‹ Louis XV [microform]: ses maitresses, le Parc aux Cerfs, d'après le Journal-Mémoires de d'Argenson, les chansons du temps et les mémoires du Duc de RichelieuChapitre 9 sur 145 · LA NAISSANCE DU DAUPHIN · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE DU DAUPHIN

Le ciel nous favorise enfin Nous venons d'avoir un Dauphin.

Buvons du vin au lieu de bière.

ENFANTS LÉGITIMES DE LOUIS XV 125

De nos cœurs chassons le chagrin, Nous chanterons soir et matin.

Bénissons Dieu de cette affaire.

Que chacun donc se mette en train Et versons des tonneaux de vin Quoique d'argent nous n'ayons guère ;

Le Dauphin nous le rendra bien

Car il en aura le moyen.

Ou ce sera Monsieur son père.

Avant que d'être au monde mis Toute chose montait de prix Même jusqu'à la lumière.

Mais à présent tout va changer ; Nous avons tout lieu d'espérer Sous un aussi beau ministère.

L'on nous va rendre notre bien.

Ainsi le prétend le Dauphin

Qui s'est fait fort de cette affaire,

Car il est déjà généreux Et chacun sera très heureux Dès qu'il saura marcher par terre.

Que de gens vont être contents !

Que de femmes feront d'enfants.

Que de filles s'en feront faire !

Et les paniers, plus que jamais (1), Seront utiles désormais.

(1) Cest-à-dire les robes à panier inventées par Mme de Monfespan pour dissimuler la grossesse. Voir la chanson danP A. Meyrac II : Louis XIV et ses maîtresses.

126 APPENDICE

Ah ! quel gain pour chaque ouvrière !

Buvons à ce charmant enfant Qui sera, quelque jour, très grand.

Buvons à Madame sa mère.

Que Dieu lui donne d'heureux jours Et que rien n'en trouble le cours, Mais vive son aimable père.

Ah 1 que j'aime le Dauphin Son nom rime assez au vin.

Nous en faut-il davantage Pour lui rendre notre hommage ?

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