‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 40 sur 145 · M*"* DE MAILLY, PREMIÈRE MAITRESSE OFFICIELLE · texte numérisé non relu

M*"* DE MAILLY, PREMIÈRE MAITRESSE OFFICIELLE

Et le roi qui jouait au cheval fondu, autrefois, avec Bachelier, avec Le Bel et aussi, avec le cardinal dans l'intérierur de ses appartements, quand il était seul avec eux, se laissa précipiter sur Mme de Mailly, par son valet de chambre. Ceux par qui cette intrigue avait été favorisée furent intéressés à la tenir secrète. Fleury s'assurait ainsi de celle qui était aimée du monarque ; Mme de Tencin s'en servait pour l'élévation de son frère, et alimentait en même temps sa passion pour les aventures ; Bachelier et Le Bel, simples valets de chambre, se rendirent nécessaires. Tous ces personnages cachèrent la vie du roi pendant trois ans, sans que la Cour en eût connaissance.

« En 1735, le marquis de Puysieuxquiavait été aimé

par Mme de Mailly voulut tenter de revenir à elle. Amoureux et attentif, il pouvait déceler son nouvel attachement et se plaindre. Chauvelin qui avait Tadrainistration des affaires étrangères était dans le secret. Il jouissait alors de la confiance du cardinal. Pénétrant son embarras il proposait d'envoyer à Naples « aussitôt » Puysieux, qui servait avec distinction et était officier de cavalerie. Il fut averti d'avoir à se préparer. Étonné, mais toujours amoureux, Puysieux ne voulut point accepter sans que Mme de Mailly l'autorisât ; car il l'aimait mieux que son ambassade. Il alla lui en oiïrir l'hommage et lui dit qu'il ne partirait pas sans ses ordres et qu'il l'aimerait toujours. Mme de Mailly, qui aimait déjà le roi avec passion, reçut ce sacrifice en plaisantant : Vous

APPENDICE

partez doncy monsieur de Puysieux, lui dit-elle, bon voyage ! » Puysieux désolé allait promener son chagrin à Florence, à Rome, et dans toute l'Italie.

« Malgré cette réserve dans Mme de Mailly, le peuple murmurait des amours du roi ; et ne le fêtait pas avec son enthousiasme accoutumé quand il vint h Paris après la déclaration de la faveur accordée à Mme de Mailly. On savait, d'ailleurs, à Paris, que Louis XV, outre ses amours avec cette dame, marquait à Mme la Duchesse, la jeune, beaucoup plus d'amitié qu'un roi n'en témoigne ordinairement à une princesse. Il allait la voir à Chantilly en allant à Compiègne et en revenant de Versailles, affectant de multiplier les voyages. 11 lui fit présent d'une magnifique aigrette de diamants, de la valeur de cent mille livres, au mois de décembre 1786; ce qui fit ouvrir les yeux à plusieurs courtisans. Le roi n'avait voulu, d'abord, lui donner que son portrait enrichi de diamants. Mais, la vieille duchesse, sa belle-mère, trouva que le roi était trop beau et sa bru trop jeune : elle demanda l'aigrette au lieu du portrait, afin que le don eut un air moins galant et qu'elle pût le partager avec elle. On soupçonna encore le roi, dans le môme temps, de plusieurs galanteries qui allèrent au point qu'il fut obligé de garder longtemps la chambre, en février 1788, sous prétexte de rhume, tandis que tout Paris était instruit que sa maladie était bien différente. On en badinait même assez hautement et M. le duc pressait le roi de faire appeler des médecins et des chirurgiens, que le roi refusa, parce que

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