L'AMOUR ET LES NYMPHES
Auprès d'une féconde source Où coulent cent petits ruisseaux, L'amour, fatigué de sa course, Dormait sur un lit de roseaux.
Les naïades, sans défiance S'avancent d'un pas concerté,
CABDTNAL DE BERNIi
Et toutes, en grand silence, Admirent sa jeune beauté.
u Ma sœur que sa bouche est vermeille 1 » Dit l'une, d'un ton indiscret.
L'amour qui l'entend se réveille Et sefélicite en secret.
Il cache ses desseins perfides Sous un air engageant et doux :
Des nymphes, bientôt moins timides.
Le font asseoir sur leurs genoux.
Jénaris, Thaïs et Thémire Couronnent sa tôte de fleurs.
L'amour, d'un gracieux sourire.
Répond à toutei leurs faveurs.
Mais bientôt, aux flammes cruelles Qui brûlent la nuit et le jour.
Les indiscrètes immortelles Connurent le perfide Amour.
Ah I rendez-nous, dieu de Cythère, Disent-elles, notre repos ; Pourquoi le troubler, téméraire ?
Nous brûlons au mUieu des eaux.
Nourrissez plutôt sans voua plaindre.
Répond l'Amour, mes tendres feux; Je les allume quand je veux, Mais je ne saurais les éteindre 1
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(23)«... Dans le copcours des calamité? générales et particulières dont la France était affligée, où les peuples, malgré les premiers succès de la guerre, étaient opprimés de nouveaux impôts, et, au moindre revers, menacés d'autres plus considérables, où le Parlement, séparé, dispersé, se trouvait dans l'impuissance de s'y opposer, où le CSlergô mécontent gémissait sur les maux de l'église, sur les prêtres décrétés, les évoques exilés, où l'héritier présomptif du royaume languissait dans une inaction involontaire, s'indignait de voir une femme remplir les importantes fonctions, dont le Monarque indolent aurait dû se charger seul, il arriva une catastrophe effroyable, et qui, quoique imprévue, fui d'abord rapportée à quelqu'un de ces fatals événements. , « La veille des Rois, Louis XV fut assassiné dans on propre palais, au milieu de ses gardes, entourés des grands officiers de sa couronne en présence de
DAMIBN
son filB. 11 montait en carrosse pour aller souper et coucher à Trianon, lorsqu'il se sentit attein; d'un coup rapide au côté droit entre les côtes ; il était environ six heures ; il faisait nuit. Sous la voûte, peu éclairée, était une multitude ordinaire de courtisans et doisifs, toujours avides de voir le Monarque Un froid rigoureux obligeait les specUteurs de s'envelopper dans leurs redingotes : le régicide en avait une, et après avoir commis son crime, ayant remis son couteau dans sa poche s'était rejeté dans la foule et sous ce déguisement général il aurait peut-être échappé, s'il avait eu la précaution d'avoir le chapeau bas comme tout le monde. S. M. s aperçoit au sang qui coule qu'elle est blessée ; elle se retourne : à l'aspect d'un inconnu couvert et les yeux égarés, elle dit avec le plus grand sang froid : c'eit cet homme qui m'a frappé ; qu'on l'arrête et qu'on ne
lui fasse point de mal.
« Cependant l'offroi saisit bientôt le Monarque ; ceux qui l'enlourent, l'augmentent : la blessure peut être mortelle, et quoique légère, elle le devient, si l'arme est empoisonnée. On met au lit S. M. on cherche les chirurgiens ; la Reine, la famille royale lentourent ; il ne voit point sa tendre amante; il juge qu'on l'a écartée ; qu'on lui dissimule le danger où il est, que c'est son dernier jour ; il demande à a* confesser. Son confesseur, ses aumôniers n'y étaient point : on arrête un simple chapelain pour ce délicat ministère. En vain il s'excuse, il prétexte son ignorance, il dit qu'il n« sait point absoudre les Bois; oa
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renlève, on le conduit à S. M. et le force à vcir à ses pieds ce pénitent auguste. La confusion, les inquiétudes et la terreur régnèrent ainsi dans le château jusqu'au lendemain, qu'ayant levé l'appareil, les gens de l'art ne trouvèrent, au lieu de plaie, qu'une large saignée, qui n'aurait pas empêché un simple particulier de vaquer ses affaires.
