‹ Louis XVIChapitre 44 sur 62 · II. i.,<i-,Gooj^lc · texte numérisé non relu

II. i.,<i-,Gooj^lc

Je sens le Dieu, le voilà qui me saisit, car elles sont toujours dominées par une force invisible *.

J'ai dit que Diderot osait créer ; il serait plus juste de dire qu'il osait détruire. En effet, son œuvre est une œuvre de destruction, maïs non pas une œuvre stérile ; après la moisson des préjugés, les bonnes semailles se sont &ites.

Les idées sont des oiseaux voyageurs qui traversent le monde, emportés par la brise odorante ou chassés par les orages. Tantôt l'oiseau voyageur est un aigle qui va frapper du bout de son aile invisible le front d'un philosophe ou d'un héros ; tantôt c'est une hirondelle qui vasecouant sur les poêles et les amants ses ailes toutes ba^néeS'de la rosée des prairies. Diderot a vu passer

* - Une jeune fgrame samolède dansait nue, avec un poignard à la main. Elle paraissait s'en frapper ; mais elle esquivait aux coups qu'elle se portait avec une prestesse si singulière, qu'elle avait persuadé à ses compatriotes que s'était un dieu qui la rendait invulnérable ; et voilà sa personne sacrée. Quelques voyageurs européens assistèrent à cette danse religieuse ; et, quoique bien convaincus que cette femme n'était qu'une saltimbanque 1res adroite, elle trompa leurs yeux par la célérité de ses mouvements. Le lendemain, ils la supplièrent de danser encore une fois. " Non, leur dit-elle, je ne danserai point ; le dieu ne le " veut pas, et je me blesserais. » On insista. Les habitants de la contrée joignirent leur vceu à celui des Européens : elle dansa. Elle fut démasquée. Elle s'en aperçut ; et à l'instant la voilà étendue à terre, le poignard dont elle était armée plongé dans ses intestins, s Je l'avais bien prévu, » disait-elle à ceux qui la secouraient, « que le dieu ne le - voulait pas, et que je me blesserais.. >

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