‹ Louis XV, et le renversement des alliancesChapitre 1 sur 249 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

sailles, et à la réhabilitation de celle qui aida à l'accomplissement de cette évolution. A la légende des trois femmes, impératrices et favorite, se liguant dans un sentiment commun de dépit contre le roi de Prusse, sacrifiant les intérêts d'État au plaisir de la vengeance féminine , nous A^errons peut-être succéder des récits où l'on opposera la loyauté de Marie-Thérèse et la clairvoyance de la Pompadour à la perfidie et à la scélératesse de Frédéric II.

Ce phénomène de l'appréciation s'acheminant jusqu'au paradoxe se produit déjà en Allemagne, où prennent place, à côté de la foule des adulateurs du grand roi, des écrivains dont la plume ne trouve pas d'épithètes assez dures pour qualifier la politique du créateur de la grandeur prussienne. Les ouvrages de Klopp (1) et de Lehmann (2) jettent une note discordante au sein du concert élogieux des Schaeffer, des Koser et tant d'autres, dont les uns s'efforcent de justifier pas à pas les procédés de leur héros, dont les autres s'oubhent dans leur enthousiasme jusqu'à transformer le despotique philosophe de Sans-Souci en fondateur de l'union et des libertés germaniques.

Cet excès dans l'admiration , cette exagération dans le dénigrement siéent mal à l'impartialité qui doit être la qualité maîtresse de l'historien. L'entraînement, naturel au publiciste qui traite d'événements récents ou contemporains, n'est plus admissible quand il s'agit de faits trop anciens pour exciter la passion. La faculté de puiser dans les archives des pays rivaux, de compulser les papiers les plus confidentiels échangés entre les gouverne-

(1) Der K'onig Friederich II und seine Politik.

(2) FriedricJi der Grosze und der Ursprung des siebenjààrigen Krieges.

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