MADAME DE GHATEAUROUX A LILLE
dans lequel elle ne vit d'abord que ce qu'il avait de grand et de spécieux. Semblable à Mme de Montespan dont elle avait le génie, le caractère élevé et l'audace, elle approuvait le projet d'occuper le roi du soin de ses affaires pour deux raisons : la première pour éloigner de ce prince le comte de Maurepas qui était dans ce moment le ministre de confiance, et la seconde pour se donner la réputation de concourir elle-même à la gloire du roi et de l'État. Ses principes, ses intérêts et son goût la portaient d'ailleurs à soutenir ce grand projet et, depuis la mort de Fleury, toute la France se plaignait de ce que le monarque paraissait inappliqué et surtout, de ce qu'il
laissait à ses ministres le maniement des affaires
« Le 2 mai 1744 le roi soupait au grand couvert avec la reine. Après souper il entra chez la reine et eut avec elle un quart d'heure de conversation fort indifférente, car il n'était plus intéressant qu'avec ses maîtresses dans ses petits appartements. Il sortit de chez elle sans rien dire, et donna l'ordre pour son coucher à une heure et demie ; mais il ne fit que changer d'habits, fit des adieux tendres au Dauphin, nomma les places de sa maison, et à la reine écrivit quatre lignes où il disait que les dépenses l'empêchaient de la mener avec lui sur les frontières. Il envoyait ensuite à Plaisance — maison de campagne de Paris — • Duvernay, ses deux maîtresses (Mmes de Lauraguais et Châteauroux), et malgré les instances de quelques courtisans, prenait avec lui le père Pérusseau jésuite, son confesseur, en cas de besoin ;
monta dans son carrosse..., et partit pour son armée de Flandre.... De Lille où il s'arrêta, le roi chaque jour envoyait des courriers à Plaisance, pourMMmes de Châteauroux et de Lauraguais. C'est alors que le duc d'Ayen, conseillait à la duchesse de Châteauroux d aller en Flandre, même sans Tordre du roi. Il affirmait à la favorite que le moment était arrivé de se faire un avantage de son empressement. Il annonçait au roi le voyage de Vamour aveugle et obéissant si digne de pardon lorsqu'il ôtait son bandeau, assurant à ce prince et à sa favorite qu'il prenait sur lui tous les événements possibles.
« Le 8 juin Mme de Châteauroux et Mme de Lauraguais partirent de Plaisance, mais pendant la nuit, pour éviter les huées du peuple auquel elles étaient odieuses déjà. Deux jours auparavant elles étaient allées présenter leurs respects à la reine qui eût la bonté de leur parler avec tant de cordialité que Mme de Châteauroux en fut embarrassée. Mme de Lauraguais, moins décontenancée, fit ses adieux plus cavalièrement, avec un ton plus décidé. Elles partirent dans une gondole à six places avec Mlle et Mme de Bellefonds. D'autres complaisantes les suivirent et partout des relais se trouvèrent prêts jusqu'à Lille, pour accélérer leur arrivée. La capitale murmura du voyage scandaleux des deux sœurs, suivies de trop de princesses, et la rumeur allait au point qu'on ne les appelait que les coureuses sans les nommer. Louis XV, qu'on avait élevé jusqu'aux nues quand il avait quitté ses orgies pouraller commander
ses troupes, fut blâmé d'avoir appelé ses favorites, et de donner un exemple scandaleux à ses officiers, qui avaient quitté leurs femmes et leurs maîtressespourle servir dans ses camps. Cette étrange visite excitait à l'armée des murmures plus éclatants ; on disait que les femmes n'y venaient que pour interrompre les conquêtes du roi. Les Suisses, avec leur caractère de bonhomie et de véracité, chansonnèrent ce prince et sa favorite et firent entendre leurs voix jusqu'auprès de sa tente. Les anciens officiers, plus scandalisés que les jeunes, apprirent à ceux-ci une vieille chanson qu'ils savaient depuis cinquante ans, et toute l'armée chantait à côté du roi les couplets fameux :
Ah! Madame Turoux
Je deviendrai fou,
Si je ne vous baise ! etc.