« Durant cet intervalle, on avait cherché à découvrir de l'assassin toutes les notions nécessaires sur un crime si énorme: l'imagination se perdait en conjectures de toute espèce. Son premier propos, au moment où Ton s'était saisi de lui, n'avait f-ait que redoubler les alarmes et les soupçons d'une conspiration profonde el combinée contre la famille royale entière ; il s'était écrié du ton d'un homme pénétré de remords et qui a de grandes choses à révéler: quon prenne garde à Monseigneur le Dauphin ; qu'il ne gorle pas de la journée.
« La garniture des gardes du corps et des centsuisses, à travers laquelle le régicide s'était fait jour en portant ses mains sur le Roi, était furieuse. M. le Duc d'Ayen, Capitaine de service auprès de sa personne sacrée, désespéré que cet attentat eût été commis sous ses yeux, avait donné des ordres sévères pour qu'on interrogeât sur-le-champ le coupable et qu'on lui arrachât son horrible secret. Le zèle aveugle et funeste de ces militaires les porta à user des plus cruels traitements, afin de le faire parler ; ils lui tenaillaient les jambes avec des pincettes rouges, et peut-être l'auraient-ils ainsi soustrait, comme Clé-
ment, par une mort trop prompte, nu supplice et aux recherches de la justice, si le Grand Prévost de rhôtei à qui appartenait la connaissance du forfait, commis dans le palais du Souverain, ne se fût emparé du régicide. Par la procédure plus régulière, on eut bientôt lieu de se tranquilliser sur le principe et les suites qu'on redoutait de cet assassinat. On reconnut que le parricide, nommé Robert-Françoia Damien, né en Artois de la lie du peuple, et laquais de profession, ne s'y était porté par aucune récompense, instigation ou conseil : que ce n'était pas môme un fanatique religieux de la classe des Clément el des Ravaillac, mais un fanatique de patriotisme, ou plutôt un frénétique, un homme égaré, un fou furieux, qui, entraîné malgré lui vers son crime, avait voulu s'y soustraire en calmant, par les secours usités, l'effervescence de son sang ; il protesta que s'il avait été saigné, comme il le demandait, il ne l'eut pas
commis.
u A la première nouvelle de l'assassinat du Roi, parvenue dans la capitale quelques heures après, tout fut en rumeur : les Princes du sang, les Grands du royaume, les principaux Magistrats se rendirent à Versailles ; l'Archevêque ordonna des prières de quarante heures ; les spectacles 3e fermèrent. Mais quelle iifférence de cette époque à celle de la maladie de ce Prince à Metz! on détestait, sans doute, on exécrait le monstre qui avait osé porteries mains sur \Oint du Seigneur, on demandait des nouvelles duMonarque ; on voulait savoir tous les détails de
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celte incroyable catastrophe; mais c'était de la curiosité, et noa de l'intérêt ; on était -ns erné p lus qu'affligé ; le cœur prenait peu de part a levénient", les larmes ne coulaient PO-t , les égUses éUient vides. Quelle leçon pour Lou.s XV, s .1 eût pu la recevoir, si l'adulation ne lui eût déguxsé les véntbles sentiments de son peuple 1 Au reste Dam.en ne les lui dissimula pas. 11 eut l'audace de d.cter une lettre à S. M., dans laciuelle, à travers son gahmalias et sa grossièreté, un philosophe qu. réfléchi . lémêle la filiation des idées de l'auteur en demenc , el assignerait facilement, sans autre instruction de de quelle manière il était parvenu à concevoir son
abominable projet.
