période de quelques années; ces deux nations peuvent bien se placer instantanément l'une à côté de Tautnpour résoudre des questions passagères ou intimes de gouvernement, mais quels efforts inouïs pour

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