<( Le roi, les favorites, le duc de Richelieu en furent effrayés. Il fallut céder à l'orage. Le roi après la prise d'Ypres, allait visiter les principales villes de Flandres, tandis que les dames se rendirent à Dunkerque pour l'y attendre. — Mémoires du duc de Bichelieu. »
— « Mme la duchesse de Châteauroux, la duchesse de Lauraguais, la comtesse d'Egmont et plusieurs autres dames de la cour sont parties au commencement de ce mois pour se rendre à Lille. Mme la duchesse de Modène est partie, aussi, avec quelques dames, en sorte qu'il y a une cour en forme. Le public,ren général, n'a point trouvé ce voyage de son
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goût. Il voulait que le roi se contentât de la cour de ses officiers: Il est pourtant vrai de dire que les femmes ont accompagné Louis XIV à Tarmée... Quoi qu'il en soit, le public n'a pas approuvé le départ de Mme de Châteauroux ; d'autant plus que Ton a écrit de l'armée et que Ton a dit dans Paris que le roi a fait ses dévotions le jour de la Pentecôte. Journal de Barbier à la date de juin 1744. »
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(23) «... Lorsqu'on sut que le roi venait à Metz, on s'occupa de son logement et de celui de Mme de Châteauroux; et des communications nécessaires aux jouissances des deux amants, sans que le public se scandalisât. On logea la favorite dans l'abbaye de Sainl-Arnould, que l'évoque de Marseille, qui en était abbé, avait louée au premier président qui céda ce logement; mais Mme de Châteauroux s'y trouvant trop éloignée du roi, la servilité des courtisans imaginait encore de faire des galeries avec des planches, pour la communication, quoique le peuple de Metz en parût fort scandalisé. Le prieur de l'abbaye eut beau assurer que la galerie avait été faite pour que le roi pût, de son appartement, aller à l'église; le peuple qui s'irrite quand il se voit trompé, qui ne connaît pas les formes séduisantes de la cour répondait hautement : la communication a été faite non pour aller à l'église mais pour aller coucher avec
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Mme de Châteauroux. Et comme on avait eu l'imprudence de fermer les avenues de quatre rues pour favoriser la communication, ce môme peuple, en s'attroupant, baffouait loul à la fois et le prince et la favorite, et disait encore plus hautement que le roi n'avait pas besoin de venir à ÎVIetz pour donner ce mauvais exemple à des femmes de province.
« C'est dans ces circonstances que le roi tomba malade d'une fièvre maligne... Depuis le 4août{i74i) jusqu'au 12, on reconnut par des symptômes toujours plus effrayants que la maladie du roi était dangereuse, et Cassera, médecin de Metz, ajouta qu'il ne répondait pas de la vie de ce prince; mais il ajouta que si sa maladie était bien conduite, il pourrait bien guérir, surtout s'il était bien tranquille. Toutes les portes des appartements du roi furent fermées dès ce moment-là, par ordre du duc de Richelieu, de concert avec la favorite. Le malade ne fut plus servi que par ses domestiques les plus intimes, par les deux sœurs, et par le duc de Richelieu, qui était leur conseil et leur guide. Les princes du sang écartés du roi et les grands officiers de la couronne privés des fonctions de leur charge formèrent un parti qui eut à sa tête Pérusseau, jésuite, confesseur du roi. Les deux maîtresses, le duc de Richelieu, Meuse, les domestiques de l'intérieur et les aides de camp, formèrent l'autre parti.
