‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 70 sur 145 · M""» DE MAILLY ET M™« DE LA TOURNELLE · texte numérisé non relu

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aisée, la jambe belle, la démarche ferme et le port noble ; un esprit délié, une ambition démesurée, possédant mieux que le plus fin courtisan le manège de la cour, sachant se pher aux circonstances, habile à en tirer parti; un extérieur modeste, un air de candeur tout propre à faire des dupes, parlant bien, ayant des vues, même dans les conversations indifrentes, flatteur près des grands, poU avec tout le monde ; extrêmement galant avec toutes les femmes pour qui il était soupçonné d'avoir eu des talents peu communs et de s'être, par là, procuré son élévation, voluptueux par goût, sobre et réglé par raison ; ennemi redoutable, ami méprisable, fourbe non seulement par état, mais par réflexion, payant de la plus noire ingratitude les services qu'il avait reçus, ayant des connaissances assez étendues, mais l'âme trop peu élevée pour pouvoir bien gouverner un grand royaume. Toujours indécis et, par conséquent, lent à expédier les affaires ; ne sachant faire à propos ni la guerre ni la paix, n'entendant rien à la première ; avare des trésors de son maître au delà de toute expression et cependant assez faible pour acheter à force d'argent l'amitié des peuples voisins ; laissant échapper l'essentiel pour ne s'attacher qu'à la bagatelle ; voulant en général le bien mais ne sachant pas le procurer ; jaloux de l'autorité, la portant trop loin ; zélé partisan de la secte d'Hali (Les jésuites? ou les molinistes ?) tyran déclaré des sectateurs d'Omar (les jansénistes); incapable de revenir de ses préjugés; condamnant sans examen caressant les délateurs,

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APPENDICE

n'ayant que peu ou point d'égards à la recommandation des princes, faisant acheter des grâces è force de sollicitation ; timide au point de n'oser les refuser à qui les savait demander avec fermeté ; trop peu éclairé pour distinguer et récompenser le mente ; s'imaginant connaître et savoir employer les hommes et presque toujours dupe de ceux qu'il employait ; n'ayant pas profité de sa place ni de sa faveur pour s'enrichir ; avant longtemps résisté à la van.lé d élever sa famille, mais blftmable en ce qu'aussitôt après y avoir cédé il portail à un rang trop haut quelquesuns de ses proches parents.

« Tel est celui dont Cha-Sephi faisait choix pour être à la tête des affaires. Le royaume prit bientôt une face nouvelle; l'épuisement où l'avait réduit le coup fatal que lui portait Ali-Homajou (le Régent), la méfiance qui n'avait fait qu'augmenter sous le gouvernement de Mirza Hoddi (le duc de Bourbon), la disette de grains arrivant l'année qui précéda sa disgrâce, la misère et la maladie, suite inévitable d'une famine, le taux désavantageux des monnaies, le désordre qui régnait dans toutes les parties de l'état et surtout dans les finances, tous ces maux disparurent. La confiance reprit le dessus au dedans et au dehors, le commerce se ranima, l'ordre fut rétabli partout et la Perse (la France) qui, quelques mois auparavant ressemblait à un pays dévasté fut en peu de temps plus florissante qu'elle n'avait, peutêtre, jamais été. N'y eût-il que ce seul événement pendant tout le ministère d'hmaël Beg, il lui fit un

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