‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 56 sur 145 · MADAME DE FLAVACOURT ET MADAME DE MAILLY · texte numérisé non relu

MADAME DE FLAVACOURT ET MADAME DE MAILLY

saient leur chemin sans trop s'informer d'une situation aussi singulière ; mais le duc de Gesvres passa, ouvrit la portière et s'écria : « Ah ! Mme de Flavacourt ! par quelle aventure vous trouvez-vous là ? Savez-vous bien que Mme votre grand'mère vient de mourir ? La facétieuse dame répondit ; Comment je me trouve ici ? Eh ! Savez-vous bien, aussi, que M. de Maurepas et sa femme nous ont expulsées, ma sœur La Tournelle et moi, comme des aventurières. Ils craignaient sans doute que nous ne fussions à leur charge, chez elle. Ma sœur La Tournelle est allée je ne sais oii. Me voilà, quanta moi, entre les mains de la Providence ! Le duc de Gesvres, encore plus émerveillé de la belle découverte, la priant d'attendre quelques moments avec patience, vole chez le roi, le conduit à la fenêtre, lui montre cette chaise solitaire qui figurait singulièrement au centre de cette cour et lui dit : Votre Majesté voit sans doute là-bas celte chaise ? Eh bien ! elle renferme depuis deux heures Mme de Flavacourt. Le roi aussi étonné que l'était le duc de Gesvres, lui réplique : Mais, qui l'a donc placée là ? Cest Vouvrage, dit le duc, de son esprit ingénieux. Elle a été renvoyée par Mme de Maurepas et elle a cru devoir se mettre à la garde de Dieu... — Allez donc vite la chercher, répliqua le roi ému, ^u'on lui donne un logement et qu'on aille aussi à la recherche de sa sœur La Tournelle.

« Mme de Flavacourt n'attendit pas longtemps la rosée du ciel ; on la vint prendre et on la présentait à Louis XV qui plaisantait et lui donnait un appar-

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APPENDICE

lement dans l'aile neuve qui avait été occupée par Mme de Mailly sa sœur. La première place de dame du palais lui fut promise ; et on logea Mme de la Tournelle dans l'appartement de Vauréal, évêque de Rennes. Mme de Flavacourt, par son caractère que je viens de montrer dans celte anecdote, intéressai* encore par la beauté de sa figure et par ses beaux yeux ; elle était la plus belle des brunes qu'on pût citer, la mieux faite des dames de la cour et la plus grande. Elle avait de lamabilité dans le caractère, de la décence dans le maintien; un air noble en môme temps et toujours compatible avec d'aimables et plaisantes gentillesses.

<v Les cinq sœurs avaient été divisées en deux partis : celui de Mme de Vintimille attaché à Mme de Mailly; et les vues de ce parti étaient de tenir loin Mlle de Montcarvel (depuis duchesse de Lauraguais), Mme de la Tournelle et Mme de Flavacourt, qui n'étaient pas encore familières à la cour, et qui désiraient y être placées avec d'autant plus de raison que, par le droit de leur naissance, il n'y avait aucune place à laquelle elles ne pussent aspirer. Elles étaient les plus belles des sœurs ; elles pouvaient plaire à Louis XV, qui passait pour aimer le sang des Mailly. Les deux sœurs placées et favorites étaient donc les rivales de leurs cadettes qui aspiraient aux mêmes honneurs. Mais Mme de Flavacourt ne connaissait pas les rivalités. Elle avait les belles et bonnes qualités de ses sœurs sans en avoir les défauts, ni les défectuosités corporelles. Placée à côté du roi, non

Madame Guérin de Tencin.

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