Dans le parti des princes on résolut de faciliter les approches du confesseur, que les favoris tenaient éloigné par crainte des canons de l'Église, que les
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prêtres citent aux malades. On résolut aussi de se servir de la religion de Louis XV, et des terreurs que donnait sa maladie, pour chasser Mme de Châteauroux avec sa sœur, et perdre Richelieu, qu'ils détestaient, parce qu'il jouissait d'une grande faveur, qu'il était le confident des plaisirs du roi, et qu'il les éloignait de l'exercice de leurs charges. Secrètement animés les uns contre les autres, les deux partis s'observèrent d'abord en silence dans l'antichambre du roi ; mais les princes s'indignant bientôt de ce qu'ils ne pouvaient parvenir jusqu'à Louis XV, les chefs des deux partis en vinrent à de vives explications... Pour prévenir tout coup funeste, Mme de Châteauroux avait résolu d'écarter le confesseur, l'aumônier, les princes du sang ; elle ne les laissait entrer dans la chambre du roi que pendant la messe, et avait soin de les faire avertir par les huissiers qu'ils devaient sortir quand elle était finie. Dans sa perplexité elle tenait sans cesse des conseils avec Richelieu, et avec celui des quatre valets de chambre chargé des plaisirs du roi, sur ce qu'elle devait faire dans ces moments difficiles. Dans leur étourderie ils imaginèrent de traiter avecle confesseur du roi. Ilsle firent venir dans un petit cabinet, à côté du lit où était le malade, et la duchesse de Châteauroux lui demanda si elle serait obligée de partir, en cas que le roi désirât la confession et les autres sacrements; mais le jésuite embarrassé manifestait ses inquiétudes en balbutiant et ne lui donnait que des réponsesininlelligibles. Parlez donc, père Pérusseau,
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lui disait avec impatience Mme de Châteauroux, et déterminez-vous. Ne permettez pas que je sois renvoyée scandaleusement ; la réputation du roi sera moins compromise si je pars secrètement. Si je sors au contraire forcément^ celte manière en outrageant le roi, me déshonorera. Pérusseau qui était fin et adroit, se souciait fort peu, intérieurement d'outrager Mme de Ghâleauroux, s'il pouvait conserver une place précieuse et chère à sa Compagnie. En parlant, il ne voulait pas dire ce qu'il voulait faire, et en ne parlant pas il impatientait la favorite et le duc de Richelieu, peu endurants de leur naturel. Obligé de répondre, Pérusseau répétait sans cesse, dans son embarras : le roi ne sera peut-être pas confessé. — // le sera^ répliquait la duchesse, car le roi a de la religion. J'en ai aussi ^ je serai la première à l'exhorter à se confesser pour donner le bon exemple. Je ne voudrais pas m'exposer à prendre sur moi quil ne le fut point ; mais il s'agit d'éviter un scandale. Seraije renvoyée ?...
«... L'idée du roi en danger jetait Pérusseau dans un plus grand embarras. Il avait été secrètement résolu, dans le parti des princes, de faire renvoyer la duchesse si le roi se confessait ; mais, si le roi guérissait sans confession, Pérusseau ne voulait pas s'exposer aux ressentiments de la maîtresse ni être renvoyé lui-même après la convalescence, si le roi la reprenait. Dans cette perplexité il voulait s'évader et gagner la porte du petit cabinet ; mais le duc de Richelieu qui en occupait l'entrée, s'y opposa, et lui
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répliqua vivement, poussé à bout par ses explications entortillées : Ah ! père Pérusseau^ soyez donc galant avec les femmes, accordez à présent même, à Mme la duchesse de Ghâleauroux la faveur de la cour sans scandale : vos car, vos si, vos peut-être nous désolent. Le jésuite, patient et résolu de tout souffrir, persistait à garder un profond silence ; et Richelieu voyant cette résistance soutenue, saute sur le père Pérusseau et l'embrassant, avec ses grâces et toutes les expressions de sa galanterie ordinaire, le presse étroitement et dit au jésuite, avec le ton de la plaisanterie : Je vois bien, mon Révérend Père, que vous êtes peu sensible à la beauté des femmes ; ei, le serrant encore plus étroitement, il ajoute, Faites donc pour moi, qui ai toujours aimé les Jésuites, ce que les pères de l'Eglise les plus galants permirent aux confesseurs des rois en pareille circonstance. Pérusseau, encore plus inflexible, persistait dans son mystérieux silence ; ne voulant pas, un jour, être poursuivi parle duc et la duchesse, si le roi guérissait sans confession, ni avouer d'avance ce qu'il avait résolu de faire et ce qu'il était impossible qu'il ne fît pas en cas de guérison. Mme de Châteauroux était dans la désolation. Tous les moments lui étaient précieux ; il ne lui restait plus que l'usage de ses attraits et de ses grâces pour gagner Pérusseau. Elle prit donc de ses mains si douces le njenton du Jésuite, et lui dit les larmes aux yeux avec sensibilité : « Je vous jure, père Pérusseau, que si vous voulez éviter un éclat, je me retirerai de la chambre du roi