« Damicn avait été domestique dans diverses bonnes maisons; il avait servi chez les Jésuites, chez des jansénistes, chez des Magistrats. Le luxe de nos Ubles. l'appareil et la forme du service ex.gen beaucoup plus de valets que chez nos pères ; il a iZ néceLirement les multiplier, s'en entourer dZ no, repas : aucun où il n'y ait autant de laquais que de maîtres : notre mollesse à même sup-
îrimé depufs quelque ^«^P^ l'^-S^P™.*^^; ^^ renvoyer au dessert, dans ces moment, oula chaleur du vin provoquant l'intempérie de la langue, on se livre avec confiance, soit aux mouvements vio en.= de l'indignation d'une âme forte contre les auteu.» des mau^ de l'État, soit aux saillies piquantes de a Set. maligne de l'esprit ; car dans celte cap. al • oii le despotisme, toujours armé «entre U liberté.
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oblige àlaplus grande réservedans les lieux publu ». on aime à s'en dédommager dans liuléiieur de» maisons, souvent par les propos les plus républicaine et les plus effrénés. Damien avait été dans le cas d'enleudre tous les jours de ces propos, tantôt d'un paili et tantôt de l'autre. Coupable de vol, dassassinal d'empoisonnement, ce n'était point un de ces hommes susceptibles d'un enthousiasme religieux ou politique, qui égare quelquefois ceux qu'il enflammo, qui produit également et les vertus héroïque» et les forfaits atroces ; mais d'une humeur sombre et ar- Jetitc le levain de la fermentation des esprits avait passé'dans le sien, et son sang vivement agité lui avait exalté le cerveaujusques à la démence. Comme les plaintes qu'il entendait sans cesse, soit des gens d'église, soit des gens de robe.soitdes bons citoyens gémissant de ces querelles, portaienttoujours contre une adminislrationvicieuse; qu'il était trop ignorant pour savoir qu'un Souverain n'étant qu'un représentant de l'Étal, ne peut avoir d'intérêt distinct bien entendu, et que si dans son imbécillité, dans son extravagance, ou dans sa férocité, il se rendait coupable envers sa nation do ces délits, rares, heureusement des Caligula. des Néron, des Tibère, elle seule ayant le pouvoir de le juger, verrait toujours avec l'horreur l'individu sacrilège qui préviendrait sa condamnation. Comme il était trop grossier pour sentir que ces murmures ne regardaient jamais que les Ministres, et qu'en réprouvant un régicide, on exalterait, sans doute, un patriote aB.ez courageux
pour faire exemple aux dépens de sa propre vie sur quelqu'un de ces fameux coupables, trop impunis, il ne vit dans son délire que le roi à qui s'adresser. Tout porte donc à croire qu'il n'avait point de complice suivant ses déclarations constantes ; mais que prêtres, magistrats et autres lui inspirèrent involontairement, par leurs déclamations furieuses, son horrible projet ; quVnfln si Louis le bien-aimé, sentant toute la valeur, toutes les obligations de ce titre, les eût remplies, son règne, plus fortuné que celui de Henri IV, n^eût jamais été marqué de cette effrayante catastrophe.
« On demandera p«ut-étre pourquoi Damîen, n'ayant pour motif de son parricide que le mécontentement général, paraît cependant, soit dans sa lettre au roi, soit dans ses divers interrogatoires, tout à fait parlementaire ? C'est qu'il avait demeuré depuis quelques années chez des conseillers au Parlement, ou des gens attachés à cette compagnie ; c'est que le nom de l'Archevêque contre lequel il s'élève si souvent, à force d'être répété à ses oreilles avec mépris et indignation, avait laissé' dans son cerveau blessé les traces les plus profondes et les
plus récentes.
