‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 110 sur 145 · LE PRÉTENDANT CHARLES-EDOUARD · texte numérisé non relu

LE PRÉTENDANT CHARLES-EDOUARD

(7) Charles-Edouard, dit le prétendant^ fils de Jacques Sluarl. Le but de sa vie fut de reconquérir le « trône de ses pères ». A vingt ans, il tentait une descente en Ecosse, battait les troupes anglaises et se faisait proclamer, à Perth, le régent des trois royaumes. Mais vaincu à la célèbre bataille de Culloden, 1746, par les Anglais, il errait fugitif comprenant bien que sa cause était perdue. L'Angleterre dans son traité de paix, exigea qu'il fût expulsé de France où il s'était réfugié. Il épousait Louise, princesse de Stolberg qui l'abandonnait bientôt n'ayant, en lui, trouvé qu'un époux ivrogne et brutal. Il mourut délaissé à Florence où il n'était plus que le comte d'Albany.

« Au traité avec l'Angleterre (1748) la nation française^*,rouva principalement deux choses à redire. Le premier était une clause dans laquelle les fortifications de la ville de Dunkerque devaient rester

dans l'état où elles étaient ; ce qui n'annonçait plus, dans le roi, de la modération, mais de la faiblesse. La seconde, l'expulsion du Prince Edouard , après l'avoir appelé en France, l'avoir ébloui d'espérances brillantes, l'avoir au péril de sa vie,fai* servir de jouet à nos desseins, ce qui était lâcheté et perfidie. Aussi le Prétendant, qui n'était plus pour nous que le chevalier de Saint-Georges, ne pouvant se persuader qu'on poussât l'infamie jusque à l'enlever de force, avait été sourd à toutes les insinuations reçues à ce sujet, et le gouvernement fut obligé de donner des ordres au duc de Biron, colonel du régiment des gardes françaises, pour l'arrêter. Ce fut à l'Opéra que se passa ce singulier événement. Le Roi avait prévenu M. de Vaudreuil, major des gardes, qu'il fallait qu'il se chargeât de l'expédition, et il l'avertit de deux choses : l'une que ce Prince marchait toujours armé ; l'autre, qu'il avait menacé de se tuer si Ton mettait la main sur lui. Il lui dit qu'il fallait lui répondre sur sa tête de le saisir sans aucun accident fâcheux. M. de Vaudreuil ayant obtenu de S. M. carte blanche sur la manière d'exécuter le projet, en y apportant cependant toute la décence respectueuse que la personne exigeait et que permettraient les circonstances, fit toutes ses dispositions. L'opéra était commencé; l'entrée de la salle était plors dans un cul-de-sac : le Prétendant arriva, et descendu, toutes les issues se fermèrent ; il se trouva pris avant de s'en douter, M. de Vaudreuil lui annonça les ordres et les lui montra; il lui de-

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manda la permission de le fouiller. 11 protesta et donna même sa parole d'honneur qu'il n^avait- pomt d'armes. Cependant le Major l'ayant fait serrer par les grenadiers, lui trouva plusieurs pistolets. On le mit dans un carrosse et on le conduisit à Vincennes, où il y avait un souper ordonné pour lui. Il ne vit qu'un couvert, en voulut d'autres, et engagea M. de Vaudreuil et les autres officiers h manger avec lui. 11 resta ainsi trois jours; puis on le conduisit au Pont de Beauvoisin; ce qui lui fit perdre toute envie

de revenir en France.

« Tout Paris fut indigné de cette conduite : on la compara à celle de Louis XIV, et c'est proprement à cette époque honteuse que commençait à se manifester pour le Souverain et sa maîtresse, le mépris général qui ne fit que s'accroître jusqu'à la fin. Le premier, en déposant sa cuirasse, sembla renoncer à la gloire et même à l'amour de ses peuples, en laissant les rênes de son empire à la seconde, dont le règne odieux ne devait plus discontinuer jusqu'à

sa mort. .

« Ce mépris éclata pour la première fois dans des vers satyriques sur l'outrage fait au prince Edouard, où Ton disait à Louis XV, en parlant de cet illustre proscrit :

11 est roi dans les fers ; qu'êtes vous sur le trône?

et apostrophant la Nation :

Peuple, jadis si fier, aujourd'hui si servile, Des princes malheureux vous n'êtes plu» l'asUel

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