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pendant sa maladie. Je ne reviendrai plus à la cour que comme son amie^ et jamais comme maîtresse. Je me convertirai et vous me confesserez ! Pérusseau encore plus inflexible persista, fermement, à les laisser tous deux dans l'incertitude de ce qu'il avait à faire et ferait s'il confessait le roi. Mémoires c/a duc de Richelieu. »
Il faut compléter ces pages très sincères par d'intéressants extraits du Journal de Barbier, écrit au jour le jour.
« Le 7 de ce mois (Août 1744) le roi est tombé malade à Metz. Il eut la fièvre que d'abord Ton regarda comme fièvre, d'accident et de fatigue, et peutêtre même de chagrin. Depuis le 7 jusqu'au 11, le roi a été saigné trois fois et purgé autant.
« On l'avait caché et le public, en général, le croyait parti. Puis cette fièvre est devenue fièvre maligne, infiniment dangereuse ; il a ^té saigné plusieurs fois du pied. Du 1 1 jusq'au i4 il fut à Textrémité, et plus de cinq heures sans parole et sans connaissance. On ne savait point encore ce malheur dans Paris ; on ne croyait pas que la maladie avait eu ces suites. Je sais que le vendredi i4, à dîner chez le premier président on le croyait mieux. La nuit du i4 il arrivait un courrier, portant que le roi avait reçu tous les sacrements, et ordre à la Reine, à M. le Dauphin, à Mesdames de partir sur-le-champ pour Metz auprès du roi, qui avait demandé à les voir.
« Les ordres furent donnés toute la nuit; il n'y avait plus moyen de rien cacher. Le lendemain matin, i5,
jour de l'Assomption, celte nouvelle se répandaitdans Paris. La Reine avait passé sur les boulevards vers les huit heures ; M. le Dauphin devait partir à midi, et Mesdames à six heures du soir:le tout à cause de la difficulté des chevaux de poste. Cette nouvelle à mis Paris dans une alarme et une consternation qu'on ne peut exprimer, et cela dans tous les états: grands, petits et peuple. Le samedi i5 et le dimanche 16, la grande poste fut investie et remplie de carrosses et de peuple qui attendaient les courriers. On ordonna à Notre-Dame et partout, les prières de quarante heures. Il vint un courrier le 16, après-midi, qui disait aller droit à Meudon où était la reine de Pologne, mère de la reine, qui est venue passer ici un mois avec la reine de France. Ce courrier, d'ailleurs, ne dit rien du roi; et, en efl'et, c'était un courrier que la reine envoyait à sa fille. Je passai moi-même à sept heures chez M. de Maurepas où il n'y avait aucune nouvelle. Le silence de ce courrier et le défaut de nouvelles firent croire que le roi était mort : chacun avait les larmes aux yeux. Enfin, sur les dix heures, il arrivait un courrier qui dit que le roi avait mieux passé la nuit du 1 5 au 16 ; qu'il avait dormi et qu'il s'était réveillé avec beaucoup moins de fièvre. Cela remit un peu les esprits et fit l'entretien de tout Paris. Depuis lundi 17, tous les jours, matin et soir, la poste a été remplie et investie de monde; les commis ne savaient à qui répondre. Il est arrivé des courriers tous les soirs, qui ont dit que le roi allait mieux, et, pour satisfaire l'ardeur des habitants de Paris, on a
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pris le parti de faire des bulletins affichés en plusieurs endroits, dans la cour de la poste et même aux portes des ministres. On peut dire que le roi n'aura jamais une occasion plus marquée, plus éclatante de l'amour et de l'attachement de son peuple. Le corps de ville de Paris, n'ayant pas de nouvelles de sa santé aussi souvent qu'il le voulait, par la difficulté des chevaux de poste sur la route, a fait un établissement le i5, jour de la maladie; ils ont envoyé trente ou trentecinq hommes sur la route, de deux en deux lieues, avec des chevaux. Le premier étant arrivé à Metz ou aura à la ville le bulletin deux fois par jour, et l'on ne pourra avoir la première nouvelle de cette correspondance que le 91 de ce mois.
