DE VERMANDOIS ET M"® DE PRIE
Il porte deux échasses, Un corps fait comme un cotret, Sa tête montre à regret L'œil qu'il perdit à la chasse :
Je n'en dirai pas le nom, Il faut respecter sa place.
Dans cette informe machine Réside un diminutif De cet esprit sensitif Qui sur les bêtes domine ; Je n'en dirai pas le nom, L'âme répond à la mine.
Ainsi que dessus les bêtes Les hommes ont l'ascendant, Sa catin depuis longtemps Le fait marcher à courbettes ; Je n'en dirai pas le nom, Elle le moue à sa tête.
Quand le chef de la Régence Premier ministre périt.
En escroc il se saisit De cet emploi d'importance ; Je n'en dirai pas le nom.
Mais Dieu I Quelle différence !
Pour diriger la finance Il n'a pris pour tout conseil Qu'un déserteur sans pareil En vol et en insolence ; Je n'en dirai pas le nom, Je l'attends à la potence !
Louis-Henri de Bourbon, arrière petit-fils du grand Condé, connu sous le nom de M. le Duc, naquit à Versailles en 1692, fut « premier ministre » après la mort du Régent, garda le pouvoir jusqu'en 1727, et en 1740 mourut à Chantilly. Esprit étroit, qui se laissa gouverner aveuglément par Mme de Prie, ne songeant surtout qu'à ses intérêts. U aurait voulu, dès qu'il prit le pouvoir, interdire aux protestants l'exercice de leur religion et confisquer tous leurs biens. Mais ces odieux décrets ne furent jamais mis à exécution. Il les oublia dans ses nombreuses parties de chasse. — Le déserteur dont parle la chanson est le financier Paris-Duvernav. « Soldat aux
gardes de la compagnie de Montarant, dit Maurepas, il était au nombre de ceux qui furent accusés d'avoir vol<^ « le carrosse de Bruxelles ». Montarant le fît sauver à Namur. Il y resta jusqu'à ce que l'affaire fût assoupie. » — Le duc de Bourbon est le Mirza-Haddi des Mémoirs secrets pour servir à l'histoire de Perse. « 11 était grand, maigre, d'une figure peu revenante, d'une humeur brusque et peu commode ; curieux, aimant les choses rares et précieuses, possesseur d'une très belle femme dont il ne connaissait pas tout le prix, cherchant ailleurs des plaisirs qu'il était peu en état de goûter, faisant une grande et belle dépense... »
Presque toutes les chansons du temps lui sont hostiles.
APPENDICE
m"« de vermandois et m"* de PRIt
Par ses illustres exploits 11 cause notre ruine ; Je ne dirai pas son nom, 11 est d'une mince mine.
D'un air farouche et sinistre
De tout temps il fut doué ;
D'un infâme gain luré,
Il a dépassé le cuistre, Dubois,
Habile pour la lésine 11 s'empare de nos grains ; Rehaussant le prix du pain Sur notre vie il rapine.
D'une illustre lieutenance
11 doue un maître fripon.
De sa maîtresse le c... D'Oberval,
A produit son opulence, lient. -gén. de Police.
Et quels couplets virulents — quelques-unes d'entre eux serviront d'exemple — sur la :