M LOUIS XV
casion de ce nouveau mariage du dauphin ; il y eut des bals brillants dans cette belle galerie des glaces de Versailles , si magnifique de marbres et de mosaïques. Imaginez des milliers de bougies resplendissantes au milieu de ces fleurs, de ces trumeaux. Le IniI |)arc coûta des sommes énormes à chaque seigneur qui fut invité, car il fallait ppraitre dans le plus riche costume en drap broché sur mille cooleurs; on inaugura les bals masqués afin d^autoriser la liberté de manières et de propos ^. Dans le livre qui fut dessiné pour rappeler la mémoire do mariage de M. le dauphin , on voit Taspect de qaelques uns de ces bals dans la galerie de Versailles; on y remarque peu de dominos , mais en revanelie beaucoup d'arlequins de Watteau , de ces jolies pierrettes de la comédie italienne, un nombre inGni de Turcs, car Zaïre et Farrivée de Fenvoyé ottoman avaient mis FOrient à la mode. Le roi parut à chacun de ces bals avec un costume chaque fois différent, et il sembla se distraire beaucoup en jetant aux femmes des mots aimables ou le récit de quelques petites aventures passablement scandaleuses.
Les fêtes de Paris, brillantes comme celles de Versailles, prirent un nouvel esprit; elles furent plus
* « Les bab de Versailles fixèrent surtout l'attention ; au bal paré on sait qu*Qn n'admet rjue tout ce qu'il y a de plus magnifique; les sei(][ncurs les plus mal h l'aise sont obligés de s'épuiser pour j briller.
i iJÀUPHIME (1747). 333
mythologiques que religieuses ; l'esprit du xviii° siècle avait fait revivre le vieil Olympe ; des chars pompeux et antiques à huit chevaux se prooienèrent dans Paris, les UU8 étaient allégoriquemeut dédiés à l'Abondance, les autres à l'Hymen et à l'Amour, comme dans les basreliefs de Rome. On essayait déjà les formes de la mythologie grecque et romaine, qui devaient plus tard dominer l'ordonnance et le dessin des fêtes publiques réglées par David : les chars se promenaient de station en station ; sur choque grande pince on avait dressé des nionumenls en bois, richement décorés avec des fontaines, des cascades, des bouquets de Heurs aux vives couleurs. Plus loin on avait ouvert des salles de bal, où de bruyants orchestres appelaient à la danse et à la joie publique ; et des hommes déguises en Bacchus avec la peau de tigre, assis sur UQ tonneau, distribuaient du vin pendant que les chars d'abondance jetaient des comestibles sur les places publiques.
Lorsque ces fêtes répandaient la joie tumultueuse à Paris, un événement sinistre vint tout à coup attrister les nobles cœurs. Depuis la fatale bataille de Culloileu, un prince, errant dans les montagnes et les précipices de rÉcDsse , avait parcouru de ses pieds
Les bourgeois de Paris, toujours avides <le participer aui plaisirs i la cour, sont trta cinpresséa de s'y rendre, mais ils ne peuvent aui ter (|uc comme spcclalcura. Les remoïcs ne sont pas les moins c