MADAME DE BOUFFLERS
Rappelons la malicieuse « chanson » du comte de Tresson sur Mme de Boufflers, u dame d'honneur de la reine » dont Richelieu vient de parler.
Quand Boufflers parut à la Cour On crut voir la mère d'Amour, Chacun s'empressait à lui plaire Et chacun l'avait à son tour.
Mais l'Amour n'est plus dans ses bras.
Luxembourg reste seul, hélas !
Assez sot pour être fidèle Au peu d'appas qu'elle a
En vain son frère Villeroy Pour elle prit le noble emploi.
Auprès de notre jeune roi, De gagner son cœur et sa foi.
Un esprit trop mêlé d'humeur, Catin outrée ou précieuse,
Ni
kl
Le mensonge et la noirceur Enfin l'ont rendue odieuse, Et, pour comble d'horreur, Son état nous fait mal au cœur.
Quand Boufflers parut à la cour On crut voir la mère d'Amour, Chacun s'empressait à lui plaire, Et chacun l'avait à son tour.
« Sa méchanceté et sa noirceur », dit un contemporain, la rendaient aussi dangereuse dans le commerce de la vie que son humeur était fâcheuse dans la société. Son libertinage outré détruisit promptement ses charmes, sans changer ses goûts, et répandit sur l'extérieur de sa personne les traces que le chansonnier rappelle si cruellement. « Mme de Boufflers fait beaucoup parler d'elle à la cour — écrit Barbier à la date de février lyiS. — Elle vient de sacrifier sept mille francs pour un seul habit. Ce qui lui attirait cette chanson :
Pourquoi tant de magnificence ?
Pauvre Boufflers, en conscience Crois-tu coucher avec le roi ?
Malgré ta parure et ton zèle, 11 ne fera jamais de toi Qu'une méchante maquerelle !