MARIE LECZINSKA
Le roi, dans sa pochette A un joli portrait D'une belle squelette, Qu'on fait venir exprès, Pour donner à la France De dignes rejetons De nos grands Bourbons.
On dit qu'elle est hideuse, Mais cela ne fait rien ; Car elle est vertueuse Et fille très bien ; Et puis, Monsieur son père Qui est roi sans État Nous gouvernera.
Tout le monde le nomme Le grand roi Stanislas.
Mais le peuple en frissonne Parce qu'il rime à Law, Et veut le méconnaître; Disant : Ce roi n'est pas Dans le Colombat.
174 APPENDICE
C'est en vain qu'on miirmure;^ Duvernay est content Et Vauchoux nous assure Qu'elle aura des enfants.
Déjà Fréjus nous jure Qu'il est grand aumônier Pour les baptiser.
Le roi, grâce à son altesse, Va former un beau lien Il épouse une princesse Qui n'apporte pour tout bien Que son mirliton.
Le Colombat était le Gotha d'alors. C'était le chevalier de Vauchoux qui faisait connaître au roi Stanislas les conditions du mariage avec Louis XV • A la date du 27 mai 1726, Mathieu Marais écrit : « Enfin, ce matin, le Roi a déclaré le nom de la Reine à son petit lever et il fut annoncé à toute la cour par le duc de Gesvres, premier gentilhomme de la chambre. C'est la princesse Marie, fille du roi Leczinska. Voilà un terrible nom pour une reine de France. La cour a été triste comme si on était venu dire que le Roi était tombé en apoplexie. »
De Strasbourg à Paris, le voyage de la nouvelle reine ne fut qu'un long triomphe : en voir les détails dans P. DE NoLHAc, op. cit., pp. 47-85 ; mais 1725 fut une bien mauvaise année !
« Je n'oublierai jamais l'horreur des calamités que Ton souffrit en France lorsque la reine, Marie
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Leczinscka, yarriva. Une pluie continuelle avait ruiné la récolte, et la famine était encore accrue par la mauvaise administration de M. le Duc. Ce gouvernement, quoi qu'on en ait dit, fit plus de mal par sa négligence que par des vues intéressées. On donna des secours très-coûteux pour faire venir des blés étrangers. Gela ne fit qu'accroître les alarmes, et conséquemment la cherté. » d'Argenson.