« Une circonstance singulière de cet attentat, et qui le distingue encore des précédents : c'est que son auteur n'avait dans le cœur aucune haine contre le Roi ; qu'il soutint dèsîe premier moment, et dans le reste delà procédure, n'avoir jamais eu intention de le tuer, mais de le blesser seulement, afin de le tou-
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cher et de le ramener à Dieu et à la nation. Et l'examen de l'arme qu'il portait, la manière dont il s'en servit, semble le justifier sur ce point. C'était un couteau à ressort, qui d'un côté présentait une lame longue et pointue en forme de poignard, et de l'autre un canif à tailleries plumes, d'environ quatre pouces de longueur. Il est certain que si Damien eût voulu frapper un coup sûr et meurtrier, il eût employé le premier fer;
« Dès le soir même de l'assassinat du roi, Mrs. des Enquêtes et Requêtes démis s'étaient assemblés chez le Président Dubois, le plus ancien de ses confrères pour offrir leurs services et témoigner leur fidélité et leur zèle. Ils s'étaient servis de r(?ntremise du premier président, mais sans succès. M. le Dauphin, envers qui le roi, dans le premier moment de sa terreur, s'était déchargé du soin des affaires, n'aimait pas assez ces Messieurs pour prendre sur lui de leur donner une réponse favorable. Il prétexta qu'il ne pouvait rien statuer sans les ordres de Sa Majesté et qu'elle n'était point en état qu'on l'entretînt de pareilles choses. Le Monarque revenu à lui, ne pensa pas plus favorablement sur leur compte. Mais en même temps convaincu que, malgré les indications de Damien, et son audace de lui prescrire de remettre son Parlement, de le soutenir, et de le lespecter sur tous les membres les plus mutins dont il lui envoyait la liste, aucun de cette auguste compagnie n'avait directement ou indirectement contribué à l'attentat contre sa personne ; il ne fit pas
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difficullé de renvoyer le jus;einent .la scélérat à ceux de la grande chambre qui n'avaienl pas donné leurs démissions. Les lettres patentes furent expédiées e»
ces termes remarquables :
.Vous êtes instruits de l-attentot commis contre
aa personne le 5 du présent m.=., eulre cinq el six heures du soir, et vous m'avez donn.^ dans ce le occasion des preuves de votre fidélité el de votre amour. Les sentiments de notre religion et les mouvemenls de notre cœur nous porluient à la clémence mai» cousi lérant que notre vie ne nous apparlienl pas p!.s" quà nos sujets, el quils réclament de noin, usti.^e une vengeance éclatante pour assurer des jours que nous ne voulons employer quà leur bonheur : Par ces présentes nous vous abandonnons rinstruclion el le jugement du procès commence par le Prévôt de l'hôtel ; validons en tant que de De^oin. les procédures faites en ladite prévôté, vous autorisant à faire exécuter vos jugements hors de votre ressort, el en interdisant la connaissance à toutes autres cours et juridictions. »
« En conséquence, Damien fut transféré la nuit du 17 au i8 janvier, de la geôle des gardes du corps à la prison du palais, où on lui avait préparé un loge rnenldansla tour de Montgommeri. On mil à son. transport un appareil extraordinaire, et l'on pnKlcs précautions inouïes. Les formes étaient de loul temps prescrites à cet égard ella grandeur du forfait, 1 importance de faire un exemple éclatant surlc régicide, de le conserver pour qu'il n'échappât pas au sup-
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pîice, et qu'on pût à loisir en buivre les moindres traces, nécessitaient ces soins, qui autrement auraient été injurieux aux Parisiens. Aucun, sans doute qui ne se fût fait un devoir de surveiller ce scélérat. On voit dans le récit détaillé de sa garde, de sa marche et de son arrivée (i), qu^on avait choisi