« La reine qui est partie le i5 est restée à Braisne, contre Soissons, M. le Dauphin à Châlons et les dames de France, aussi en chemin, le tout par ordre. Gela a un peu intrigué. Ce retard n'a été que d'un jour pour préparer les logements à Metz. Il a fallu déloger du gouvernement où était logé le roi tous ses grands officiers qui y demeuraient aussi, pour y loger la reine et ses dames; mais depuis, la reine a continué sa route, allant à Metz, ainsi que M. le Dauphin. Le 20 on a reçu ici le bulletin daté de Metz du 18, par lequel il est dit que le roi va toujours mieux, qu'il a été plus tranquille; que pour prévenir, ou mieux, diminuer le redoublement de fièvre que l'on attendait à certaine heure, on lui donnait une médecine en sorte qu'il n'est pas encore absolument hors d'affaire. Le 21 on eut un bulletin que le roi avait bien
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dormi la nuit du 19 et qu'il était beaucoup mieux. « ... On dit que c'est un médecin juif de Metz qui lui a fait appliquer les sangsues sur la tête et qui lui a fait donner une potion, laquelle lui a fait faire une évacuation abondante qui l'a tiré de la mort ; d'autres disent que c'est un chirurgien major d'un régiment... Au surplus on dit que cette maladie vient d'un coup de soleil, d'une indigestion, d'un grand souper où l'on avait beaucoup bu et d'un épuisement dans la nuit suivante. Tout le public a déclamé contre M. le duc de Richelieu, Mme la duchesse de Châteauroux et M. de la Peyronnie, le premier chirurgien. On dit que pendant les trois premiers jours de la maladie, qui n'était d'abord qu'une fièvre ordinaire, ils s'étaient tous les trois enfermés dans la chambre du roi ; que la Peyronnie avait pris sur lui seul la guérison et qu'ils ne laissaient entrer personne. Je crois que les médecins, qui ont de grands débats avec les chirurgiens — Voir Franklin dans la vie privée d'autrefois, les médecins et les chirurgiens. Paris, Pion — ont fait courir ce bruit pour discréditer M. de la Peyronnie... Les médecins de Paris, qui enragent, ont fait même contre lui, à ce sujet, une chanson qui est vive .
Or, écoutez, petits et grands, L'histoire du chef des merlans, Qui s'est joué, l'infâme traître, Des jours de son roi, de son maître, Et faillit à nous perdre tous, Pour complaire à Madame Ënroux.
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« On dit, de plus, que M. le duc de Richelieu avait relardé, autant qu'il Tavait pu, la présence du père Pérusseau ; mais que M. Fitz- James, évêque de Soissons, fils du maréchal de Berwick, premier aumônier du roi, a fait venir le confesseur, s'est emparé du roi pour l'exhorter à la mort et lui a fait recevoir les sacrements, le i3 de ce mois d'août, de la manière la plus authentique et la plus solennelle... »