V-iO PIÈCES JI STIFUM IV ES
Je n'y ai rien a jouit- dv moi-même; je n'ai fail <|u'nbëir au devoir de mi défenu-, en von» rappelant r»«» «ri«tc* détail»; et vous voyez, par la rapidité avec la quelle je le* parcours, combien il m'en coûte, de le» retracer.
Mai» enlin. voilà le* faits!
Maintenant , homme* juste* , oubliez , s'il est possible , les affreux résultats de < ette sanglante journée; n'en cherchez avec moi que 1m cause*, et dites-moi où est donc le délit que vous imputez à Louis?
Le délit ne peut être que dans ce qui a suivi la retraite de Louis a l'assemblée nationale, ou dans ce qui l'a prérédée.
Or, je dis d'abord que le délit ne peut pas être dans ce qui a suivi la retraite de Louis à l'assemblée nationale : car, depuis l'époque de la retraite. Louis n'a rien vu , rien dit . rien fait, rien ordonné, et il n'est forti de l'asile qu'il avait choisi volontairement, que pour entrer dans la maison où il est détenu depuis le moment même qu'il l'a quitté.
Comment le combat s'esl-it engagé ? Je l'ignore ; l'histoire même l'ignorera peut-être; mats Louis, au moins, n'en peut pas répondre.
Le délit est-il dans ce qui a précédé la retraite de Louis à l'assemblée nationale
Mais alors quelles sont les circonstances que tous accusez ? Vous avez parlé d'intentions hostiles de la part de Louis.
Mais où était la preuve de ces intentions? Quel* sont le* faits que vous citei ? Quels sont lea acte»?
On dit vaguement qu'il avait été formé un complot pour enlever la personne de Louis et la transporter hors de la capitale.
Mais où est ce complot? Où en est la trace? Où en est la preuve?
Vou* avez parlé de préparatifs.
Je vois bien, en effet, de la part de Louis, des préparatifs de défense; mais où sont les préparatifs d'attaque? Qu'a fait Louis pour être convaincu d'agression ? Où est son premier mouvement? Où est son premier acte ?
Vous lui reprochez d'avoir eu encore dea gardes suisses a cette époque.
PIKCES JUSTIFICATIVKS.
Citoyens , je lis dan* te procès-verbal de l'assemble* nationale du i août, qn'un membre avait proposé de décréter, qu'en donnant aux Suisses tout les témoignage* possible* de satisfaction et de reconnaissance, le roi ne pourrait plu* aroir de régiment suisse pour sa garde.
Je IU que plusieurs membres insistent pour que l'Assemblée, en déterminant les récompenses pour les Suis» es, déclare qu'ils ont bien mérité de la patrie, et décrète que ceux qui resteront à Paris ne pourront faire le service de la garde du roi, nue «tir la rrniitMtinii (1rs JHitnrilét constituée*
Aucune de ces propositions ne fnt décrétée.
Louis restait donc dan* les termes du décret du 45 septembre de l'assemblée constituante, qui avait ordonné que, jusqu'à ce que les capitulations fussent renouvelées, les Suisses conserveraient leur destination et leur mode de service.
lirais pouvait donc avoir des Snisses.
On lui reproche d'avoir pa*sé le matin les troupes en revue
Mais reprochez donc aussi au maire d'avoir visité lui-même les postes.
Louis était nne autorité constituée, et avait le droit de défendre son domicile; il devait compta de sa sûreté à la loi. Comment donc peut-on lui reprocher d'avoir pris les précautions nécessaires ponrla gsrantir *
On est allé jusqu'à lui faire On crime d'avoir placé des troupes dans son chiteao.
Mais rallait-il dom qu'il se laissât forcer par la multitude? fallait-il qu'il obéit à la violence? Et le pouvoir , qu'il tenait de la constitution, n'était-il pas dans ses mains un dépôt anqnel la loi elle-même lui défendait de souffrir qu'on portât atteinte ?
Citoyens , si dans ce moment, l'on vous duait qu'une multitude, abusée et armée marche vers vous ; que , sans respect pour votre caractère sacré de législateurs elle vent vous arracher de ce sanctuaire , que feriez-von*
On a imputé à Louis de* desseins d'agression funestes.
Citoyens , il ne faut iri qu'un mut pour le justifier.
Celui-là ekt-il un agresseur, qui forcé de lutter contre la multitude, est le premier à s'environner des autorités populaires, appelle le département , réclame la municipalité, et va jusqu'à demander même l'assemblée, dont la présence eut peutêtre prévenu les désastres qni «ont arrivés ?
PIKCES JUSTIFICATIVES.
Veut-on le malheur du peuple, quand, pour résilier à mmsavtmrntt, on ne lui oppose que se* propres défenseur» '>
Mais que parlé-je ici d'agression , et pourquoi laisser ai longtemps sur la téte di- Louis lepoida de cette accusation terrible?
Je sais qu'on a dit que Louis avait excité lui-même l'insurrection du peuple, pour remplir le* rues qu'on lui prête ou qu'on lui »uppo«e.
El qui donc ignore aujourd'hui , que longtemps avant la journée du 40 août . on préparait cette jouroce, qu'on la méditait, qu'on la nourrissait en silence , qu'on avait cru sentir la nécessité d'une insurrection contre Louis, que cette insurrection avait ses agents , ses moteurs , son cabinet , son directoire?
