CHARLES-EDOUARD
dons une vie abimée de sensualisme il y ait quelque chose de vertueux, un bon ange qui vienne rappeler à rhomme sa noble destinée.
On a vu que par le traité d'Aix-la-Chapelle la France s'était engagée envers la maison de Hanovre à forcer Charles-Edouard de quitter la France pour ritalie; averti plusieurs fois avec une bienveillance pressante, le prince n'avait tenu aucun compte des conseils ; les ordres secrets étaient de le conduire jusqu'au pont de Beauvoisin, et le prince Edouard ne voulut pas se soumettre à ce qu'il appelait une lâcheté de la cour de France. 11 fallait donc pren-dre une mesure, s'emparer de sa personne, porter des mains sacrilèges sur le dernier rejeton des Stuarts. Sous Louis XIV on avait indignement repoussé cette clause; mais depuis il était née une école égoïste et dominante dans la diplomatie comme dans la politique; la nécessité impérative justifiait tout, l'esprit chevaleresque allait s'éteindre à la face du matérialisme. Un des officiers des gardes les plus habiles, M. de Yaudreuil, fut mandé à Versailles; le secrétaire d'état des affaires étrangères le prévint do la mission qu'il fallait accomplir avec autant d'énergie que de convenance ; le prince Edouard était toujours armé; il fallait empocher le suicide, car il me-
g;ards de la cour. Le bal masqué est plus libre ; avec des billets, chacun y est admis indistiuctemeut. »
iiaçait de bc tuer ou d'opérer une défense terrible a la nmnièrc do Ctiarles XII, et le prince en était bien fnpable, M. de Vaudreuil répondit de tout et organisa une escouade de gardes, liomnies forts et nerveux ; il iUlendit le prince à la sortie de TOpéro , sur le seuil, t'aborda chapeau bas, le jjenou en terre, lui exposa l'objet de sa mission; et bien quele prince deiiinndato s'expliquer, M. de Vaudreuil insista respectueusemeol pour qu'il se laissât visiter et lui fit enlever deux pistolets et un long poignard dont il menaçait de faire usage; comme Charles-Edouard se débattait, on fui obligé de rattacher avec des lacets de soie blancs' vl de le jeter dans une voiture disposée à cet effet, el qui le conduisit à Vincennes; daus ce vieux donjon, le prince Edouard se crut un moment prisonnier d'élat; mais on lui expliqua qu'il était libre et que les nouveaux rapports avec l'Angleterre imposaient la nécessité cruelle de le ramener à Uome auprès de son pore ; le prince parut se résigner; il parla de ses poétiques aventures d'Ecosse, s' exprimant toujours avec un grand respect [lour Louis XV et un cliaraie indicible de narration. Toutefois il ne resta que quelques
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jours h Vincennes où il reçut ile nombreuses visites, et où il se déla&snit dans de longs repas avec les ofûa\eT8 de service auprès de sa personne. M. de Puysieux prévint le minislère whig de l'arrestation et delà captivité de Charlcs-Édoufird, et, d'après les résolutions déOnitives du cabinet de Vei'sailles stipulées avec TAngleterre, il fut conduit jusqu'au pont de Beauvoisin ; la France lenaît ainsi à prouver son respect pour les clauses {générales de la pais.
Les raisons politiques pouvaient bien nécessiter de pareilles mesures, ninis elles furent un coup terrible porté à la royautéj la chute de la maison des Stuarts devait être fatale à celle de Bourbon ; Charles 1" monta sur l'écbafaud en indiquant du doigt la catastrophe de Louis XVI, et plus d'un prince de la maison de France fut lié non plusavec des cordons de soie, mais avec des chaînes plus dures et plus fatales. On marchait déjà vers le mépris de rautorilé royale, et les cabinets y prêtaient la main avec un laisser-aller, un abandon indicibles. L'indignation de la noblesse et du peuple fut générale au sujet de l'arrestation du prince Edouard; on récita de lamentables stroplies sur cette lâcheté qui délaissait ainsi un prince noble et courageux; on le chargeait de chaînes comme un
Qu'on ne nous lanie plm les chinnea du repo> i Nouiaïnioni mleui courir A des pirili nDovcaui, El vDinqueura qvm: gloire, ou vaincua Eini buisE ^"*v□i^ iHiinl à pleurer de honlenc rpîblene.
criminel : • Était-ee là ee que la maîsoo de Boarbon devait au^ StoarU? Qa' étaient devenus te souvenir de Louis XIV et la noble hospitalité olferle à Jacques II? La France devait pleurer une paix achetée par on acte de déloyauté; à quoi avaient seni les sacrifices et la victoire? Un roi devait défendre, prot^er un noble héros, ou mourir avec lui. Le fier &ti- {rlais nous domptait, le roi dormait dans le sein de la honte; indignement épris d'une femme obscure, il oubliait eu ses bras tes pleurs et le mépris de France ' , ■
Madame de Fompadour, que ces pamphlets signtlaient comme la cause principale du traité d'Aix-la- Chapelle , tout entier déterminé cependant par des causes politiques, tenait plus que jamais le roi sous ses douces étreintes; avec un art admirable de séduction, elle l'enivrait sous mille prestiges, et la cour l'entoura it comme une souveraine dirigeant avec une certaine science de commandement les affaires publiques; elle était si maîtresse à Versailles, quelle venait If soir faire son service de dame près de Marie LeczinsLa,
< A quoi Dont icrtoil'il ifsachgrncr la tlclnire? ATecDKÛns de Ijurlen nousiunoM iilusde gloire, El conlrainl do céder 1 II loi du plm Fort, Knus iitrioiis pu du moina en accmrr le «orL Mail uabir Edotiard, lorsque l'on pnut comballro. Immoler à Urunswick la sang de Hcuri quHre, El de Georges raincu, subir lei dures Lois!
O français ! û Lnuis ! proletleurs des roEs Eil-CB ponr les iraliir qu'on porlc ce vain lit