‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 145 sur 145 · MORT DE ¥*• 1>« POMPADOUR · texte numérisé non relu

MORT DE ¥*• 1>« POMPADOUR

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lui pesait, et cette mort de la marquise fut, pour lui presque une délivrance. De Louis XV vieilli, désabusé on ne pouvait plus espérer une scène d'attendrissement comme pour Mme de Vintimille, alors qu'il était encore en pleine illusion de sa jeuaesse et de sa virilité, mais il est certain qu'il regretta, quelques jours au moins, « Tamie nécessaire » qui fut pendant vingt années sa vraie confidente. Le récit de Cheverny nous en est une preuve.

u Le roi, par les ordres de qui tout se faisait, savait l'heure des obsèques. Il était six heures du soir, par un temps épouvantable... Le roi prend Champiost par le bras ; arrivés à la porte du cabinet inlime, il lui fait fermer la porte d'entrée, et se met avec lui dehors, sur le balcon. Il garde un silence religieux, regarde le convoi enfiler l'avenue et, malgré le mauvais temps, l'injure de l'air auquel il paraissait insensible, il le suit de» yeux jusqu^à ce qu'il perde de vue tout l'enterrement. Il rentre alors dans l'appartement : deux grosses larmes coulaient encore le long de ses yeux et il ne dit à Ghamplost que ce seul mot : « Voilà les seuls devoirs que j'aie pu lui rendre 1 » Paroles les plus éloquentes qu'il pût prononcer dans l'instant. »

Nous avons dit que son corps avait été déposé aux Ca^)ucines de la place Vendôme dans le caveau où reposait sa fille Alexandrine. Le roi avait voulu qu'une oraison funèbre fût prononcée. Chose délicate 1 Le capucin s'en tirait adroitement... « Je reçois, dit-il, le corps de très haute et très puissante

dame marquise de Pompadour, daœ^ du palais de la Reine Elle était à l'école de toutes les vertus, caria Reine, modèle de bonté, de piété, d'indulgence, eUî., il continua faisant, à propos de la marquise, l'éloge de la reine Marie Leczinska.

Cette mort laissa « le public » assez indifférent. Mme de Pompadour fut presque respectée après sa mort. Lui étaient épargnés les scandales, les injures (lui n'avaient pas élé ménagés à Mme de Vintimille, à Mme de Ghâteauroux, lorsque passaient leurs cercueils. Tout au plus quelques épigrammes : celles^i bienveillantes, celles-là satyriques, entre autres :

Ci-gît d'Étiolé de Pompadour Qui charmait la vUle et la Cour ; Femme infidèle et maîtregse accomplie, L'Hymen et l'Amour D'ont pas tort, Le premier, de pleurer sa vie, Le second de pUurer la mort '

Ci-gît qui fut vingt ans puceOa,

Quatre ans caUn, et sept an» maquoreU*.

Pleurez- Grâce», pleurez amow»

Sur le tombeau de Pompadour ; Elle meurt et laisse la France Entre la crainte et l'cspéranoi.

Ci-glt la fille d'un laquais, Qui vint à bout par ses attralU,

MORT nE M»« DE POMPADOUR

D'6tre marquise et pas duchesse.

A cette àme noire et traîtresse, Louis remit aveuglément Les rênes du gouvernement.

On en murmura hautement.

Mais un sot qui se préoccupe Ne change pas facilement.

Ce roi crut être son amant Kl M fui jamal» que sa dap«.

Après bientôt deux siècles de dislance, soyons équitable pour cette femme qui fut parmi les meilleures des maîtresses royales, en ces derniers temps de la monarchie qui s'écroulait, alors qu'il était presque officiellement convenu — du moins le scandale ne choquait personne — que la maîtresse eût les mêmes honneurs que l'épouse légitime, et à ses côtés dans le palais môme du roi. Pour juger équitablemenl une époque et la vraiment comprendre, ne doit-on point se faire par la pensée le contemporain de cette époque, en adopter les mœurs et la

mentalité ?

Aussi, comme le *l avec raison M. Raunié dans

sa préface du t. VII ; le Chansonnier historique de

Clérembault'Maurepaê : t Sans exc^iser le scandale

*' ^on élévation, ses folles prodigalité et Tusage

singulier qu'elle fit de son influence poli-

^'"^""V aù»blier qu'elle favorisa les turpitudes

^^ "^"^elleuse '^s et s'abaissa au rôk^^ honteux

d'eutrem ^^-^^pt^^^irs du roi, lorsque les dis-

tractions m ^^^^^^^ ^^^^^ ^ dissiper

r incurable ennui de Louis XV, l'on ne saurait méconnaître qu'elle fut une amie éclairée des arts, qu'elle protégea noblement les peintres, les sculpteurs et les gens de lettres. A ce titre, elle a bien mérité de la postérité qui n'a point refusé le bénéfice d'une sympathique indulgence à cette femme charmante dont les goûts délicats, les vices et l'égoïsme représentent si bien la société française, en cette première moitié du dix-huitième siècle. »

TABLfe DES MATIERES

Page*.

Mme de Pompadour et le Parc aux Cerfi *

Appendice ' •

Première rencontre avec Mme de Pompadour • • • J"

Cérémonial exigé. - La présentation J^

M. Le Normand d'Étiolés •••••;•• \ ' * ,.,

Le roi chez La Favorite. - Le père de La Favorite . U3

La Reine et Mme de Pompadour

La comédienne et rartjste ^^^

Gaussin et Gamargo ^^^

La princesse de Robecq ^^^

Bagatelle • .--

L'aventure de Mme de la Popelinière *••

Le prétendant Charles-Edouard J^

Les poissonnades * ^^

Les bijoux indiscrets i ' ' «la

Ses châteaux, son mobilier, ses tableaux, sa richesse. «•

Bellevue et quelques autres châteaux

Le fermier générai Bouret

Les plaisirs de Choisy

Géliole •* ^

Mort de Mme de Mailly «•••••

Comtesse de Cholseul-Romanei • • • ■"

370 TABLE DEi MATIÈRES

Mme d'Estrade* . . . •

Alexandrine d'Élieles ' ^

La Morphi • **^ ^^

Le parc aux cerft ^^

Mlle de Romans. • ^^^

Mile Ti^rcelin ^^j

Une petite maison ..•••••••*•••* ^^

Le duc de Chôtillon ...••-••• ^^

Cardinal de BeruiP ...•••••• ^

Ddoiien •#•••• ^

Mort de Mme de Pompedour .,.•..♦•••

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