(1) Extrait d'une relation manuscrite, 18 janvier 1757.... « L'infâme assassin est parti de Versailles hier au soir à dix hnires trois quarts. Il y avait trois carrosses à quatre rhevoux;ce misérable était dans un, accompagné d'un (.hirurgien du Roi et dedeuxgardesdela prévôté. Dans les deux autres, étaient des gardes de la prévolé et un homme arrêté au sujet de ce malheureux. Ces carrosses se sont mis en marche, précédés d'un détachement de la Maréchaussée portant les arme» hautes, et des détachements battant les avenues du chemin qu*on devait tenir. Soixante grenadiers des gardes françaises, commandés par quatre lieutenants et huit souc-lieutenants à cheval sur des chevaux du Roi, accompagnaient ces carrosses, et six sergents armés de fusils marchaient à chaque portière. Dans cet ordre ii est arrivé à Sève, où une autre compagnie de grenadiers s'est emparée des carrosses et les soixante autre» oui fait rarrière-gardc. La marche a été dirigée par les villages d'issy et de Vaugirard. Il est entré à Pans par la barrière de Sève, la Croix-Rouge, la rue du Four, la rue de Bussi, la rue Dauphine, le pont-neuf, le quai des orfèvres et la rue Saint-Louis. A Sève et à Issy une t oiupagnie de gardes-suisses en bordait les avenues ; à Vaugirard une compagnie de grenadier» s*est réunie à l escorte. Depuis la barrière de Sève, et le long de la route jusqu'au palais, on avait en outre disposé beaucoup d escouades de gardes françaises pour assurer la marche. Oe r in à trois heures, les trois carrosses sont entrés dans !a mv du Mai du palais, accompagnés de tous les détacue.uenls ci-dessus, qui se sont joints les uns aux autres. On a descendu le criminel à la porte de la conciergerie; on la îuis dans une espèce de hamac fermé avec une grosse
l'Obscurité de la nuit, comme plus propre à empê- .her le tumulte ; qu'il y avait défense à qui que ce ,ai de se mettre aux fenêtres pour le voir passer et ordre de tirer sur quiconque y contreviendrait On ne connaissait point encore le fond du comp ot, s . en existait un, et un coup de fusil dirigé adroitement sur Damien. aurait pu le laisser dans la même obscurité que celui de Ravaillao.
. Ce dépôt une fois rendu à la conciergerie, les mesures ne furent pas moins excessives pour le conserver. Un détachement de quatre-vingt-dix hommes des gardes françaises, c'est-à-dire de la garde du Ro.
eouvsrture de la'n. et on Va monté ainsi dans la tour de Monlgommeri. où il est gardé par quatre sergents quj resîen^nr a jour dans sa chambre. Huit autres sergents oc- SUr ; d^essus. 0--;t"e%:rrd Ma1%''u foSr::re;8Xun^oips*'de gardes françaises d. sÔixLtes dix hommes, commandés par un Lieutenant, un Sous" eute^ant et deux Enseignes, que l'on relèvera toutes fes V nXquatre heures. Les officiers qui garderont ce m. ./«Me ne le verront pas et Ion ne pourra entrer danb sa pr Lo^quavec"..n billet de M. le P-™-' P'f.f r»" ^i;, pris tant de précautions pour «mener ce scélérat, que les
Trdres étaient donnés pour que P«->""« "«f^/^^'l^i 1, r„.,i^ et défense de se mettre aux fenêtres et aux portes nano^l'ot l'on pouvait le voir, avec ordre de tirer sur ceux qui y contreviendraient. On a pri. 1. t*mp. de Unu.t ^nmm« nlui DroDre à cette translation.
.Te' gens du Roi ne sont allés à V.raaille. que ce matm nourîes renrésentaUons. Le criminel a été i.lerrogé ce mafi?. par Mie Premier Président et M. Mo.é, MM. Sevrer et pàsquier Rapporteurs. MM. Portai! et Lamo.gnon, Pres.^ denu à mo^rer honoraires, doivent prendre séance à la
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méme.fulchargé de cette fonction. Douze sergents et trois officiers se relevaient sans cesse à son service. Enfin les frais que coûtait au domaine ce misérable, montaient à plus de six cents livres par jour.
« Tout Paris se flatta quand il vit le coupable aux mains du Parlement, et que, pour donner plus d'au- Ihenticilé au f-rocès, les princes et pairs eurent ordre de b suivre, qu'il allait apprendre des choses élonuanles. La curiosité fut encore excitée pendant quelques temps pi.r de^ faits étranges et romanesques qu'on débitait, et qui donnaient ample carrière à l'imagination. Elle avait si fort travaillé chez certaines gens, que la vérité ayant percé dans le plus grand jour par le jugement, ils se refusèrent à la croire et persistèrent à prétendre que les magistrats, nue les pairs, que les princes du sang avaient prévariqué dans leurs fonctions, au point de dérober au public la connaissance des autres coupables ; que plus ils auraient été illustres, plus il aurait été dans «ereux et criminel d'épargner.
