‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 64 sur 145 · DISGRACE DE MADAME DE MAILLY · texte numérisé non relu

DISGRACE DE MADAME DE MAILLY

Grand roi, que vous avez d'esprit, D'avoir renvoyé la Mailly...

Quelle haridelle avez-vous là.

Alléluia !

Vous serez cent fois mieux mon 16 Sur La Tournelle que vous prenez ; Le d'Agenois vous le dira.

Si la canaille ose crier,

De voir trois sœurs se relayer,

Au grand Tencin envoyez-la.

Le Saint-Père lui a fait don D'indulgences à discrétion Pour effacer ce péché-là.

Dites tous les jours à Choisy, Avant que de vous mettre au lit, A Vintimille un libéra ; Alléluia I

La Mailly est en désarroi Voilà ce que c'est d'aimer le roi ; Sa sœur cadette a son emploi.

Et la Vintimille

APPENDICE

Par goût de famille Aurait subi la même loi ; Voilà ce que c'est d'aimer le Roi .

s^ Le directeur des postes faisait remettre au roi cette lettre qu'il disait avoir fait copier au bureau du décachetage : Le roi nest plus aimé comme auparavant des Parisiens. Ondésapprouve hautement le renvoi de Mme de 3failly^ et le c/ioix d'une troisième sœur pour maîtresse. Si le roi persiste dans sa vie scandaleuse, Use fera mépriser. La troisième n'est pas plus estimée que la seconde. Le roi ayant lu le billet, le rendait au cardinal de Fleury et lui dit froidement : Eh bien. Je m'en fous !

Racontant cette disgrâce, Barbier écrit dans son Journal... à la date de novembre 1742 et avril ij^'S.

« Il y a à la cour une nouvelle bien plus intéressante. On dit que le roi s'est brouillé avec Mme la comtesse de Mailly. On n'en sait pas le sujet, et quoiqu'il y ait longtemps que cela dure, on dit que la rupture a été vive; que Mme de Mailly l'ayant pris d'un ton haut, le roi a fait démeubler le 3 de ce mois son appartement et qu'il lui a annoncé qu'il y avait une chaise de poste toute prête pour la conduire où elle voudrait. On dit aussi qu'elle est venue descendre à l'hôtel de Toulouse où elle est malade. On publiait en même temps que c'était un sermon du curé de Saint-Barthélémy, lejourdela Toussaint, à Versailles, qui avait touché le roi ; mais il y a bien une autre

madame de mailly, disgraciée

histoire sur le tapis. On dit qu'il veut prendre pour maîtresse Mme de La Tournelle, veuve du marquis de La Tournelle, sœur cadette de la comtesse de Mailly, laquelle a été nommée dame du palais de la reine. Cela donne lieu à bien des discours un peu vifs. Mme de La Tournelle est jeune et assez belle ; on dit qu'elle a fait ses conditions, savoir : qu'elle serait maîtresse déclarée, qu'elle aurait un état de maison, qu'elle n'irait point aux petits soupers du roi, qu'elle aurait tout les soirs dix couverts chez elle, qu'elle nommerait elle-même les personnes qui y souperaient, qu'elle aurait plus de5o.ooo écus de pension assurés pour la vie. On dit aussi que le roi paye les dettes de Mme la comtesse de Mailly, qui vont, dit-on, à cent mille livres, et qu'il lui fait cinquante mille livres de pension. Il ne s'agit plus que de savoir si tout cela est bien vrai. Ce qui se verra dans l'exécution. Ceci donnait lieu à plusieurs chansons indiscrètes.

Madame Allain est toute en pleurs ; Voilà ce que c'est que d'avoir des sœurs ! L'une jadis, lui fit grand peur !

Mais, chose nouvelle, L'on prend la plus belle ; Ma foi, c'est jouer de malheur !

Voilà ce que c'est d'avoir des sœurs !

« Depuis six semaines on s'apercevait que Mme de Mailly n'était plus si bien avec le roi que par le passé ; mais comme on savait qu'il y avait quelque fois des brouilleries dans ce commerce, on n'y fai-

APPENDICE

sait qu'une légère attention et Ton ne prévoyait pas que les choses dussent jamais aller si loin. Les détails de la disgrâce de Mme de Mailly sont contés différemment,

« Ceux qui croient mieux connaître la carte, soutiennent que la véritable raison du changement du roi vient de ce que Mme de La Tournelle lui plaît beaucoup mieux, qu'elle a l'esprit plus solide et plus agréable que Mme de Mailly. »

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