LE ROI CHEZ LA FAVORITE U
leur fortune aux moyens les plus illicites, les plus infâmes. — Vie privée de Louis XVy II, p. 11-12. »
LA MORT DE Mme POISSON
En France on prend le grand deuil, La Poisson est au cercuil ; Se peut-il que la mort
Moissonnière, Se peut-il que la mort Termine aussi tôt sou sort ?
La marquise dit au roi :
Je suis toute en désarroi ; Je perds chère maman
Poissonière, Qui m'aimait si tendrement.
De sa bonne instruction Vieut mon illustration.
J'ai touché votre cœur,
Mon beau sire, Est-il un plus grand bonheur ?
Ce galant royal amant.
Qu'on connaît compatissant, Lui jure de nouveau
Sa tendresse.
De l'aimer jusqu'au tombeau.
Et lui tient ce beau propos :
Tous mes sujets sont égaux :
Ainsi par conséquent, Ma bergère,
150 LOUIS XV, SES MAITKESSES, LE PARC AUX CERFa
Ma bergère, Ainsi, par conséquent, Vous touchoz au plus haut rang.
C'est le 24 décembre 1 745, que mouru t Mme Poisson , qui fut, dit Barbier, « Tune des plus belles femmes de Paris». Le marquis d'Argenson n'est pas, de beaucoup s'en faut, aussi galant : « C'était, dit-il, une célèbre putain du Palais-Royal, qui avait destiné sa fille à quelque poste considérable de ce genre. Elle lui avait fait épouser un fermier général ; mais son ambition n'en était pas satisfaite. Elle a vu le triomphe de sa fille et elle est morte, peu après, de la petite vérole. On fit, entre tant d'autres, cette épitaphe.
Ci-git, qui sortant du fumier, Pour faire une fortune entière, Vendit son honneur au fermiei Et sa fille au propriétaire.