« L'arrêt est du 26 mars. La séance commença à huit heures du matin et ne Unit qu'à sept heures et demie du soir. Il fut condamné au même supplice que Ravaillac ; ordonné qu'il serait préalablement appliqué à la question ordinaire et extraordinaire de deux heures, au lieu d'une demi-heure qq'eile dure
ordinairement. ,
.. Ce mou9Ue soutint son caractère jusqu au bout: Il fut interrogé pendant cinq heures et demie, et il répondit avec le même sang-froid, la même auuu.^
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»$6 LOUIS XV, SES MAÎmcsSES, Lfi PARC AU^ CERFÔ
la même insolence, et si l'on osait le dire, le même o,ourage qu'il avait montré jusque-là, mêlant à ses réponses de l'ironie, de la plaisanterie et presque de la gaieté ; il continua de déclarer qu'il était un scélérat isolé ; que son dessein criminel était conçu depuis plus de trois ans ; qu'il ne l'evait communiqué à qui que ce soit, et que s'il eût pu même soupçonner que son chapeau s'en doutât, il l'aurait jeté nu feu. A l'égard des motifs qui l'avaient porté à cet horrible attentat, il déclara qu'il avait été blessé de voir Tautorité royale compromise et avilie par les disputes survenues entre le Clergé et le Parlement, et du peu d'égard que le Roi avait eu aux remontrances qui lui avaient été adressées. Il apostropha plusieurs de ses juges qu*il reconnut pour les avoir servi : il finit par un éloge de l'éloquence de M. Pasquior, rapporteur (qui Pavait harangué souvent, et à l'instant, en présence de l'assemblée, pour l'exhorter à dire la vérité et à déclarer ses complices) et il pria tous Messieurs de dire à Sa Majesté qu'elle ne pouvait mieux faire que de le prendre pour son Chancelier.
« A la question, à l'hôtel de ville, sur l'échafaud, Damien n'en dit pas davantage. A quatre heures trois quarts de l'après-midi du 28 mars, commença l'horreur de son supplice. On lui brûla la main droite ; ensuite il fut tenaillé ; on lui jeta du plomb fondu dans ses plaies et puis on Técartela. Il resta rivant durant tout cet espace de temps de cinq quarts d'heure, avec une fermeté intrépide; il ne
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montra que la douleur inséparable de l'humanité, à laquelle le physique ne peut se refuser. Pour le dernier appareil on avait élevé une petite charpente à la hauteur des traits de chevaux, sur laquelle il était attaché; ses bras et ses jambes dépassaient. Le bourreau avait acheté six chevaux 3.6oo livres, afin que si quelqu'un des quatre premiers venait à se rebuter, il pût le remplacer sur-le-champ. Quoique o'.^ chevaux fussent très forts, après maintes et n.aiules secousses, ils ne purent réussir, même les (],^„K plus frais; il fallut employer le secours de la hache. On réunit ces membres épars au tronçon, on alluma un bûcher, on les y jeta, et, réduits en cendres, elles furent jetées au vent.
« On fit à Damien, pour son exécution, le même honneur qu'on lui avait rendu pendant sa détention. La ville et les faubourgs furent investis du régiment des gardes-françaises, à qui l'on fit prendre les armes. Au reste, le concours était si immense, qu'il fallait nécessairement beaucoup d'ordre.
« On ne peut rendre l'affluence qu'il y avait dans Paris ce jour-là. Les villages circonvoisins, les ha hitanls des provinces, les étrangers y étaient accou rus comme aux fêtes les plus brillantes. Non seule ment les croisées de la Grève, mais même les lucarnes des greniers furent louées è des prix fous , les toits regorgeaient de spectateurs. Mais ce qui frappa surtout, ce fut l'ardeur des femmes, si sensibles, si compatissantes, à rechercher ce spectacle, à s'en repaître, à le soutenir dans toute son horreur,
il ,
l-.e.' sec el sans la plus légère émotion, lorsque presque lous les hommes frémissaient cl délour-
naienl les regards.
