‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 69 sur 145 · M"* DE MAILLY ET M"* DE TOURNELLE · texte numérisé non relu

M"* DE MAILLY ET M"* DE TOURNELLE

De ce principe embabouiné L'enfant a si bien profité Qu'on ne sait quand il parlera.

Il s'est acquis par ce chemin, L'autorité d'un souverain Que sur son maître il usurpa.

En Hercule du Vatican 11 écrasa tout mécréant ; Petits et grands il subjugua.

n s'avisa de gouverner

Puis de tout pacifier,

Sur l'un et l'autre on le siffla.

D'un grand désintéressement 11 fit parade constamment ; Vertu modeste il affecta.

De biens combla sa parenté Par ordre de Sa Majesté ; Car il n'avait pas visé là.

Avec un air flatteur, riant.

De belles dents exprès montrant,

Jamais son masque ne quitta.

D'un chapeau rouge le Tencin, Chef de concile et Tabarin, Sans argent il récompensa.

Que je vous plains, pauvre nation De perdre un si grand Pantalon.

Vous devez joindre au Libéra Alléluia!

Et allons donc vieille Éminence Et allons donc, décampez donc Tout périra dans la France Si votre règne est plus long, Et allons donc, décampez donc.

« Les agréments de sa personne et de son commerce enchantaient le sexe ; il se conciliait les hommes par la simplicité de son extérieur, par une candeur apparente, car il n'était pas toujours tel qu'on le voyait. Cependant son hypocrisie n'avait rien de bas et d'odieux, il n'enrichit pas sa famille de sa succession, mais il faut avouer qu'il y avait bien pourvu. Longtemps il résistait à la vanité de l'élever. Enfin il se rendit aux importunités et pourvut tous les siens magnifiquement. C'était la façon la plus noble d'établir leur fortune.' Vie privée de Louis XV. »

Fleury, d'abord évêque de Fréjus, puis cardinal, et ensuite « premier ministre » lorsque fut exilé M. le duc de Bourbon, est le Ismael-Beg des Mémoires secrets pour servir à l'Histoire de Perse.

« II avait au moins soixante-treize ans quand Cha- Sephi (Louis XV) le nommaiii A fhémadoulet (premier ministre), et il le fut jusqu'à sa mort : de 1727 à 1743). Né dans une province méridionale de la Perse (à Lodève en i653), de parents sinon obscurs, du moins peu connus, il fut destiné à Tétat d'Iman (la prêtrise), et instruit dans les sciences convenables à cette pro-

APPENDICE

fession, qu il embrassa de bonne heure. Son jeune cœur dévoré d'ambition ne lui permit pas de voir sans une espèce de désespoir qu'il fût condamné à passer ses jours dans le fond d'une province ; et ses désirs se portèrent chaque jour, avec violence, vers la Cour. Il intrigua et vint à bout de s'y présenter muni d'assezbonnes recommandations, qu*une grande jeunesse et une jolie figure rendirent efficaces. Ce jeune Iman débutait avec une noble hardiesse sur ce nouveau théâtre où il ne parut pas longtemps étranger. Bientôt il obtint une place de Moullah (une abbaye) et, quelques années après il fut nommé par Cha-Abbas (Louis XIV) Schéick-el-Selom dans une province (évêque de Fréjus); poste qu'il ne quitta que pour revenir derechef à la cour, par ordre du mèmeCha-Abbas pour être précepteur de Cha-Sephi, sur l'esprit duquel il sut prendre un empire absolu qu'il conserva toujours. Dans sa plus haute élévation il ne vit jamais avec étonnement la distance immense qu'il y avait de son état présent à son origine. Il s'était accoutumé de bonne heure à se croire né pour les places les plus éminentes ; idée dans laquelle il avait été confirmé par les astrologues, aux prédictions desquels il donnait beaucoup de créance ; faiblesse commune à la nation Persane.

u Malgré son âge avancé, lorsqu'il prit le timon des affaires, Ismael-Beg était encore un homme d'une belle figure. Il avait le teint frais, le regard perçant, les yeux vifs, le front élevé, le nez bien fait, la bouche vermeille, la taille au-dessus de la médiocre, droite

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