‹ Louis XV et la Societe du XVIII SiecleChapitre 94 sur 114 · LA NOUVELLE DAUPHINE · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE DAUPHINE

des stances philosophiques comme à la marquise du Cbatelet ou à madame Geoffrin.

Non seulement madame la dauphine se donnait la mission de plaire à son jeune époux , mais encore elle devait vaincre les vieilles répugnances des deux maisons de Saxe et de Stanislas Leczinsky ; comment, par exemple, la princesse de Saxe, la fille de Frédéric-Auguste, se présenterait-elle devant Marie Leczinska, la fille de Stanislas? Cela se fit pourtant sans aigreur , sans reproches , avec une convenance parfaite; les deux princesses étaient également bonnes et parfaitement élevées. L'étiquette voulait que le troisième jour de son mariage la princesse de Saxe portât le portrait du roi son père sur un bracelet et qu'elle vint ainsi chez la reine , et Marie Leczinska la première lui dit avec un esprit tout d'à propos : u Voilà donc, ma fille, le portrait du roi votre père ?» — « Oui maman , répondit la dauphine , voyez comme il est ressemblant. » Et c'était le portrait du roi Stanislas. Cette délicatesse fut très remarquée, et l'on jugea toute la bonté du caractère et Tesprit élevé de la jeune Saxonne.

Des fêtes brillantes furent célébrées partout à l'oc-

« Le mariage eut lieu d'abord à Dresde par la bénédiction du nonce. L'échange se fit dans une presqu'île du Rhin, près du fort de la Pile, le 27 janvier 1747, où le prince Lubomirsky remit la princesse au maréchal de la Fare et à la duchesse de Branca^, chargés par le roi de la recevoir. »

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