„ Nous nous sommes étendus davantage sur e point historique pour sa singularité. Ln eflel, s. le Lrs des assassinats des Rois, ai fréquents sous Henri III et sous Henri IV, s'éla.t arrêté sous le despotisme sanglant de Richelieu, dumnl la mn,ov,.,'. agitée et la guerre civile de Lou.s XIV sur la (,n .le son gouvernement, où le fanatisme s'étaU relevé au plus haut degré, sous la régence s. féconde on crimes de toute espèce, où Philippe lui-même accusé des plus horribles forfaits, semblait provoquer contre sa personne une vengeance trop légitime ; qu, se serait attendu à voir ce crime se reproduire sous Louis le Bien-aimé ! Il semble n'avoir été réservé à son règne que pour qu'il n'y manquât aucune espèce
d'événement. ^ ,, .. ^ ^
. Nous avons surtout eu à cœur d'en bien déveop-
ner les détails, afin de le mieux approfondir el Oe Lner aux contemporains la consolation d'apprendre nue si les fastes de leur siècle doivent être à jama Lhés d'un régicide, il fut le fme d'un seu . e désespoir de tous, et que l'opprobre n en doit re.,a lir que sur celui-là. Cependant, par un usage barbare qu. la philosophie, l'humanité et la jus U réprouvent également, le père, l». f«'««'« <*^ *f de Damien, quoiqb* reconnus 'nriocent», furen b......s du royaume avec défense d y revenir, sou
peine d'être pendus. A la douleur d'apparlemr a ua
DAMIEN
tel monstre on joignit l'infamie, plus horrible que
la mort. . - . i
, A la première nouvelle du danger du roi, dans le lioublegénéraldesesprits.touteslesaflairesdudehors eidudedansétaientresléessuspenduesraaisuninstant
seulement et jusqu'à ce qu'on fût rassuré sur le sort de Sa Majesté pour le présent et pour l'avenir. Alors il se mêla quelque consolation à la douleur des Français regardant l'événement comme un avertissemeu'l sriutaire de la Providence, ils se flattèrent que Louis XV en sentirait l'importance et se réformerait. Mme de Pompadour écartée de la personne sacrée et M. le Dai'phin entré au conseil, semblaient les préludes d'un heureux changement. Mais la mattresse revint bientôt plus puissante et le jeune prince n'en eut pas davantage la confiance de son auguste père. Elle était trop intéressée à la lui Ôter et à semer les soupçons, les défiances et la jalousie dans le cœur du Roi. Aussi les choses n'en allèrent que plus mal, et les revers affaissant de plus en plus, pour ainsi parler, l'âme du monarque, il n'eut plus de ressort que par sa maîtresse et pour en faire exécuter les volontés... (Vie privée de Louis XV). »
Ces pages où le récit n'est pas toujours, en ses détails rigoureuïemenl «xact, nous les avons ©mpruntées à la curieus. Vie privée de Louis XV, par «impl. rétrospective curioiiti ; mais surtout parc, que datant de 1781, elles nous reviennent - avec 1« journal de d'Argenson - comme un écho lointain mais fidèle de ce temps. Quelle horrible chose aue
DAMIEN
5»îô LOUIS XV, SES MAiïnUSSES, LE PARC AUX CERFS
cette mort tragique en ce plein dix-huitième siècle, :e siècle des philosophes, des vigoureux penseurs, des spirituels pamphlétaires qui préparaient la Révolution ! Comme il fallait que la Royauté, malgré tout le scandale des maîtresses,presque officiellement assises sur le trône, malgré toutes les persécutions religieuses et le supplice de la Barre, comme il fallait que cette royauté fût encore solidement ancrée dans la mentahlé française pour que rinofïensive égialgnure d'une petite pointe de canif, et qui, disait tjuesnay « n'eût pas empêché tout un autre homme qu'un roi d'aller », ramenât presque d'un bloc à Louis XV, ce que Ton appelait alors « l'amour de ses sujets » et fit ressouvenir qu'il avait été le « Bienaimé l » Cela nous aide à comprendre celte chanson sur : '