Qui est-ce qui ignore qu'il a été combiné des plans , formé des lignes , signé de* traités?
Qui est-ce qui ignore que tout a été conduit , arrangé , exécuté pour l'accomplissement du grand dessein qui devait amener pour la France les destinées dont elle jouit.
Ce ne sont pas là , législateurs , drs faits qu'on puisse désavouer : ils sont publics ; ils ont retenti dans la France entière ; ils se sont passés au milieu de vous ; dans cette salle même où je parle, on s'est disputé la gloire de la journée du i 0 août Je ne viens point contester cette gloire à ceux qui se la sont décernée ; je n'atiaque point les motifs de l'insurrection, je n'attaque point ses effets ; je dis seulement que. puisque l'insurrection a existé et bien antérieurement au 10 a.iùt , qu'elle est certaine , qu'elle est avouée , il est impossible que Louis soit agresseur.
Vous l'accuse* pourtant.
Vous lui reprochet le sang répandu.
Vou» voulu que ce sang crie vengeance contre lui!...
Contre lui qui , à cette époque-là même, n'était venu se conBer à l'assemblée nationale , que pour empêcher qu'il en fût versé !
Contre lui qui, de sa vie , n'a donné un ordre sanguinaire !
Contre lui qui , le 6 octobre , empêcha à Versailles ses propres gardes de se défendre :
Contre loi qui , à Varcnues , a préféré revenir oplif , plutôt que de »V* poser s occasionner la mort d'un seul homme !
PIECES JUSTIFICATIVES. 525
Contre lui qui , le '20 juin , refusa tous le» secours qui lui étaient offerts , el voulut rester seul au milieu du peuple!
Vous lui impute* le sang répandu !... Ah ! il gémit autant que vous sur la fatale • atastrophe qui l'a fait répandre ; c'est là sa plu» profonde blessure ; c'est son plus affreui désespoir ; il sait bien qu'il n'en est pas l'auteur mats qu'il en a été peutêtre la triste occasion : il ne s'en consolera jamais.
Et c'est lui que vous accuse» !
Français , qu'est donc devenu ce caractère national , ce caractère qui distinguait vos anciennes moeurs , ce caractère de grandeur et de loyauté?
Mcttricz-tou» votre puissance à combler l'infortune d'un homme qui a eu le courage de se confier ans représentants de la nation elle-même?
N'auricx-vous donc plus de respect pour le» droits sacrés de l'agile ? Ne croiriez-vous devoir aucune pitié à l'excès du malheur, et ne regardericx-vous un roi, qui cesse de l'être, comme une victime assez éclatante do sort, pour qu'il dut vous paraître impossible d'ajouter encore à la misère de sa destinée.
Français, la révolution qui vous régénère, a développé en vous de grandes vertus; mais craignez qu'elle n'ait affaibli dans vos âmes le sentiment de l'humanité , sans lequel il ne peut y en avoir que de fausses.
Entendez d'avance l'histoire qui redira à la renommée :
Louis était monté sur le trône à vingt ans, et à vingt ans il donna sur le tronc l'exemple des mœurs ; il n'y porta aucune faiblesse coupable, ni aucune passion corruptrice ; il y fut économe, juste, sévère; il s'y montra toujours l'ami constant du peuple. Le peuple desirait la destruction d'un impôt désastreux qui pesait sur lui : il le détruisit. Le peuple demandait l'abolition de la servitude : il commença par l'abolir lui-même dans ses domaines. Le peuple sollicitait des réformes dans la législation criminelle, pour l'adoucissement du sort des accusés : il fit ces réformes. Le peuple voulait que des millier» de Français que la rigueur de nos usages avait prives jusqu'alors des droits qui appartiennent aux citoyens, acquissent ces droits ou les recouvrassent : il les en fit jouir par ses lois. Lt peuple voulut la liberté , il la lui donna 1 ; il vint au-devant de lui par ses sacrifiées; et cepen-
• Celle phrase oyaul fie prononcée par le défenseur de I oui», el rayée drpuissur sou manuscrit, la Loureiilion uslioaale * ordonne qu'elle serait rétablie
Non du D*rip«!ira dsI.ocii \\| — lin de non* ayant rsyé cette pfcriue sur le manuscrit, par n^pert même pour la Contention, ci parce qu'elle atail ricileries murmure» dans le» tribune»; mais ce retranchement étant détenu la matière d on décret, non» nous croyons oblige» de déclarer que par ce mol do xr<4, nous n'asioiM eu d'autre intention <|uc celle de rappeler que I.ooi» avait prépare la liberté de la France, par la ronsoration qu'il avait ordonnée des états géuérau i , et le décret de la nation du 4 soûl ITHI>. qui asaii proclamé I nui» Hcsth astres as is uasati ra»»$sisr-, iiuus assit lui-même
524 PIFXKS JUSTIFICATIVES.
tl>nl, c'wt au nom de ce même peuple, qu'on demande aujourd'hui Gtoyem.
je n'achève pat Je m'arrrte devant l'hUtoirc • Songea qu'elle jugera votrr
jugement, et que le «en »cra celui de* siècle*.
Signé : Louis ,
DcSb/.e, L*moicko9i-Malcshbbbes. Taoacurr.
UN DUS P1ÈCKS jrSTIPICATIVKS.