AUTRICHE
Marie-Thérèse règne à Vienne. Nous la connaissons : c'est la cousine de madame de Pompadour; c'est cette vieille amie qui nous a fait plus de mal que tous nos ennemis ensemble. Son alliance, pendant la guerre de Sept ans, nous a coûté nos possessions de l'Inde et quinze cents lieues de territoire dans le Canada. De son côté, malgré notre alliance, elle a été forcée de rendre la Silésie à Frédéric Il ; elle s'en est dédommagée, il est vrai, en pre-
nant, avec le roi de Prusse et Timpératrice de Russie, sa part de Técartèlement de la Pologne. Dès i7a5, son fils Joseph II a été couronné empereur; tous deux régnent conjointement : le fils sur TËmpire, la mère sur les États héréditaires. Outre Joseph II, elle a encore un fils, Léopold II, qui régnera après son frère Maximilien, qui sera électeur de Cologne; Marie-Ghiistine, qui est gouvernante des Pays-Bas; Hane^lisabeth, qui mourra abbesse dlospruck ; Marie-'Amélie, qui deviendra duchesse de Parme; Marie-Caroline, qui aéra reine de Naples, et. payera par l'exil les massacres de i798 ; enfin, Marie-Antoinette, qui passera du trène de France à la prison de la Conciergerie.^ et de la prison de la Conciergerie à l'échafaud.
C'est dans la prévision qu'elle serait un jour reine de France qu'elle a élevé la dernière de ses filles, qui, après avoir failli épouser l'aïeul, a épousé ie petit-fils, et qui doit apporter à la cour de Versailles cet esprit autrichien qui luttera avec l'écrit national de Louis XYI jusqu'à ce qu'il l'ait vaincu.
Marie-Thérèse est née en 1717, et, par conséquent, vient d'atteindre sa cinquante*quatrième année. Si elle n'est plus dans toute la force de son âge, aUe est encore dans toute la force de sa volonté.